Un membre du parti CNL arrêté dans la province de Gitega

Gitega, le 20 octobre 2020 (COSOME).  Dieudonné Havyarimana, membre du parti CNL, a été arrêté ce 18 octobre 2020 par des jeunes du parti CNDD-FDD, accusé d’avoir été absent sur sa colline de Rukoba, de la commune et province de Gitega pendant une période de 4 mois, d’où des doutes qu’il appartiendrait aux groupes armés.

Selon ses proches, il a été arrêté alors qu’il prenait un verre dans le voisinage. D’après des membres du CNL, cet homme avait été obligé de quitter son domicile et de chercher un travail dans la capitale économique Bujumbura pour avoir été persécuté pendant la dernière campagne électorale.

La police n’a pas été convaincue par les explications fournies, d’où l’idée de l’arrêter.

Des anciens dignitaires condamnés par la chambre criminelle de la Cour Suprême

Bujumbura, le 20 octobre 2020 (COSOME). La chambre criminelle de la cour suprême de Bujumbura vient de condamner une vingtaine de personnes accusées d’implication dans l’assassinat de l’ancien président Melchior Ndadaye. Les accusés sont répartis en deux groupes, selon la cour suprême de Bujumbura.

Le premier groupe est composé de 19 personnes qui sont accusées de l’attentat contre le chef de l’Eat, Melchior Ndadaye, l’attentat contre l’autorité de l’Etat et l’attentat tendant à porter massacres et dévastation. Ils sont condamnés à une peine de prison à perpétuité et au paiement d’une amende de 102 milliards de nos francs.

Parmi ces personnes, l’on cite notamment l’ancien président Pierre Buyoya, l’ancien vice-président Alphonse Marie Kadege, l’ancien ministre et ancien président du parti Uprona, Luc Rukingama, ainsi que d’autres dignitaires de l’administration et des forces de l’ordre, qui étaient aux affaires lors de l’assassinat de Melchior Ndadaye, le 21 octobre 1993.

Le deuxième groupe est composé de trois personnes qui sont poursuivies pour complicité des infractions ci-haut mentionnées. Elles ont été condamnées à 20 ans de prison. Il s’agit de Bernard Busokoza, ancien premier vice-président, le colonel Alphonse Mushwabure et le général Vincent Niyungeko, ancien ministre de la défense nationale. La cour suprême n’a retenu aucune charge contre l’ancien premier ministre Antoine Nduwayo.

Un effectif inquiétant des corps sans vie en moins d’un mois

Cibitoke, le 20 octobre 2020 (COSOME). Des sources sur place indiquent qu’au moins 16 cadavres ont été aperçus dans la rivière Rusizi, séparant le Burundi de la RDC ou sur ses bords depuis la première semaine de ce mois d’octobre. Ils ont été retrouvés dans la province de Cibitoke, au Nord-ouest du Burundi. Des habitants de cette entité administrative disent être terrifiés et demandent une enquête indépendante. Le gouverneur de Cibitoke, Carême Bizoza, déclare que les victimes n’ont pas été identifiées, mais rassure que la police a ouvert des enquêtes pour tirer au clair cette situation. Des habitants de cette contrée indiquent que  les corps sans vie  ont été aperçus aux pieds des collines de Rusiga et de Kaburantwa, dans la zone de Cibitoke, de la commune de Rugombo, respectivement sur les transversales VI, IX et X, ainsi qu’au pied de celle de Ndava, en zone de Ndava sur les transversales IV, V et VI dans la commune de Buganda.

Les récentes découvertes macabres remontent à samedi le 17 octobre 2020. Six corps (tous des hommes) en décomposition ont été repêchés dans la Rusizi, au niveau de la colline de Ndava. Ils flottaient sur la rivière, selon des témoins oculaires. Des habitants sur place indiquent que c’est devenu une routine car chaque fois qu’ils surveillent, ils y trouvent de nouveaux corps. Et d’ajouter que ce qui s’est passé samedi dernier ne s’était jamais produit avant. Six corps ont été charriés par la rivière en même temps. Comme d’habitude, les autorités administratives et policières ont intimé l’ordre de les enterrer immédiatement. Depuis le début du mois, ils ont  déjà compté au moins 16 cadavres.

Selon une source policière sous couvert d’anonymat, le nombre de cadavres serait de loin supérieur à celui rapporté par des riverains. Et selon elle, en patrouilles dans la vallée, ils aperçoivent souvent des corps au bord de la rivière. Et manu militari, ils reçoivent de  l’ordre de les pousser dans l’eau pour qu’ils soient hors de vue. Des habitants de Rugombo et de Buganda disent vivre dans la peur panique et demandent une enquête indépendante. Ils ajoutent être « surpris par le silence des autorités provinciales ». Le gouverneur de province de Cibitoke confirme avoir entendu que des découvertes macabres ont récemment eu lieu.

