La pénurie du carburant bat son plein au Burundi alors que le prix à la pompe augmente

Bujumbura, le 21 juillet 2023 : Il fait un bon bout de temps que le pays souffre d’un manque criant de carburant. Les conséquences sont énormes et c’est la population qui en souffre énormément : le prix des denrées alimentaires de première nécessité ne cesse de grimpé, le prix du transport également, pour de citer que ceux-là.

Selon Léonidas Sindayigaya, le porte-parole du ministère ayant l’énergie et les mines dans ses attributions, la pénurie du carburant est en grande partie causée par le manque de devises. Pour ce cadre du ministère ci-haut mentionné, les pétroliers qui reçoivent le peu de devises qui  existent, les en font autre usage.

Quant à Rupfiri Gabriel, le président de l’Observatoire de Lutte contre la Corruption et les Malversations Economiques OLUCOME, la cause de cette pénurie est le monopole d’exportation du carburant accordé à la seule personne morale Prestige, qui reçoit aussi, à elle seule, les devises de la Banque centrale.

Selon Gabriel Rupfiri, la solution à cette pénurie du carburant est d’exporter beaucoup de marchandises pour se procurer de devises et libéraliser l’importation des produits pétroliers. Pour Léonidas Sindayigaya, la solution est d’approvisionner le stock stratégique carburant pour un minimum huit mois.

Rappelons que le manque de carburant à commencer à se faire sentir avec le début de l’année 2022. Malgré cette carence, le gouvernement du Burundi, par le biais du ministère de l’énergie et des mines,  vient de revoir à la hausse le prix à la pompe des produits pétroliers.

Des procès de fragrance se multiplient dans les tribunaux burundais

Jeudi le 11 mai 2023-COSOME : Ce mercredi 10 mai 2023, le Tribunal de Grande Instance (TGI) de Kayanza a prononcé deux procès jugés dans une audience de fragrance pour deux Rwandais. L’un Habaguhirwa Paul a été accusé de perturbation de l’économie du pays, pour avoir été surpris avec 17 kg de l’huile de palme qu’il acheminait vers son pays d’origine pour les commercialiser. Le TGI lui a puni d’une amande de 200 milles francs burundais.

Un autre, Ndikuriyo Paul a été puni de 2 ans de servitude pénale. Il a été accusé d’extraction illégale des minerais : le Cassitérite.

Au sud du Burundi, une peine variant entre 02 et 05 ans, et d’une amande allant de cinq cent mille à deux millions tel est le verdict prononcé ce mercredi 10 mars 2023 par  le TGI de Rumonge (Sud-ouest) à l’endroit de deux jeunes gens de la zone Kizuka dans la commune et province Rumonge, pour avoir diffusé des images pornographiques sur les réseaux sociaux.

Livirius Nishimwe, qui a plaidé coupable, a été puni de 2 ans de servitude pénale d’une amande de 500 000Fbu et payer aussi 5 000 000 Fbu de dédommagement moral. Ce jeune a été accusé d’avoir diffusé des images pornographique en utilisant un téléphone de Ndikumwenayo Aline. Cette dernière quant à elle a été frappée de 5 ans de servitude pénale, d’une amande de 2 000 000Fbu et de 500 000Fbu de dédommagement morale.

Ce jugement est le 2ième du genre prononcé par ce Tribunal en moins de 24 heures. Le dernier était celui de Julien Niyonsaba qui a été puni en date du 09 mai 2023 de 5 mois de servitude pénale, de 500 000Fbu d’amande et de 1 000 000Fbu de dédommagement moral. S’il ne paye pas cet argent, il sera frappé de 5 ans de servitude pénale et payer aussi cette somme. Le condamné doit aussi payer 4% de un million au trésor public.

Le TGI de Rumonge a prononcé ces jugements en vertu de l’article 42 de la loi n°1/10 du 16 mars 2022 portant prévention et répression de la cybercriminalité au Burundi.

Un homme de 46 ans est locataire du cachot du commissariat provincial de Bururi accusé d’avoir violé un enfant de 3 ans.

Bururi, le 11 mai 2023-COSOME : Depuis ce mercredi 10 mai 2023, un homme de 46 ans de la colline Gikwazo, commune Rutovu de la province Bururi est dans le cachot du commissariat provincial de Bururi. Il est accusé d’avoir violé un enfant de 3 ans. L’administrateur de la commune Rutovu Josette Ndayikeza indique que la victime a été évacuée d’urgence vers l’hôpital de Rutovu.

