La COSOME organise une conférence-débat de plaidoyer sur la tolérance politique à la veille des élections de 2015 au Burundi

Rapport de la conférence-débat sur la tolérance politique à la veille des élections de 2015 au Burundi

Résumé exécutif

La tolérance politique vue du conférencier

Pour le conférencier du jour, la tolérance politique passe par la libération de la parole, surtout dans une société comme celle du Burundi où empêcher quelqu’un de s’exprimer est synonyme de le tuer. Cela est particulièrement important en politique.

Par rapport aux élections de 2015, il ne reste plus que 20 mois et le moment est venu de faire l’état des lieux du climat sociopolitique qui prévaut dans le pays.

Revenant sur le rôle de chaque acteur, le conférencier a indiqué que les acteurs étatiques comme le président de la république, les parlementaires, les gouverneurs, les administrateurs communaux doivent dépasser leurs appartenances politiques et mettre en avant l’intérêt général de la population.

De même, les corps de défense et de sécurité, la commission électorale nationale indépendante(CENI) doivent être également neutres
Les autres acteurs dont les observateurs nationaux et étrangers. Leur devoir est de se préparer à temps car les fraudes électorales commencent longtemps à l’avance.

Les questions d’actualités électorales du moment concernent la liberté d’expression, le rôle des jeunes affiliés aux partis politiques, la part des médias publics ainsi que les moyens financiers des élections, a encore estimé le conférencier.

Du côté des acteurs politiques

Lors du débat qui a suivi l’exposé du conférencier, le représentant de l’unité pour le progrès national(UPRONA, actuellement dans les institutions étatiques), Honorable Bonaventure Gasutwa, les élections de 2015 risquent de pâtir de l’instrumentalisation de jeunes affiliés aux partis politiques, surtout les jeunes « Imbonerakure » les plus décriés du Conseil national pour la défense NDD-FDD/forces de défense de la démocratie(CNDD-FDD, au pouvoir).

L’intervenant a recommandé le dialogue et la concertation ainsi que la mise en application de ce qui a été convenu si on veut prétendre construire et consolider une véritable démocratie dans le pays.

Le porte-parole du front pour la démocratie au Burundi (FRODEBU, opposition extraparlementaire), Fénias, de son côté, a déclaré que sur le terrain, il y a des signaux qui montrent que la démocratie est menacée et que les élections de 2015 risquent d’en pâtir.

Au moins 4O drapeaux du FRODEBU qui ont été déjà volés tandis que les réunions des partis politiques sont empêchées sans raison fondée.

Il y a aussi le terrorisme des jeunes affiliés au parti au pouvoir qui s’exerce au grand jour. Ces jeunes mettent des tenues militaires.

Aujourd’hui, il y a encore des institutions élues du sommet à la base mais cela n’empêche pas l’intolérance politique C’est du terrorisme au quotidien. Le grand problème, c’est l’impunité.

Onésime Nduwimana, porte-parole du CNDD-FDD, quant à lui, a voulu minimiser les incidents de terrain qui se manifestent sous divers aspects, tout en préconisant de s’en remettre à chaque fois à la loi au lieu de préconiser la loi du Talion ou le cercle infernal de la vengeance.

« Au CNDD-FDD, nous nous préparons sereinement aux élections en évitant la provocation d’où qu’elle vienne. Quant à l’intolérance politique, il a estimé que son parti en souffre également à en juger au nombre « important » de permanences du CNDD-FDD qui ont été incendiées à ce jour.

Dans ces recommandations, l’intervenant a soutenu les vertus de la tolérance politique et la neutralité de l’administration.

Le président reconnu par la loi de l’union pour la paix et la développement(UPD), Zed Ferrouzi, de son côté, a plutôt condamné les enchères des partis politiques qui rivalisent d’ardeur pour faire du tort les uns aux autres. Nous devons, en tant qu’acteurs politiques, nous abstenir de l’intolérance politique et respecter la loi.

Il faut des sanctions contre les brebis galeuses. L’Etat doit aussi faire respecter la loi. Nous devons mettre en avant la démocratie en laissant les opinions contraires s’exprimer. Celui qui est au pouvoir veut le garder. Celui qui n’est pas au pouvoir veut y accéder.

Le représentant du Mouvement pour la solidarité et la démocratie (MSD, opposition), Natahlie Ndayongeje s’est étonné du désordre politique du moment dans un pays qui ont des institutions administratives du sommet à la base.

Le pays a pourtant des forces de défense et de sécurité, une police, une armée et des lois qui ne demandent qu’à être appliquées.

Le problème de fond, pour lui, est que ces différentes institutions ont de la peine à se libérer de l’emprise du parti d’origine pour faire respecter tout le monde.

Pour lui encore, le MSD respecte les droits politiques des autres, mais ce n’est pas pour autant qu’il faut se laisser faire.

Félix Mboneko, l’actuel vice-président de l’UPRONA, a préconisé la neutralité de l’administration et des mesures de nature à garantir les libertés politiques. Les enchères politiques ne sont pas une bonne chose.

Le FRODEBU et le MSD préconisent de répondre au coup pour coup aux agissements des jeunes du CNDD-FDD au lieu de s’en remettre à la justice, a-t-il fustigé.

De manière générale, il faut aussi sensibiliser les jeunes au respect mutuel, à la tolérance, a encore recommandé le leader de l’UPRONA.

Du côté de la société civile

Pour Pacifique Nininahazwe, le président du FOCODE, la COSOME a bien fait d’organiser une telle rencontre. Quant au reste, « je m’étonne de ce que le porte-parole du CNDD-FDD veut minimiser les incidents politiques du moment. A cela s’ajoutent les bavures des jeunes affiliés au parti au pouvoir.

Les symboles des partis politiques qui sont vandalisés, ce n’est pas une mince affaire. Cela participe du terrorisme politique et c’est celui qui terrorise le plus qui gagne pense gagner les élections.

Mais il ne faut pas oublier que le terrorisme est dommageable pour tous. Les leçons qu’il faut en tirer, c’est que c’est grave que le terrorisme soit l’affaire du parti au pouvoir. Les enchères politiques font suite aux mauvais agissements du parti au pouvoir.

Les cotisations « forcées » ont été également au cœur du débat et pour M.Nininahazwe, il ne suffit pas de les dénoncer. Encore faut-il dresser les listes des militants qui ont été forcés de cotiser avant de dénoncer le parti au pouvoir.

Les cotisations, ce n’est pas une mauvaise chose en soi. Les activités des partis politiques demandent beaucoup de moyens financiers. Il est donc important que la question soit posée à l’Etat pour plus d’équité dans l’accès aux moyens des élections. Après tout, nous avons tous besoin des partis politiques ».

