Publication du bulletin N°005

Au cours de la période couverte par le présent bulletin (du 1er au 15 juin 2020), les organisations de la société civile burundaise membres du consortium pour le monitoring des violations des droits de l’homme pendant la période électorale ont enregistré au moins 3 membres de partis politiques tués dont 2 du parti CNL et 1 du parti CNDD-FDD, 5 membres du parti CNL enlevés, 3 personnes torturées dont 1 femme et 1 homme membres du parti CNL ainsi qu’1 membre de la Coalition « Kira Burundi » et 22 personnes arrêtées arbitrairement dont 18 membres du parti CNL et 4 membres de la milice Imbonerakure.

Pour plus de détails, Télécharger le bulletin ici …BULLETIN N°005

Détention des élus locaux en commune urbaine de Ntahangwa

Mairie de Bujumbura, le 19 juin 2020 (COSOME). En mairie de Bujumbura, dans la zone Buterere de la commune urbaine de Ntahangwa, trois chefs de quartier ont été arrêtés le 17 juin 2020, accusés de détention illégale d’armes. En effet, des policiers et des Imbonerakure ont fait irruption dans le ménage de Daniel Butoyi, chef de quartier 2 A, pour une fouille-perquisition. Un jeune Imbonerakure qui faisait partie de l’équipe qui fouillait a montré une grenade qu’il venait de trouver à cet endroit et Butoyi a été acheminé au cachot de la zone.

Par après, la même équipe de policiers et d’Imbonerakure se sont rendus chez Hamadi Masumbuko, chef de quartier 2 B, et la fouille-perquisition, à deux reprises, n’a rien donné. C’est ainsi qu’ils ont « visité » un certain Jean de Dieu Nduwimana, lui aussi chef de quartier 2 C et ils y ont trouvé, selon leurs dires, trois chargeurs de fusils.

C’est à ce moment que Hamadi Masumbuko a appris qu’une poupée trouvée chez lui contenait 4 grenades et les trois hommes ont été incarcérés dans le cachot de la zone. Hier vers 18 heures, ils ont été transférés au Bureau Spécial de Recherche (BSR).

Leurs familles parlent de montage grossier car, selon des informations sur place, ceux qui sont derrière ces tracasseries font partie de ceux qui convoitent ce poste et les accusent d’appartenir au parti CNL, d’où les familles demandent de libérer les leurs sans conditions.

Désordre au sein du ministère de l’éducation : Incroyable mais vrai !

Bujumbura, le 17 juin 2020 (COSOME). Un communiqué émanant de la direction provinciale de l’éducation, de la formation technique et professionnelle (DPEFTP) en mairie de Bujumbura vient de suspendre une ordonnance de son ministre.

Au cours de l’avant-midi  de ce mardi 16 juin 2020, le responsable scolaire en mairie de Bujumbura a publié un communiqué dûment signé qui a été relayé par les autorités scolaires au niveau communal, invitant les directeurs et les enseignants à reporter les examens.

Selon les explications fournies par le directeur provincial de l’éducation en mairie de Bujumbura, les cérémonies d’investiture du général-major Evariste Ndayishimiye en remplacement de feu Pierre Nkurunziza, verraient la participation des majorettes. Or, celles-ci, au nombre de 300, avaient été choisies uniquement dans plus de 160 écoles de la mairie de Bujumbura.

Selon le DPEFTP en mairie de Bujumbura, ces jeunes filles se trouvaient en pleins examens et devaient les passer dans toute équité. Sa mesure de réviser le calendrier scolaire préalablement établi par le ministre de tutelle depuis la rentrée scolaire du mois de septembre 2019 est dictée par cet esprit de garantir les mêmes conditions aux élèves lors de la passation des examens de fin d’année.

Pour lui, les examens prévus les jeudi 18 juin et vendredi 19 juin devraient être effectués les samedi 20 juin et lundi 22 juin 2020. Ainsi, ils allaient s’adapter jusqu’à reporter la date de la proclamation, non pas au 02 juillet comme il était prévu sur le calendrier mais plutôt au 07 juillet 2020. Le même communiqué précisait que le calendrier des examens de repêchage et la date de la 2ème proclamation allaient être  annoncés aux responsables scolaires de la circonscription de la mairie.