Au sein de la police, on indique qu’un dossier du présumé auteur de ce crime a déjà été transmis au parquet de Bururi.

L’administrateur de la commune Rutovu ainsi que les défenseurs des droits de l’homme demande que la justice soit faite et que l’auteur soit puni conformément à la loi une fois plaidé coupable.

Un homme tue deux de ses enfants suite aux conflits conjugaux avec sa femme

Kayanza, le 11 mai 2023-COSOME : Cela se passe au cours de la nuit de ce mercredi 10 mai 2023 à la colline Gahororo, commune Gatara de la province Kayanza (Nord du pays). Le nommé Bucumi Fidèle alias Ninja, âgé de 48 ans, avait passé la soirée en querelles avec sa femme. Cette femme de 30 ans était accusée par son mari d’infidélité et qu’elle aurait des enfants qu’elle avait eus avec d’autres hommes. Voyant l’ampleur de la situation, la femme a pris fuite laissant à la maison ses six enfants, selon les sources sur place à Gahororo.

Ainsi, au cours de la nuit, le mari a pris deux de ces six enfants, un garçon de 6 ans et une fille de 4 ans, et les a poignardés, les accusant qu’ils ne sont pas des siens, avant de prendre le large. Les deux enfants sont morts sur le champ.

Cette information est confirmée par les autorités tant administratives que policières à Gatara. La police indique qu’elle est à la recherche de ce criminel.

Des cas d’assassinat à base des conflits fonciers se font sentir en ce moment où la pauvreté bat son plein au Burundi.

Burundi – Justice

Kayanza, Le 24 avrils 2023 (COSOME). Dans un procès de flagrance de ce dimanche 23 avril 2023, deux personnes ont été condamnée, par le Tribunal de Grande Instance de Kayanza, d’une servitude pénale à perpétuité et d’un dommage de 10 millions de Francs Burundais pour avoir tué leur voisin. Les auteurs du crime sont Hatungimana François et sa mère Ndacayisaba Lydia de la colline Kabungo, zone Ngoro de la commune Gatara de l’ancienne province de Kayanza (Nord du pays). La victime,  un cinquantenaire de nom de Siméon Ntirwonza, qui avait un conflit foncier qui l’opposait à ses bourreaux, a été assassinée le matin de ce dimanche, accusé d’avoir ensorcelé les enfants, l’épouse et le bétail de François Hatungimana, qui a plaidé coupable.

Ce motif n’a pas convaincu le ministère public du fait qu’après une fouille-perquisition au domicile de la victime, rien n’a été trouvé, que par contre des gris-gris ont été découverts chez Ndacayisaba Lydia. Cette dernière a accepté qu’elle fût féticheuse depuis 20 ans, mais qu’elle n’ait pas utilisé cela dans ce crime.

Ainsi, le Ministère public a accusé Hatungimana François de meurtre avec préméditation et à sa mère Lydia de croyances superstitieuses et de complicité au meurtre avec préméditation.

En conséquence, le Tribunal de Grande Instance de Kayanza statuant dans ce procès a condamné les deux criminels d’une servitude pénale à perpétuité et d’une amande de 10 millions de francs burundais de dommage à la famille de la victime.

Il y a dix jours, un cas similaire vient de se passer en province de Muramvya (Centre ouest) où le tribunal de grande instance de Muramvya a prononcé dans son procès de flagrance une peine à perpétuité pour deux criminels d’un beau-père.

C’était le vendredi 14 Avril 2023, où, au cours  d’un procès de flagrance, le tribunal de grande instance de Muramvya a fait comparaître trois prévenus à savoir Saul Ndikumana et son épouse accusés de l’assassinat de feu Sylvère Sabiyumva qui était respectivement beau-père de Saul Ndikumana et père de Félicité Munezero. Le troisième  prévenu est Désiré Ngendakuriyo suspecté  dans cette criminalité vue les relations parentales entre lui et ses coaccusés, selon le représentant du ministère public dans ses accusations.

Les principaux auteurs du crime jugés coupables sont notamment Saul Ndikumana qui a avoué le crime  qu’il a commis avec consentement de son épouse Félicité Munezero afin de s’approprier la propriété foncière de leur beau-père Sylvère Sabiyumva. Chose que sa femme a nié alors que le demandeur de dommages et intérêts a signalé des propos plein de chagrin que cette  femme avait fait sortir lorsque son père l’a refusé un terrain à vendre et, trois mois après , voilà que leur beau-père a été assassiné, a-t-il souligné .Le prévenu Saoul Ndikumana de la commune Shombo en province Karusi a fait savoir qu’il avait été en complicité avec un certain Réverien de la commune Gihogazi de  cette même province. Ce dernier est en cavale, selon le ministère public. Quant au prévenu Désiré Ngendakuriyo, le substitut du procureur n’a pas eu des preuves suffisantes pour démontrer sa complicité.