Parmi les recommandations, l’intervenant à trouvé que la COSOME ferait mieux encore en commanditant des sondages d’opinion à la veille des élections sur le poids réel des prétendant aux élections. Surtout que tous les partis se disent gagnants à l’avance.

Mme Gertrude Kazoviyo, de l’observatoire de l’action gouvernementale(OAG), quant à elle, à dit que du côté des associations de la société civile, on avait été content de voir les partis politiques commencer à aller sur le terrain pour écouter les citoyens et leurs problèmes à l’approche des élections de 2015.

Cependant, les indications de terrain montrent que seulement sept partis politiques sont visibles sur le terrain.

L’autre motif d’inquiétude pour elle est que les partis ne sont pas libres d’aller en provinces et en communes, contrairement à celui qui est actuellement au pouvoir. «Je n’ai jamais entendu le CNDD-FDD se plaindre d’entraves d’accès sur le terrain.

Par ailleurs, l’intolérance politique s’explique par des cotisations forées, des drapeaux qu’on arrache.

Ce n’est pas bon signe. Espérons que ce genre d’émission que la COSOME a organisé va contribuer à changer les choses afin que les acteurs politiques aient des chances égales d’accès sur le terrain et aux populations.

Jean Mfatukobiri a d’abord remercié la COSOME qui a pris l’initiative d’organiser cette rencontre. Pour le reste, « la tolérance s’apprend.
Là où il n’y a pas de tolérance, le pays court un danger réel. Le rôle des institutions étatiques, de la société civile et des partis politiques est important. Les gens sont tués, persécutés. Il faut éradiquer ces comportements ».

Nduwimana Emile, d’une organisation membre de la COSOME a dit ne pas comprendre ceux qui recommandent à ce que les jeunes des différents partis politiques se rentrent dedans au lieu de préconiser la tolérance mutuelle.

Au niveau de l’information et de sa diffusion : la télévision nationale ne changera pas. Ce n’est pas la peine d’insister. Tous les samedis, elle ne parle que des travaux communautaires auxquels se livrent des dirigeants au pouvoir. Quant aux fraudes électorales, il faut savoir apporter des preuves et punir les coupables dans tous les cas.

4. Conclusion

Dans sa conclusion et synthèse des débats, le conférencier a dit qu’au regard des échanges, il y a de l’espoir par rapport aux élections de 2015. Nous devons savoir que le Burundi sera ce que nous en ferons. Les uns et les autres ont identifié ce qui ne va pas et qu’il faut corriger. Tout le monde fustige l’intolérance politique.
Ce qu’il faut demander, c’est que les administratifs découragent ceux qui usurpent les pouvoirs de maintenir l’ordre public, d’arracher les drapeaux des adversaires politiques.

Le parti au pouvoir est particulièrement interpellé. Par ailleurs, la sous-région a beaucoup souffert, y compris le Burundi.

On tue deux fois les jeunes qui sont instrumentalisés le temps d’une élection et sont laissés à eux-mêmes par la suite.

Dans cette sous-région, le Burundi est plus avancé sur le plan diplomatique. Il ne faut donc pas qu’il y ait un parti au pouvoir ou un prétendant au pouvoir qui prenne la responsabilité de faire reculer la démocratie.

Pour que la démocratie soit forte, il faut accepter le pluralisme politique et celui des idées. Pour le reste, ne vous étonnez pas de la guerre entre les partis principaux partis politiques. Le CNDD-FDD, les FNL, le FRODEBU se chicanent pour les voix.

Si seulement ils pouvaient le faire de manière démocratique. Nous avons un ultime message à donner: quand vous dirigez, il ne faut pas dérouter les administrés. Il faut donner de l’emploi aux jeunes et ils cesseront de se laisser manipuler par les politiciens.

Il faut enfin que les acteurs politiques joignent la parole à l’action et mettent en avant l’intérêt général de la population.

5. Recommandations

• Aux partis politiques :

– Mettre en avant les vertus du dialogue
– Faire preuve de tolérance politique
– Respecter et faire respecter la loi
– Sensibiliser les jeunes à la tolérance politique
– Respecter et consolider la démocratie en interne
– Mettre en avant les projets de société
– Aller à la rencontre de la population et délivrer des messages constructifs

• A l’administration :

– Faire preuve de neutralité politique
– Faciliter les activités des partis politiques
– Encadrer la jeunesse
– Se référer à la loi
– Mieux réglementer les activités des partis politiques

• A la société civile :

– Multiplier ce genre de rencontres de dialogue entre les acteurs politiques
– Mener des sondages d’opinion sur le poids réel des partis politiques

• Aux corps de défense et de sécurité :

– Faire preuve de neutralité politique
– Etre réellement des corps de défense et de sécurité républicaine
– Maintenir l’ordre public et la sécurité du pays

• A la CENI :
– Faire preuve de neutralité politique
– Préparer à temps les moyens et les élections

• Aux médias :

– Donner un accès égal et équitable à tous les acteurs politiques
– Faire preuve de professionnalisme

• A Conseil national de la communication

– Faire réellement preuve d’organe de régulation des médias
– Rappeler à l’ordre les médias égarés
– Faire respecter l’accès équitable aux médias, surtout publics

1. Contexte et justification

La conférence-débat coïncide avec la célébration de la journée internationale de la démocratie qui a lieu le 15 septembre de chaque année.

C’est le 8 novembre 2007 que l’Assemblée générale des Nations unies a proclamé le 15 septembre, Journée internationale de la démocratie.

Depuis, il est question que les Etats membres et les organisations non gouvernementales célèbrent cette journée pour le faire le point des progrès mais aussi des défis qui restent à relever sur le chemin de la construction et la consolidation de cette valeur universelle.

Le Burundi est à deux ans de nouvelles échéances élections après les précédentes de 2005 et 2010.

Les premières élections de l’ère démocratique avaient eu lieu en 1993, suivi d’une guerre civile qui a pris fin en 2003, grâce à la signature d’un accord global de cessez-le-feu.

La démocratie étant un processus mais aussi un idéal à atteindre, la conférence-débat vise l’objectif de faire l’état des lieux global, les défis mais aussi les perspectives d’avenir pour le Burundi par rapport aux valeurs et principes démocratiques qui riment avec la tolérance politique, l’alternance au pouvoir, la tenue régulière des élections ou encore avec la liberté d’émettre ses opinions sans craindre pour sa vie.

C’est dans ce sens que la COSOME a proposé aux acteurs politiques, aux représentants du peuple, à ceux de la société civile et des confessions religieuses à se retrouver, pendant deux heures, dans une conférence-débat qui sera relayé en direct par plusieurs radios de grande écoute, pour faire le point sur le thème central de «La tolérance politique à la veille des élections de 2015 au Burundi».

Un journaliste chevronné a été identifié et désigné pour servir d’animateur et modérateur lors de la conférence-débat dont le conférencier principal est l’ancien président de la république et sénateur, Sylvestre Ntibantunganya.