Carême Bizoza rassure que les victimes ne sont pas originaires de sa province, encore moins des Burundais. Et d’ajouter, « On donne l’ordre de les enterrer car des corps en décomposition peuvent contaminer les habitants proches de la rivière ».

Une surpopulation carcérale qui inquiète

Rumonge, le 19 octobre 2020 (COSOME).  Le cachot du commissariat provincial de la police de Rumonge héberge plus de 90 personnes alors que sa capacité d’accueil est de 30 seulement.

Selon nos sources sur places, le cachot ne dispose pas de sanitaires ni de l’électricité, d’où elles qualifient de ‘’détention inhumaine’’. Les locataires de ce cachot sont des ressortissants des communes de Bugarama, de Buyengero, de Burambi, de Muhuta et de Rumonge.

D’après les mêmes sources, ils sont tellement nombreux qu’il est presque impossible de pouvoir s’assoir. La plupart sont des militants du CNL qui ont été arrêtés dans les différentes communes de la province de Rumonge. L’opinion se souvient des mêmes conditions de détentions des agents du FNL en 2008 au chef-lieu de la province Mwaro où plus de 50 personnes avaient passé plus de trois semaines dans un demi-container.

La même source indique que les détenus peuvent passer un mois ou deux sans se présenter devant le juge de confirmation alors que selon le code pénal burundais, un détenu ne dépasse pas deux semaines dans un cachot de la police.

Les proches des détenus demandent au parquet d’accélérer les procédures afin que les dossiers soient clôturés.

La commission d’enquête des nations Unies fustigée par le Président de l’Assemblée Nationale burundaise

Rumonge, le 17 octobre 2020 (COSOME). Ce vendredi 16 octobre 2020, la  CVR (Commission Vérité et Réconciliation) était dans la province de Rumonge (Sud-ouest du Burundi) où elle a présenté les résultats de six semaines d’exhumation des restes des personnes tuées en 1972. Le président de l’Assemblée Nationale, Daniel Gélase Ndabirabe, avait tenu à être présent lors de ces travaux.

En définitive, 1221 ossements ont été exhumés dans la seule commune de Rumonge et la commission dirigée par Pierre-Claver Ndayicariye compte chercher des ossements dans d’autres communes de cette province. A cette occasion, le président de l’assemblée nationale a pris la parole où il a critiqué les travaux de la commission d’enquêtes des Nations unies.

Pour lui, « Il y a quelqu’un qui s’est rendu très populaire,…il s’appelle Doudou Diène, il ne cesse de répéter que les droits humains ne sont pas respectés au Burundi… voilà des ossements là-bas, pourquoi il n’est jamais venu demander de quoi il s’agit ? Cela signifie que ce qu’il raconte n’a rien à voir avec les droits de l’homme. S’il s’agissait de droits humains, il se serait déjà présenté car ça fait longtemps que la commission travaille et montre des restes humains. Je ne les ai jamais vus écrire que la tragédie s’est aussi abattue sur le Burundi. Qu’ils nous confirment seulement qu’ils font la politique, le respect des droits humains, on va s’en charger au Burundi », … « L’ONU a échoué, ils n’ont rien à nous apprendre ».

L’on sent que le président de l’assemblée nationale critiquait fort la commission Doudou Diène, d’où l’on peut affirmer, sans risques de se tromper, qu’il a mal accueilli le prolongement de son mandat d’une année encore. Les autorités burundaises ne comprennent pas pourquoi elle sort toujours des rapports alors que ladite commission n’a pas le droit de mettre les pieds au Burundi. C’est ce qui pousse le représentant du Burundi auprès de Genève, Rénovat Tabu, à les qualifier de fantaisistes.

La CVR compte continuer le travail dans la commune de Vugizo, de la province de Makamba.

La gestion de l’Eglise Libre méthodiste devenue problématique

Bujumbura, le 17 octobre 2020 (COSOME). Au cours de la matinée de ce samedi 17 octobre 2020 vers 6 heures, alors que les fidèles de l’église méthodiste libre s’apprêtaient à prier, cinq véhicules pickup à bord desquels se trouvaient plus d’une vingtaine de policiers armés ont fait irruption. Ils ont empêché la tenue de la prière matinale au siège de cette église sise au quartier Kiriri, en zone Rohero, commune Urbaine de Mukaza.