Avant que leur affaire ne soit mise en délibéré, le représentant du  ministère public a proposé la peine de servitude pénale à perpétuité pour les prévenus Saul Ndikumana et son épouse Félicité Munezero au moment où le demandeur de dommages et intérêts pour la famille éprouvée a sollicité 100millions de francs burundais.

Après la mise en délibéré, le Président du siège a prononcé une peine de servitude pénale à perpétuité pour le couple qui avait planifié et assassiné leur parent avec deux millions de francs burundais de dommages et intérêts et, en cas de non-paiement, les biens des prévenus seraient saisis et vendus aux enchères publiques pour dédommager la famille de la victime. C’est au même moment que le président du siège a prononcé l’acquittement de Désiré Ngendakuriyo dont les investigations n’ont pas pu montrer sa culpabilité.

Notons que ce procès était très attendu par le public qui a dit que ça dépasse l’entendement de voir un beau-fils qui trempe dans l’assassinat de son beau-père en complicité avec son épouse.

L’espace de travail de la société civile et des media se rétrécit de plus en plus au Burundi

Le Burundi s’enfonce d’avantage dans l’irrespect des droits et libertés publiques et individuelles

Au cours du premier trimestre de 2023, le Burundi marque encore un pas en arrière sur le plan du respect des droits de l’homme.

La détention des cinq défenseurs des droits de l’homme Sonia Ndikumasabo, Prosper Runyange, Sylvana Inamahoro, Audace Havyarimana et Marie Emerusabe constituent une entorse grave à l’exercice du travail des DDH Burundais. Les charges objets de leurs poursuites sont graves et fallacieuses pour des défenseurs qui ne faisaient que leurs travail.

Collaborer avec une organisation étrangère ayant travaillé au Burundi, qui a décidé de son propre chef de quitter le Burundi pour des raisons réelles et évidentes qu’elle a officiellement annoncé ne pourrait en rien constituer une infraction. Bien plus, le Burundi n’accuse rien à Avocats Sans Frontières qui a rendu de loyaux services au Burundi pendant plus de 20 ans. Une organisation qui s’est battu pour les droits des détenus accusés de participation à de bandes armées, qui sont actuellement au commandes du pays.

Pour Human Right Whatch, « L’arrestation des cinq défenseurs des droits humains et les graves accusations portées à leur encontre témoignent d’une détérioration du contexte dans lequel évolue la société civile indépendante au Burundi … si travailler en partenariat avec des organisations internationales ou recevoir des fonds de leur part sont désormais considérés comme des infractions pénales et une menace pour la sécurité de l’État, le peu d’espace qui restait à la société civile pour travailler au Burundi disparaitra. »[1],https://www.hrw.org/fr/news/2023/03/14/burundi-liberez-cinq-defenseurs-des-droits-humains

La condamnation de la journaliste Floriane Irangabiye de la Radio Igicaniro est également un signe de rétrécissement de l’espace de travail des media et des journalistes. Accusée d’avoir été vu en présence du Président Kagame du Rwanda. Dans son point de presse du 14 février 2023, Human Right Watch demande la libération de cette journaliste condamnée dans un procès politisé qui viole la liberté d’expression.

C’est aussi et surtout un avertissement clair à l’endroit de la centaine de  journalistes en exil. Mettre le pied au Burundi est une infraction et une voie vers la prison.

C’est aussi et surtout un signal au monde que le CNDD-FDD suit et suivra les orientation du défunt Guide Suprême du Patriotisme. La tentative de putsch du 13 mai 2015 est une tâche indélébile que tout auteur, présumé auteur, complice réel ou supposé devra en payer le prix à vie.

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Burundi : ‘’Une société civile asphyxiée et une participation citoyenne mise à l’épreuve’’

L’émergence de la société civile est certainement l’un des faits les plus marquants des trois dernières décennies au Burundi. S’il est vrai que la crise de 1993 a significativement affaibli le développement d’une société civile précoce, il est tout aussi vrai que la dynamique associative a également connu un coup d’accélérateur par le biais de la même crise.