2. Introduction

La Coalition de la société civile pour le monitoring électoral (COSOME) a organisé, en date du 17 septembre 2013, une conférence-débat de plaidoyer à l’occasion de la célébration de la journée internationale de la démocratie avec l’aide financière de NED sous le thème d’actualité au Burundi : « La tolérance politique à la veille des élections générales de 2015 ».

La COSOME et son partenaire financier ont eu droit à des remerciements pour l’initiative de réunir des gens de divers horizons sur un thème aussi important que la tolérance politique dans le contexte préélectoral du moment qui est marqué par la suspicion, le manque de confiance et de dialogue pourtant plus que nécessaire à la veille de nouvelles échéances électorales et sur fond de contentieux électoral mal résolu de 2010.

Cette soif de dialogue s’est manifestée par la présence massive de pratiquement tous les invités, dont des parlementaires, des représentants de la société civile, des partenaires du système des nations unies, comme le bureau des nations unies au Burundi ont également pris part à la rencontre et des médias.

Les partis politiques et les autres participants invités ont tous répondu présents et se sont exprimés librement, franchement, dans la courtoisie et se sont séparés sur des engagements à cohabiter pacifiquement, dans la tolérance, le dialogue pour que les prochaines élections soient meilleures, transparentes, inclusives, justes, équitables et démocratiques.

Cependant, deux heures d’une émission diffusée en direct sur quatre grandes radios n’ont pas semblé suffisantes à épuiser le débat et nombreux sont les participants qui ont encouragé la COSOME à multiplier ce genre de rencontres afin de renouer le file du dialogue qui reste difficile alors que c’est la voie obligée pour aplanir les tensions préélectorales et aller aux échéances de 2015 dans un climat apaisé par des lois et règlements consensuels.

L’ancien chef de l’Etat et sénateur, Sylvestre Ntibantunganya, a été invité en tant que conférencier et politicien expérimenté pour animer et modérer le débat et s’est montré à la hauteur des attentes en prodiguant des conseils à travers les leçons du passé et celles qu’il faut tirer pour éviter de retomber dans des contestations des résultats électoraux comme cela s’est vu en 2010 et surtout en 1993 où un chef de l’Etat démocratiquement élu, Melchior Ndadaye, a été assassiné.

Les participants se sont encore accordés sur la nécessité de tout faire pour ne pas retomber dans les travers du passé en combattant l’impunité et les autres actions portent atteinte aux insignes des partis politiques, comme l’arrachage ou la dégradation des drapeaux, leur implantation anarchique, l’instrumentalisation de jeunes affiliés aux partis, les entraves administratives qui s’observent quand il s’agit de tenir des réunions, le manque de neutralité des corps de défense et de sécurité et de l’administration.

6. Déroulement des travaux

a. Présentation du conférencier

Dans sa présentation, le conférencier a d’abord estimé que le thème de la conférence, à savoir la tolérance politique à la veille des élections de 2015 était « une question à la fois simple et compliquée ».

La tolérance politique signifie avant tout le droit à la parole. C’est vital. La liberté d’expression permet d’aider à corriger ce qui ne va pas. C’est surtout très important en politique.

Par rapport aux élections de 2015, il ne reste plus que 20 mois. C’est le moment de faire le point des taches à accomplir.

Les élections seront groupées comme l’ont décidé les acteurs politiques à Kayanza au mois de mai dernier. Nous avons en vue les présidentielles, les parlementaires, les communales et les élections des échelons encore plus bas. Les élections auront encore lieu 20 ans après l’assassinat du président démocratiquement élu et ce qui s’en est suivi à cause de l’intolérance politique. L’enfant qui est né après cet évènement malheureux sera demain un électeur majeur.

Les prochaines élections verront encore la participation des électeurs qui n’ont pas eu de rôle direct à jouer dans les évènements sanglants des années passées.

En 1993, le PALIPEHUTU (parti pour la libération du peuple Hutu n’avait pas pris part aux élections de l’époque. De même, en 2005. En 2010, le PALIPEHUTU était devenu les forces nationales de libération (FNL) et a participé avant de se retirer au niveau des communales pour protester contre les fraudes.

Est-ce qu’en 2015, tous les grands partis vont participer ? Certains n’existent cependant que de nom.

Autre chose, ces élections auront lieu après deux mandats du régime actuellement en place. Par ailleurs, nous devons tenir compte du contexte sociopolitique et sécuritaire de la région des grands lacs qui n’est pas encore calme.

Au niveau national, Il faut tenir compte de quatre catégories d’acteurs incontournables dans le processus électoral de 2015:
– La population

Les élections n’auraient pas de sens sans la participation massive de la population qui est un maillon important de la chaîne.

– Les acteurs politiques

La seconde catégorie est celle des acteurs politiques. Souvent, les problèmes viennent de ce côté. Les partis doivent être libres d’approcher les électeurs pour vendre les projets de société. Les années passées, il y avait des considérations ethniques pour briguer les suffrages de la population. Aujourd’hui, ce sont les projets de société qui comptent.

– Les institutions étatiques

La troisième catégorie est faite des institutions étatiques : le président de la république, les députés et sénateurs, les ministres, les gouverneurs, les administrateurs, les policiers, les juges.

S’il fallait revenir sur le rôle de chacun, le président de la république, les parlementaires, les gouverneurs, les administrateurs ont des partis d’origine. Ils ne doivent cependant pas mettre en avant les intérêts partisans. Quand ils légifèrent ou appliquent les lois, ils doivent mettre de côté les considérations partisanes. En période électorale, ils doivent renoncer à certaines pratiques. Les corps de défense et de sécurité doivent être également neutres.

La CENI a également un rôle important à jouer et doit être neutre. Ces membres doivent être des gens intègres et responsables.

– Les observateurs nationaux et internationaux

Les autres acteurs importants sont les observateurs nationaux et étrangers. Leur devoir est de se préparer à temps, car les fraudes électorales commencent longtemps à l’avance.

Les autres questions d’importances portent sur la liberté d’expression, le rôle des jeunes affiliés aux partis politiques, comment les idées et opinions politiques doivent être relayées dans les médias publics. L’autre question qui risque de se poser est celle des moyens des élections.

– Au niveau de la liberté d’opinion

Les tenants du pouvoir aiment monopoliser le terrain politique. Les réunions des partis politiques à l’intérieur du pays sont compliquées par les administratifs à la base qui gênent parfois les acteurs politiques de l’opposition en recourant à la police ou aux jeunes affiliés aux partis politiques.

Des fois, on s’en prend aux symboles des partis politiques, comme les drapeaux. L’administration à la base devrait décourager ces pratiques. Il faut appliquer la loi dans pareils cas qui peuvent causer du tord à la commune et au pays.

Ce qu’il faut plutôt faire, c’est de garantir la sécurité des réunions publiques, dans le respect de la loi.