Selon des informations sur place, les policiers ont reçu des instructions de rétablir l’ordre entre deux parties en conflit, pilotées respectivement par les prénommés Lamec et Joseph. Les éléments de la police étaient présents au siège de l’église libre méthodiste depuis 6h du matin et ils ont empêché les fidèles de toutes tendances de se rassembler à cet endroit. Ils ont été obligés de rebrousser chemin et de rentrer chez eux.

L’on se rappelle que l’actuel ministre de l’intérieur, de la sécurité publique et du développement communautaire, Gervais Ndirakobuca, pour résoudre les dissensions entre les partisans des pasteurs Lamec et Joseph, avait ordonné la mise en place d’une administration intérimaire de 10 mois, une ordonnance qui avait rencontré le désapprobation des fidèles du pasteur Lamec qui ont fait recours au président de la République, Evariste Ndayishimiye.

Publication du bulletin n°012

Les organisations de la société civile burundaise, membres du consortium pour le monitoring des violations des droits de l’homme pendant la période électorale, déplorent l’intolérance politique marquée par des tueries, des enlèvements, des tortures et des arrestations arbitraires.

Ces organisations regrettent en outre les attaques ciblées contre des membres du parti CNL.

Pour plus de détails, Téléchargez le bulletin ici….Bulletin n°012_VF

Le représentant du CNL en commune Mutaho de nouveau terrorisé

Gitega, le 13 octobre 2020 (COSOME). Des informations sur place indiquent que Denis Ndacayisaba le représentant du parti CNL, dans la commune de Mutaho, province de Gitega, est en clandestinité depuis deux semaines. Des policiers seraient venus à son domicile pour l’arrêter mais par chance, il n’était pas à la maison.

Des menaces de mort auraient pesé sur lui de la part des jeunes du parti CNDD-FDD, comme le confirment les membres de sa famille politique. Il semble même que ses mouvements étaient surveillés à la minute.

Ce militant du CNL qui est en même temps enseignant à l’école islamique de Mutaho serait victime de son appartenance à cette formation politique de l’opposition car il n’a jamais fait l’objet de convocation des autorités judiciaires. Les mêmes informations évoquent des entrainements paramilitaires des jeunes du parti au pouvoir qui intimident les membres de l’opposition et les rescapés de 1993 de cette commune.

Les autorités administratives à la base ne démentent ni ne confirment l’information. L’administrateur de la commune Mutaho, Melchiade Nihorimbere, affiche une attitude brève et significative de tout simplement se taire.

Ce n’est pas la première fois que Denis Ndacayisaba est menacé dans sa circonscription communale de Mutaho. Lors de la dernière triple campagne électorale de mai, voire un peu avant, il avait souvent des difficultés avec des éléments de la police et des jeunes du parti CNDD-FDD, ce qui l’empêchait de mener une campagne convenablement.

La détention de Fabien Banciryanino critiquée par des défenseurs des droits de l’homme.

Addis Abeba, le 13 octobre 2020 (COSOME). L’ONG internationale de défense des droits de l’homme « Human Rights Watch » estime que la détention de l’ancien député Fabien Banciryanino est abusive. Ceci ressort d’une déclaration qui a été rendue publique ce 12 octobre 2020 qui trouve que cette arrestation et détention remettent en cause les espoirs de « réforme » au Burundi.

Selon HRW, l’ancien député élu indépendant dans la circonscription de Bubanza est détenu dans la prison centrale de Bujumbura depuis le 8 octobre dernier et accusé de « rébellion, dénonciations calomnieuses et atteinte à la sécurité de l’Etat » par le parquet de Ntahangwa. Son avocat évoque un manque d’éléments à sa charge.

Pour le directeur Afrique centrale à HRW, Lewis Mudge, « l’arrestation de Fabien Banciryanino montre de manière saisissante le prix à payer lorsque l’on dénonce les abus dans ce pays. Il est évident qu’une surveillance internationale est plus que jamais nécessaire ». Une opinion pense qu’une telle attitude pourrait avoir des conséquences néfastes sur le comportement d’autres députés dans le futur alors que normalement, tout élu est indépendant et ne peut pas être poursuivi pour ses opinions pendant son mandat et après avoir exercé.

Assassinat dans la commune de Burambi

Rumonge, le 13 octobre 2020 (COSOME). au cours de la nuit du 11 octobre 2020, Ezéchiel Nduwimana, âgé de 32 ans et originaire de la zone et commune Burambi, province de Rumonge, a été tué par un groupe d’homme armés, dans cette même commune.

Les informations sur place indiquent qu’il a été enlevé par des hommes qui lui ont tendu une embuscade dans la localité de Murara, zone de Rusabagi, de la même commune de Burambi. Les mobiles et les auteurs de ce crime ne sont pas encore élucidés, raison pour laquelle la police a ouvert des enquêtes.