Dans la plupart des cas, en effet, les associations sont nées pour répondre aux défis et aux besoins engendrés par la crise et, surtout, pour faire face aux carences de l’Etat, incapable de remplir ses missions traditionnelles, car affecté par la crise. (…)Société civile asphyxiée

Analyse du contexte burundais

Le Consortium COSOME/SOS-TORTURE-BURUNDI/FOCODE vient de publier deux analyses sur le contexte burundais en ce qui est du fonctionnement des partis politique après les élections de 2020 ainsi que l’état des lieux de la liberté de la presse au Burundi.

Pour plus de détails, lire les deux analyses ici

  1. ANALYSE DU FONCTIONNEMENT DES PARTIS POLITIQUE APRES LES ELECTIONS DE 2020
  2. Analyse du Consortium sur l’état des lieux de la liberté de la presse au Burundi

Les jeunes imbonerakure menacent d’anéantir toute une famille

Tout commence avec l’arrestation d’un leader des jeunes du CNL dans zone Gihosha de la commune urbaine de Ntahangwa en Mairie de Bujumbura. RV a été arrêté, torturé et jeté dans la rivière Ntahangwa.

Bujumbura, le 05 novembre 2021. Alors qu’il se reposait à son domicile sis dans la zone Kanyonsha de la commune urbaine de Muha (Sud de la capitale Bujumbura), A.D.D. frère de sang à R.V. a reçu le 02 novembre 2021 vers 8heures (heure locale) un coup de téléphone dont le numéro est masqué.

Voulant s’enquérir de qui s’agit-il, il a été intimé l’ordre de se présenté chez un OPJ (Officier de Police Judicaire) du poste de Gihosha, sans lui signifier le motif de son interpellation. C’est ainsi qu’il a pris conscience que son cas est en liaison avec le dossier de son grand frère R.V. qui subit de soins médicaux en cachette alors que les jeunes Ilmbonerakure sont toujours à sa poursuite.

Depuis, A.D.D. ainsi que l’épouse de R.V .restent toujours en refuge. La famille est dans le désespoir du fait qu’un autre frère à R.V. et  à A.D.D [K.D] ainsi que leur cousine M.I. restent introuvables. Elle craint pour leur sécurité.

Un militant du parti CNL dans le cran de mire des imbonerakure.

Echappé de justesse, il était supposé quitté la terre n’eut été quelqu’un qui l’enleva du gouffre. Sa femme et son frère ont été obligés de montrer sa cachette, au cas contraire subir le même sort.

 

Bujumbura, le 15 octobre 2021. Au cours de la nuit du 03 au 04 octobre 2021, une personne, R.V., est morte au moment où ni le Tout Puissant, ni la satan, n’était prêt de l’accueillir.

Résident dans la zone Gihosha de la commune urbaine de Ntahangwa (Nord-Est de la capitale économique Bujumbura), RV est membre influent du parti CNL (Conseil National pour la Liberté). Leader des jeunes de ce parti, ces adversaires du CNDD-FDD (Parti au pouvoir depuis 2005 après une décennie au maquis), ne veulent ni l’entendre ni le voir de son vivant.

Sous prétexte de traquer ceux qui avaient fait détoner des grenades au cours de la soirée du 20 septembre 2021 au parking des bus du centre-ville Bujumbura et au marché de Jabe, RV a été arrêté au cours de la soirée du 03 octobre 2021, par des jeunes du parti CNDD-FDD imbonerakure vers 19 heures, heure locale, alors qu’il rentrait chez lui à Gihosha. Ne sachant pas la cause de son arrestation, il a été conduit brutalement au cachot de la zone Gihosha. La même nuit il a été transféré au Service National de Renseignements (SNR) où il a subi une torture mortelle. Inconscient, il a été sorti des cachots du SNR la même nuit et a été conduit sur la rivière Ntahangwa où il a été jeté par ses tortionnaires pensant qu’il est mort.

Très tôt le matin du 04 octobre 2021, il a été reconnu par un cohabitant de son quartier, un vendeur ambulant de chaussures de seconde main, qui s’était levé tôt pour aller s’approvisionner au marché de Jabe. Il a été conduit dans un lieu caché pour y subir des soins médicaux.

Les persécuteurs de R.V. n’ont pas abandonné leur sale besogne. Après avoir appris qu’il est encore vivant, ils ont par ruse sollicité sa femme pour qu’elle puisse leur montrer là où est alité son mari pour le visiter, feintant que c’est leur ami. Mais en vain. La femme a par la suite été menacée de mort si elle ne s’exécutait pas. Pour le moment, elle mène une vie de nomade afin d’échapper à la vigilance des bourreaux de son mari.

Affaire à suivre…..