Dans la vie des partis politiques, il y a aussi les divisions internes à cause de la mauvaise gouvernance des leaders. Des fois, les pouvoirs publics se rendent complices de ces divisions internes. Des fois, le pouvoir soutient des leaders fantoches.

– L’instrumentalisation des jeunes

Autre chose, c’est l’instrumentalisation des jeunes. Certains partis misent sur les jeunes pour se consolider. Il y a des conséquences fâcheuses à cet état de fait. Il se passe rarement des jours sans que les médias ne rapportent le mauvais comportement des jeunes.

Cela ne se comprend pas comment les gouverneurs et les administrateurs communaux ferment les yeux sur certains comportements des jeunes comme le maintien de la paix à la place des institutions mandatées.

On dirait que les administratifs sont devenus impuissants. Il est normalement interdit que les jeunes interviennent dans ce genre d’affaires sans l’autorisation des administratifs à la base.

Dans le cas contraire, les administratifs défaillants devraient être démis de leurs fonctions. Les corps de défense et de sécurité doivent également rester neutres. Ils ne sont pas non plus contents que d’autres individus se substituent à eux dans le maintien de l’ordre public.

Ce ne sont pas les « Ivyuma vy’indege », les « Intakangwa », « Imbonerakure », « Indarangavye » à qui il revient de maintenir l’ordre public. En cas de nécessité, on recourt à tout le monde.

Il faut faire extrêmement attention à ce niveau. L’autre anomalie, ce sont les enchères entre les acteurs politiques qui préconisent la vengeance.

Autre chose, c’est le rôle des médias publics qui sont monopolisés par le gouvernement. Ce n’est pas de l’information, mais de la propagande.

Quand il s’agit de donner la parole à l’opposition, les médias publics regardent ailleurs. Le conseil national de la communication (CNC) doit jouer son rôle constitutionnel. Le CNC doit prendre les mesures qui s’imposent pour garantir l’accès équitable aux médias de toutes les catégories sociopolitiques.

Dernier point, c’est la répartition équitable des moyens à tous les acteurs politiques.

7. Débat

Le débat a été riche, varié et franc aussi bien du côté des acteurs politiques et de la société civile grâce à une bonne modération du conférencier respecté de tous pour son expérience et sa pondération.

Le représentant de l’unité pour le progrès national (UPRONA, actuellement dans les institutions étatiques), Honorable Bonaventure Gasutwa, a estimé que les élections de 2015 risquaient de pâtir de l’instrumentalisation de jeunes affiliés aux partis politiques, surtout les jeunes « Imbonerakure » les plus décriés du Conseil national pour la défense NDD-FDD/forces de défense de la démocratie(CNDD-FDD, au pouvoir).

Pour ne pas en arriver là, l’intervenant a recommandé le dialogue et la concertation ainsi que la mise en application de ce qui a été déjà convenu lors d’autres rencontre d’échanges si on veut prétendre construire et consolider une véritable démocratie dans le pays.

Le porte-parole du front pour la démocratie au Burundi (FRODEBU, opposition extraparlementaire), Fénias, de son côté, a déclaré que sur le terrain, il y a des signaux qui montrent que la démocratie est menacée et que les élections de 2015 risquent d’en pâtir.

Au moins 4O drapeaux du FRODEBU qui ont été déjà volés tandis que les réunions des partis politiques sont empêchées sans raison fondée.

Il y a aussi le terrorisme des jeunes affiliés au parti au pouvoir qui s’exerce au grand jour. Ces jeunes mettent des tenues militaires.

Aujourd’hui, il y a encore des institutions élues du sommet à la base mais cela n’empêche pas l’intolérance politique C’est du terrorisme au quotidien. Le grand problème, c’est l’impunité.

Onésime Nduwimana, porte-parole du CNDD-FDD, quant à lui, a voulu minimiser les incidents de terrain qui se manifestent sous divers aspects, tout en préconisant de s’en remettre à chaque fois à la loi au lieu de préconiser la loi du Talion ou le cercle infernal de la vengeance.

« Au CNDD-FDD, nous nous préparons sereinement aux élections en évitant la provocation d’où qu’elle vienne. Quant à l’intolérance politique, il a estimé que son parti en souffre également à en juger au nombre « important » de permanences du CNDD-FDD qui ont été incendiées à ce jour.

Dans ces recommandations, l’intervenant a soutenu les vertus de la tolérance politique et la neutralité de l’administration.

Le président reconnu par la loi de l’union pour la paix et la développement(UPD), Zed Ferrouzi, de son côté, a plutôt condamné les enchères des partis politiques qui rivalisent d’ardeur pour faire du tort les uns aux autres. Nous devons, en tant qu’acteurs politiques, nous abstenir de l’intolérance politique et respecter la loi.

Il faut des sanctions contre les brebis galeuses. L’Etat doit aussi faire respecter la loi. Nous devons mettre en avant la démocratie en laissant les opinions contraires s’exprimer. Celui qui est au pouvoir veut le garder. Celui qui n’est pas au pouvoir veut y accéder.

Le représentant du Mouvement pour la solidarité et la démocratie (MSD, opposition), Natahlie Ndayongeje s’est étonné du désordre politique du moment dans un pays qui ont des institutions administratives du sommet à la base.

Le pays a pourtant des forces de défense et de sécurité, une police, une armée et des lois qui ne demandent qu’à être appliquées.

Le problème de fond, pour lui, est que ces différentes institutions ont de la peine à se libérer de l’emprise du parti d’origine pour faire respecter tout le monde.

Pour lui encore, le MSD respecte les droits politiques des autres, mais ce n’est pas pour autant qu’il faut se laisser faire.

Félix Mboneko, l’actuel vice-président de l’UPRONA, a préconisé la neutralité de l’administration et des mesures de nature à garantir les libertés politiques. Les enchères politiques ne sont pas une bonne chose.
Le FRODEBU et le MSD préconisent de répondre au coup pour coup aux agissements des jeunes du CNDD-FDD au lieu de s’en remettre à la justice, a-t-il fustigé.

De manière générale, il faut aussi sensibiliser les jeunes au respect mutuel, à la tolérance, a encore recommandé le leader de l’UPRONA.

Pour Pacifique Nininahazwe, le président du FOCODE, la COSOME a bien fait d’organiser une telle rencontre. Quant au reste, « je m’étonne de ce que le porte-parole du CNDD-FDD veut minimiser les incidents politiques du moment. A cela s’ajoutent les bavures des jeunes affiliés au parti au pouvoir.

Les symboles des partis politiques qui sont vandalisés, ce n’est pas une mince affaire. Cela participe du terrorisme politique et c’est celui qui terrorise le plus qui gagne pense gagner les élections.

Mais il ne faut pas oublier que le terrorisme est dommageable pour tous. Les leçons qu’il faut en tirer, c’est que c’est grave que le terrorisme soit l’affaire du parti au pouvoir. Les enchères politiques font suite aux mauvais agissements du parti au pouvoir.

Les cotisations « forcées » ont été également au cœur du débat et pour M.Nininahazwe, il ne suffit pas de les dénoncer. Encore faut-il dresser les listes des militants qui ont été forcés de cotiser avant de dénoncer le parti au pouvoir.

Les cotisations, ce n’est pas une mauvaise chose en soi. Les activités des partis politiques demandent beaucoup de moyens financiers. Il est donc important que la question soit posée à l’Etat pour plus d’équité dans l’accès aux moyens des élections. Après tout, nous avons tous besoin des partis politiques ».

Parmi les recommandations, l’intervenant à trouvé que la COSOME ferait mieux encore en commanditant des sondages d’opinion à la veille des élections sur le poids réel des prétendant aux élections. Surtout que tous les partis se disent gagnants à l’avance.

Mme Gertrude Kazoviyo, de l’observatoire de l’action gouvernementale(OAG), quant à elle, à dit que du côté des associations de la société civile, on avait été content de voir les partis politiques commencer à aller sur le terrain pour écouter les citoyens et leurs problèmes à l’approche des élections de 2015.

Cependant, les indications de terrain montrent que seulement sept partis politiques sont visibles sur le terrain.

L’autre motif d’inquiétude pour elle est que les partis ne sont pas libres d’aller en provinces et en communes, contrairement à celui qui est actuellement au pouvoir. «Je n’ai jamais entendu le CNDD-FDD se plaindre d’entraves d’accès sur le terrain.

Par ailleurs, l’intolérance politique s’explique par des cotisations forées, des drapeaux qu’on arrache.

Ce n’est pas bon signe. Espérons que ce genre d’émission que la COSOME a organisé va contribuer à changer les choses afin que les acteurs politiques aient des chances égales d’accès sur le terrain et aux populations.

Jean Mfatukobiri a d’abord remercié la COSOME qui a pris l’initiative d’organiser cette rencontre. Pour le reste, « la tolérance s’apprend.

Là où il n’y a pas de tolérance, le pays court un danger réel. Le rôle des institutions étatiques, de la société civile et des partis politiques est important. Les gens sont tués, persécutés. Il faut éradiquer ces comportements ».

Nduwimana Emile, d’une organisation membre de la COSOME a dit ne pas comprendre ceux qui recommandent à ce que les jeunes des différents partis politiques se rentrent dedans au lieu de préconiser la tolérance mutuelle.

Au niveau de l’information et de sa diffusion : la télévision nationale ne changera pas. Ce n’est pas la peine d’insister. Tous les samedis, elle ne parle que des travaux communautaires auxquels se livrent des dirigeants au pouvoir. Quant aux fraudes électorales, il faut savoir apporter des preuves et punir les coupables dans tous les cas.

8. Conclusion

Dans sa conclusion et synthèse des débats, le conférencier a dit qu’au regard des échanges, il y a de l’espoir par rapport aux élections de 2015. Nous devons savoir que le Burundi sera ce que nous en ferons. Les uns et les autres ont identifié ce qui ne va pas et qu’il faut corriger. Tout le monde fustige l’intolérance politique.

Ce qu’il faut demander, c’est que les administratifs découragent ceux qui usurpent les pouvoirs de maintenir l’ordre public, d’arracher les drapeaux des adversaires politiques.

Le parti au pouvoir est particulièrement interpellé. Par ailleurs, la sous-région a beaucoup souffert, y compris le Burundi.
On tue deux fois les jeunes qui sont instrumentalisés le temps d’une élection et sont laissés à eux-mêmes par la suite.

Dans cette sous-région, le Burundi est plus avancé sur le plan diplomatique. Il ne faut donc pas qu’il y ait un parti au pouvoir ou un prétendant au pouvoir qui prenne la responsabilité de faire reculer la démocratie.

Pour que la démocratie soit forte, il faut accepter le pluralisme politique et celui des idées. Pour le reste, ne vous étonnez pas de la guerre entre les partis principaux partis politiques. Le CNDD-FDD, les FNL, le FRODEBU se chicanent pour les voix.

Si seulement ils pouvaient le faire de manière démocratique. Nous avons un ultime message à donner: quand vous dirigez, il ne faut pas dérouter les administrés. Il faut donner de l’emploi aux jeunes et ils cesseront de se laisser manipuler par les politiciens.

Il faut enfin que les acteurs politiques joignent la parole à l’action et mettent en avant l’intérêt général de la population.

9. Recommandations

• Aux partis politiques :

– Mettre en avant les vertus du dialogue
– Faire preuve de tolérance politique
– Respecter et faire respecter la loi
– Sensibiliser les jeunes à la tolérance politique
– Respecter et consolider la démocratie en interne
– Mettre en avant les projets de société
– Aller à la rencontre de la population et délivrer des messages constructifs

• A l’administration :

– Faire preuve de neutralité politique
– Faciliter les activités des partis politiques
– Encadrer la jeunesse
– Se référer à la loi
– Mieux réglementer les activités des partis politiques

• A la société civile :

– Multiplier ce genre de rencontres de dialogue entre les acteurs politiques
– Mener des sondages d’opinion sur le poids réel des partis politiques

• Aux corps de défense et de sécurité :

– Faire preuve de neutralité politique
– Etre réellement des corps de défense et de sécurité républicaine
– Maintenir l’ordre public et la sécurité du pays

• A la CENI :
– Faire preuve de neutralité politique
– Préparer à temps les moyens et les élections

• Aux médias :

– Donner un accès égal et équitable à tous les acteurs politiques
– Faire preuve de professionnalisme

• A Conseil national de la communication

– Faire réellement preuve d’organe de régulation des médias
– Rappeler à l’ordre les médias égarés
– Faire respecter l’accès équitable aux médias, surtout publics

Découverte d’un vaste réseau de trafics sexuels au Burundi

Bujumbura, le 24 septembre 2013(COSOME) – De jeunes villageoises de 10 à 16 ans font l’objet au Burundi d’un vaste réseau de trafic à des fins de prostitution, révèle une récente enquête de la fondation canadienne « Justice et équité ».

La responsable de la fondation, Mme Florence Boivin Roumestan, affirme avoir passé ces six derniers mois à effectuer des enquêtes qui ont permis de découvrir à la fin que ce phénomène, jusque-là insoupçonné, commence à prendre plutôt des proportions pour le moins inquiétantes.

Le trafic en question cible principalement des jeunes filles mineures du milieu rural qui sont ensuite acheminées vers les nombreuses maisons closes de la capitale burundaise.

De jeunes lycéennes de la capitale sont également la cible privilégiée des rabatteurs parfois recrutés dans ces lycées, a encore révélé Mme Florence Boivin Roumestan, affirmant au passage que ces « proies » sont « battues, affamées » pour être livrées aux revendeurs, moyennant des espèces sonnantes et trébuchantes.

Ces révélations ne manquent pas de provoquer un grand choc au sein de la société burundaise réputée « pudique » sur les questions de sexualité et davantage sur ce qui est considéré ailleurs comme le plus vieux métier du monde.

De son côté, le commandant de la Police burundaise des mineurs, nouvellement créée, le colonel Christine Sabiyumba, a reconnu les faits allégués dans le rapport d’enquête de la Canadienne, précisant que le phénomène n’était pas « nouveau ».

On se rappelle qu’un trafic de jeunes burundaises entre Bujumbura et Beyrouth, la capitale libanise, avait déjà défrayé la chronique dans les médias du pays, lorsque cette jeune police des mineurs multipliait des descentes musclées et autres actions d’éclat dans les hôtels, les maisons closes, pour décourager la débauche sexuelle, avant de baisser les bras, sans plus d’explication à l’opinion nationale.

La pauvreté croissante touche déjà près de 70% de la population burundaise et explique, en grande partie, la recrudescence de ce « commerce sexuel », parfois pour la survie des ménages, dit-on dans les milieux spécialisés dans les questions de société à Bujumbura.

Les conseillères collinaires sont encore minoritaires en province de Gitega

Gitega (Centre du BURUNDI) , le 20 septembre 2013 (COSOME)- Au terme des élections de 2010, dans la province de GITEGA , les femmes députées ont été élues à un taux de 33% ( trois femmes sur neuf sièges), le sénat connait une parité d’une sénatrice et d’un sénateur, les conseillères communales ont un taux de 33%, les administrateurs communaux ont actuellement un taux de 45 % soit 5 femmes administrateurs sur 11.

Toutefois, les femmes membres des conseils collinaires sont encore minoritaires et enregistrent un taux de 18%, soit 243 femmes sur 1315.
Les femmes chefs de collines sont au nombre de 9 et accusent un taux de 3%, selon les informations du bureau de la Commission Provinciale Electorale Indépendante de cette province(CPEI).

Cette faible représentativité des femmes dans les conseils collinaires est en grande partie due à leur faible participation aux réunions administratives et politiques liées au manque de prise de conscience sur la nécessité de leur implication dans les différents secteurs de la vie nationale, ont fait remarqué les membres des conseils communaux lors de l’atelier sur l’intégration de la perspective genre dans le travail des élus locaux.

Aussi, les femmes, en général, et particulièrement celles du monde rural, se heurtent à la surcharge des activités ménagères, à tel enseigne qu’elles n’ont pas assez de temps pour vaquer à des activités d’intérêt public.

En outre, comme les femmes ont un accès très limité aux facteurs de productions disponibles dans la société tels que la terre, le crédit, l’emploi rémunérateur, elles développent un complexe de d’infériorité et par conséquent un manque d’intérêt pour les activités publiques.

Par ailleurs, les femmes et filles burundaises sont victimes d’une certaine exclusion causée par des préjugés et stéréotypes liés à la culture et à la coutume burundaise, a fait remarquer la consultante en genre, Basilissa NDAYIZIGA, lors de sa présentation sur le « genre et la culture ».

Pour éliminer les disparités entre les hommes et les femmes sur l’accès aux ressources nationales, les élus communaux ont été appelés à agir ensemble comme des acteurs de changement et de transformation visant la réduction de la pauvreté et l’autonomie des hommes et des femmes.

Ils sont aussi appelé à mobiliser la population sur la nécessité d’une répartition équitable des ressources communales.

Ce qui permettrait à la femme d’avoir un accès aux facteurs de production qui sont porteurs de croissance et ainsi acquérir une autonomie économique, et par conséquent, un épanouissement et une ouverture aux autres secteurs de la vie nationale.

Ces élus sont appelés à promouvoir la participation des hommes et des femmes dans les instances de prises de décisions.

Ils sont aussi convenus à intensifier des séances d’éducation sur le leadership féminin.

De leur côté, les femmes devaient se mobiliser et prendre conscience de l’importance de leur participation dans la gestion et le contrôle des ressources nationales et ménagères disponibles.

Quant à la prise en compte du genre dans la planification des projets communautaires, les participants ont indiqué qu’un progrès est enregistré mais que des efforts sont encore à consentir.

Les Plans Communaux de Développement prévoient des actions d’appuis aux associations féminines.

L’administrateur de la commune de BUGENDANA a indiqué qu’on appuie, depuis 3 ans, 15 associations féminines d’agriculteurs et éleveurs en intrants agricoles.

Des appuis pareils ont été aussi mentionnés dans les communes de ITABA et de GITEGA. Néanmoins, la demande des appuis s’avère élevée par rapport aux moyens disponibles.

Il y a aussi des femmes qui n’ont pas encore pris conscience de la disparité entre les hommes et les femmes et affichent une attitude attentiste, au lieu d’œuvrer en synergie pour contrecarrer les préjugés et stéréotypes culturels qui les relèguent encore à l’arrière plan dans les secteurs de développement national.

Quant à la participation des femmes dans les instances de prise de décision de l’administration publique, les membres des conseils communaux de la commune de ITABA ont déploré le taux encore très bas des femmes qui ont fait des études universitaires.

Raison pour laquelle ils ont commencé une campagne de sensibilisation des filles à poursuivre les études supérieures.

C. B.

Multiplication de cas d’intolérance politique en province Kirundo

Kirundo (Nord du Burundi), le 23 septembre 2013(COSOME)- Trois personnes ont été blessées à l’arme blanche dans un violent accrochage entre des militants du conseil national de défense de la démocratie/forces de défense de la démocratie (CNDD/FDD, au pouvoir) et du front pour la démocratie au Burundi ( FRODEBU Nyakuri, aile dissidente), samedi dernier sur la colline de Sigu, zone de Nyagisozi, en commune de Busoni, a appris de différentes sources, le reporter de la coalition de la société civile pour le monitoring électoral(COSOME).

Deux militants du CNDD-FDD ont été blessés à la machette par un certain Kazabiza, un mobilisateur du FRODEBU-Nyakuri qui tentait de fuir des membres du parti au pouvoir qui encerclaient son domicile, racontent les témoins.

Sur son passage, le fugitif a été, à son tour poignardé au niveau de la tête par des militants du CNDD-FDD qui le poursuivaient.

Les deux groupes se rejettent la responsabilité, l’un accusant l’autre d’avoir enclenché la provocation.

Des membres du FRODEBU-Nyakuri accusent Gordien Sirabahenda, le responsable communal de la ligue des jeunes « Imbonerakure » d’être l’instigateur de cette violence.

L’administrateur de la commune de Busoni, Léocadie Kabihogo, réfute les allégations des membres du FRODEBU-Nyakuri, soulignant que se sont ces derniers qui ont provoqué des militants du parti au pouvoir.

Une intervention d’un élément du détachement de la marine, travaillant dans le lac Rweru, a fait cesser les hostilités par des tirs de sommation en l’air.

Les deux membres de la ligue des jeunes blessés subissent des soins à l’hôpital de Kirundo, tandis que celui du FODEBU qui a été grièvement blessé est au cachot du parquet de Kirundo en compagnie de l’une de ses épouses et d’un visiteur qui se trouvait chez la victime au moment de l’attaque.

Sur la colline de Muyange, de la même commune, des militants de l’Union pour le progrès national (UPRONA, institutionnel) ont été également agressés par des présumés membres du CNDD-FDD, a-t-on appris des victimes.

Depuis le mois de mai dernier, dix cas d’affrontements entre des membres du parti au pouvoir et ceux de l’opposition ont été répertoriés dans les communes de Busoni, Bugabira, Kirundo, Ntega et Vumbi, rappelle-t-on.

JCN

Des partis politiques prônent la bonne cohabitation et le respect mutuel à Bubanza

Bubanza (Nord-Ouest du Burundi), le 21 septembre 2013 (COSOME)- Un total de neuf partis politiques œuvrant à Bubanza se sont réunis sous l’égide du Gouverneur de province, Vendredi le 20 septembre, au chef lieu de la province et se sont séparés que une entente à la bonne cohabitation et au respect mutuel, a appris sur place, le reporter de la coalition de la société civile pour le monitoring électoral(COSOME).

La rencontre a vu la participation des représentants du conseil national pour la défense de la démocratie/forces de défense de la démocratie(CNDD-FDD, au pouvoir), l’unité pour le progrès national(UPRONA, mouvance présidentielle), le front pour la démocratie au Burundi(FRODEBU-Sahwanya, opposition), le conseil national pour la défense de la démocratie(CNDD, opposition majoritaire), le front pour la démocratie au Burundi(FRODEBU-Nyakuri, aile dissidente de la mouvance présidentielle).

D’autres participants venaient des forces nationales de libération (FNL, aile dissidente emmenée par Emmanuel Miburode), les Forces nationales de libération(FNL-Iragi rya Gahutu Rémy), le mouvement pour la solidarité et la démocratie(MSD, opposition) et l’Union pour la paix et le développement(UPD).

Cette rencontre est consécutive à une mauvaise cohabitation entre les Partis politiques de la mouvance présidentielle (CNDD-FDD) et de l’opposition(MSD et FRODEBU).

Ces derniers jours, les deux partis de l’opposition accusent les membres du CNDD-FDD de voler leurs drapeaux.

La plupart des représentants des Partis ont déploré des bavures attribuées aux jeunes « Imbonerakure », affiliés au CNDD-FDD, comme des agressions contre des membres des autres Partis, des rondes nocturnes et la destruction des insignes des autres Partis.

Ils se lamentent que même des présumés auteurs de ces forfaits ne sont pas sanctionnés. Ici, le représentant provincial du MSD, Nduwimana Benjamin a dit que leurs membres ne supporteront jamais des agressions de ces jeunes Imbonerakure si l’Administration, la Police et la justice ne parviennent pas à décourager les agressions dont ils sont victimes dans différentes localités de la province.

Certains représentants des Partis politiques, autres que le CNDD-FDD, se lamentent également que des fêtes et commémorations nationales sont préparées et exécutées par les membres du CNDD-FDD uniquement.

D’autres déplorent que la majorité des postes dans divers services communaux soient occupés exclusivement par des membres du CNDD-FDD.

Tous ces représentants des partis politiques se sont convenus d’éduquer et de sensibiliser leurs jeunes en faveur de la bonne cohabitation et le respect mutuel.

Le représentant provincial des jeunes Imbonerakure, Méthode, demande aux représentants des autres partis de signaler à temps chaque fois que certains de ces jeunes commettent des bavures, pour qu’ils soient sanctionnés, a-t-il souligné.

Le Gouverneur de Bubanza, Nyandwi Anselme, qui dirigeait cette réunion, a demandé aux représentants des partis politiques œuvrant dans sa province de dépasser tout ce qui les différencient et qui les divisent afin de donner la priorité au développement et à la sécurité de leur province.

Il a donné l’ordre de ne pas porter des insignes de leurs partis politiques dans des activités qui sont en dehors de la loi.

Le gouverneur leur a demandé de respecter les divergences d’opinion politique pour une meilleure cohabitation politique afin de se préparer à des élections apaisées, libres et transparentes en 2015.

A.Nk

Des cas de justice populaire en augmentation dans la province de Gitega

GITEGA (Centre du BURUNDI), le 23 septembre 2013 (COSOME) – Des cas de justice populaire ne cessent d’augmenter malgré la sensibilisation par les responsables administratifs et ceux de la sécurité de la population à s’en remettre aux instances judiciaires habilitées en cas de conflit, a appris sur place, le reporter de la coalition de la société civile pour le monitoring électoral(COSOME).

Le cas le plus récent est celui de deux présumés bandits de l’ethnie marginalisée des BATWA(Pygmées) qui ont échappé de justesse à la mort dans la nuit de samedi à dimanche après avoir subi des coups de machette de la part de la population pour « tentative de vol au domicile de NTAWUHORAHIRIWE Sylvestre, situé sur la colline de KIMANAMA, de la zone de MUBUGA, en commune de GITEGA.

C’était vers 21 heures quand un groupe de trois bandits BATWA (parmi lesquels un récidiviste réputé) armés des machettes tentaient ce coup de vol mais ont été attrapés par la population qui faisait une ronde nocturne, a-t-on appris lundi auprès d’une source policière.

Au moment où la population acheminait ces bandits vers la position des policiers de KIMANAMA, un des bandits a pris le large.

La population en colère a tenté de tuer les deux autres bandits à coups de machettes avant de les abandonner dans un buisson.

Ce sont des passants qui ont vu dimanche les deux bandits gravement blessés et les ont ensuite évacué au centre de santé de MUBUGA pour des soins médicaux.

Un de ces deux bandits blessés est un voleur réputé surnommé NZAMAKUNZIRA qui s’était évadé de la prison centrale de GITEGA et avait fait l’objet d’emprisonnement par deux fois, a précisé la source policière.

Des cas de justice populaire augmentent en nombre dans la province de GITEGA où l’on avait déjà enregistré quatre cas de meurtres, dont des bandits attrapés en flagrant délit au cours des quatre derniers mois.

Ces cas ont été signalés dans les communes BUKIRASAZI, MAKEBUKO, BUGENDANA et GITEGA.

C. B.

Redynamisation des organes dirigeants du MSD en province de Cankuzo

Cankuzo (Est du Burundi), le 23 septembre 2013 (COSOME)- Le Mouvement pour la Solidarité et la Démocratie (MSD) est en train de redynamiser ses organes dirigeants au niveau des communes pour mieux se préparer aux prochaines échéances électorales de 2015, apprend-on du responsable provincial de ce parti d’opposition, Denis Ntirukunda.

C’est dans ce cadre qu’une vingtaine de représentants du parti au niveau collinaire et huit membres des comités communaux au niveau de toute la province ont été déjà remplacés.

M Ntirukundi fait par ailleurs remarquer que le MSD est en train d’enregistrer de nouveaux adhérents qui proviennent d’autres formations politiques, surtout en commune de Mishiha ajoutant que son parti organise actuellement des réunions sans être inquiété.

Le MSD se réjouit aussi que deux membres influents du parti qui avaient fui vers la Tanzanie en 2011 au lendemain du passage des « bandits armés » dans cette province de Cankuzo , aient regagné leur terre natale.

Il s’agit de Karabumba Serges et Faida Fabien qui enseignaient respectivement au collège communal de Murago et à l’école primaire de Murago, en commune Gisagara.

La direction provinciale du MSD à Cankuzo se plaint cependant que les responsables du ministère en charge de l’enseignement primaire et Secondaire aient refusé à ces deux militants du MSD le droit de réintégrer leur service, allant jusqu’à avancer qu’il se cache derrière ce refus des mobiles politiques.

Pour rappel, au cours de sa dernière visite en mars 2013 dans cette province, le président du MSD, Alexis Sinduhije, à son retour de l’exil, avait appelé les leaders de son parti à vaincre la peur et à redynamiser les instances dirigeantes du parti.

Le MSD est l’un des partis les plus dynamiques dans la province de Cankuzo aux côtés du Conseil pour la Défense de la Démocratie /Force Pour la Défense de la Démocratie (CNDD/FDD, au pouvoir), l’Union pour le progrès National (UPRONA, ancien parti unique), le Front pour la Défense de la Démocratie (FRODEBU, opposition).

ond

Le président de l’UPRONA appelle à l’unité des rangs à l’approche des élections de 2015 depuis le nord du Burundi

Ngozi, le 23 septembre 2013 (COSOME)- Le président de l’unité pour le progrès national (UPRONA, ex-parti unique), Charles Nditije, a demandé aux membres de la jeunesse révolutionnaire Rwagasore(JRR, du nom du héro de l’indépendance nationale) et de l’union des femmes burundaises(UFB) d’être unis et d’observer un comportement exemplaire pour la préparation des élections de 2015, a appris sur place, le reporter de la coalition de la société civile pour le monitoring électoral(COSOME).

Le leader de l’UPRONA a tenu ces propos lors d’un congrès de la JRR et de l’UFB et profité de l’occasion de lancer un appel à tous les militants du parti à consolider l’unité.

Le parti UPRONA en province de NGOZI n’échappe pas aux divisions internes pour le leadership qui minent depuis plusieurs années l’ex-parti unique.

Pour M.NDITIYE, les « Badasigana »(militants de l’UPRONA) doivent plutôt être caractérisés par un comportement de respect mutuel et d’amour du parti.
Rappelons que ces mêmes chicanes ont poussé certains leaders du parti en province de NGOZI à une contrepropagande nuisible au parti en pleine période électorale au cours des élections de 2010.

YM.

L’administration tente de mettre de l’ordre dans les activités des partis politiques en province de Kirundo

Kirundo (Nord du Burundi), le 20 septembre 2013 (COSOME)- L’administrateur de la commune de Vumbi, Fréderic Hakizimana, vient de prendre une décision réglementant désormais l’implantation des drapeaux des partis politiques dans cette commune, a appris de source administrative, le reporter de la coalition de la société civile pour le monitoring électoral(COSOME.

«Les drapeaux des partis politiques seront désormais implantés devant les bureaux (permanences) des formations politiques », peut-on lire dans la correspondance que cette autorité communale a adressé la semaine dernière aux représentants des partis politiques opérant dans cette commune.

« Aucun drapeau ne sera plus implanté devant une maison d’habitation, un débit de boisson ou le long de la route sans que le parti pour lequel appartient ce symbole y ait érigé une permanence », poursuit la correspondance.

L’administrateur Hakizimana justifie cette décision par le souci de limiter les confrontations entre des militants des partis politiques qui s’observent dans cette commune à la suite de la guerre des drapeaux.

Le représentant communal du Front pour la démocratie au Burundi (FRODEBU, opposition majoritaire), Joseph Baryanaribamwe, a estimé que la mesure vient « museler » l’action des partis politiques de l’opposition.

Les représentants provinciaux du FRODEBU ont jusque-là refusé d’obtempérer refusé à la décision qui a été prisée par l’administration locale, ce qui leur vaut des ennuis judiciaires.

A titre illustratif, Oswald Nivyuburundi, le chargé des finances du FRODEBU en commune Vumbi a été interrogé jeudi par l’officier de la police judiciaire(OPJ) sur son refus d’enlever les couleurs du parti sur la colline de Muramba, non loin de son domicile.

JCN

Suspension de 11 conseillers communaux des FNL en province de Bururi

Bururi (Sud du Burundi), le 19 septembre 2013(COSOME)- le président de l’aile dissidente des forces nationales de libération(FNL), Emmanuel Miburo a annoncé, jeudi, la suspension de onze membres des conseils communaux en province de Bururi, a appris sur place le reporter de la coalition de la société civile pour le monitoring électoral.

Ces limogeages font suite à une rebuffade des onze conseillers communaux qui ont annoncé dernièrement leur allégeance plutôt à Agathon Rwasa, le chef historique des FNL qui est revenu dernièrement sur la scène politique nationale après trois ans de clandestinité.

Les conseillers qui ont été suspendus ne reconnaissent cependant pas le droit à M.Miburo de prendre une telle décision.

Il s’agit des conseillers des communaux de Rumonge, Mugamba, Matana, Rutovu, Burambi et Buyengero suivants :

Bizindavyi Samuel et Bigirimana sylvie de la commune de Rumonge, Hankanimana Romuald de la commune de Mugamba, Sindayihebura Adrien de la commune de Matana, Ndayahoza Emile, Nkunzimana Lévis, Nizigiyimana Pétronie et Bandyatuyaga Josélyne de la commune de Buyengero, Nduwimana Félix de la commune de Rutovu et Ndayongeje Godeliève et Hagabimana Hélène de la commune de Burambi.

Les concernés affirment encore qu’ils restent membres des FNL et qu’ils continueront à siéger dans les différents conseils communaux.

Tous ces conseillers communaux avaient été élus au cours des élections communales de 2010 sur la liste des FNL et ont régulièrement siégé au sein des conseils communaux respectifs.

F.NZ.