Ses modifications ont été communiquées aux élèves de toute la capitale Bujumbura depuis le matin du 16 juin 2020 et ils sont rentrés chez eux en s’étant convenus qu’ils retourneront à l’école le samedi pour passer les examens qui étaient prévus le jeudi ou le vendredi, selon le niveau de scolarité.

A la surprise des responsables scolaires de la mairie, le porte-parole du ministère de l’éducation, de la formation technique et professionnelle, Juma Edouard, a tardivement réagi, en mettant en cause ledit communiqué de la mairie et en appelant les responsables de l’éducation à organiser les examens en se conformant au calendrier scolaire et a rappelé que la date de proclamation restait maintenue au 2 juillet 2020.

Mais il faut remarquer que la communication du DPEFTP était déjà relayée depuis le matin et que la réaction du ministre venue tardivement lors du bulletin d’informations de midi 30 minutes sur les ondes de Rema Fm, n’a eu pas d’audience car, son porte-parole a attaqué dans un vide puisque les enfants et les enseignants étaient déjà rentrés.

Dans ce cas, le DPEFTP en mairie de Bujumbura a dérogé une mesure de son ministre qui le rendra plus populaire surtout que tous les moyens sont bons pour se positionner politiquement en cette période de fin de mandat du ministre en charge de l’éducation.

Lire les communiqués, ici….Les communiqués du DPEFTP_Mairie

La Cour Constitutionnelle lève toute équivoque et tranche

Bujumbura, le 12 juin 2020 (COSOME). Aussitôt saisie par le collège gouvernemental en date du 11 juin 2020 pour constater la vacance de poste du président de la République, la Cour Constitutionnelle n’a pas tardé à donner son avis. Elle a fait le constat tel que demandé par le collège gouvernemental et que dans pareille circonstance, l’article 121 alinéa 2 de la Constitution de juin 2018 stipule que l’intérim est assuré par le président de l’assemblée nationale, et s’il est empêché,  par le vice-président de la République et le gouvernement, agissant collégialement.

Cette juridiction a constaté en outre que le décès de Pierre Nkurunziza est survenu juste après les élections présidentielles qui ont mis en place un président élu qui n’attend que la prestation du serment pour occuper ces fonctions. Pour cette raison, a tranché la Cour Constitutionnelle, l’intérim n’est pas nécessaire, mais il faut procéder le plus tôt possible à la prestation de serment du président élu, le général major Evariste Ndayishimiye.

Cette décision met fin au débat entre le CNDD-FDD et le CNL où le premier voulait qu’il soit procédé à la prestation de serment du président élu et le deuxième souhaitant un intérim assuré par le président de l’assemblée nationale pour organiser d’autres élections, arguant que le général major n’avait pas encore prêté serment. Cette lecture  différente tient également du fait que le pays est géré par deux constitutions qui semblent être en vigueur toutes.

Voir l’Arrêté de la Cour Constitutionnelle ici…Arrêt de la Cour Constitutionnelle du 12 juin 2020

Polémique à propos de la succession de feu Prédisent Nkurunziza

Bujumbura, le 11 juin 2020 (COSOME). Suite à l’annonce de la mort inopinée du président Pierre Nkurunziza le 8 juin 2020, des réactions se poursuivent de tous les sens. En ce qui concerne le gouvernement, le premier conseil extraordinaire des ministres s’est réuni le 11 juin 2020 sous la présidence  du premier vice-président de la République, Gaston Sindimwo.  L’objectif était d’analyser comment le pays doit être dirigé après la mort du président Pierre Nkurunziza. Un deuil de 7 jours a été fixé à partir du 9 juin 2020 et la Cour Constitutionnelle a été ainsi saisi pour constater la vacance du poste de Président de la République et se prononcer sur les modalités de son pourvoi.

Après la mort du président Pierre Nkurunziza, le pays a semblé plonger dans des polémiques entre les différents acteurs politiques qui n’avaient pas la même lecture sur la procédure de succession du président défunt. Et ces controverses se sont observé entre les deux partis politiques le CNDD-FDD et le CNL.

Pour le premier, c’est sans équivoque le général Evariste Ndayishimiye, président élu en mai dernier, qui devrait prendre la commande des affaires du pays. L’on envisageait même d’accélérer le calendrier afin d’investir plus rapidement le nouveau président. Le parti présidentiel a été conforté par la position de l’ancien président Sylvestre Ntibantunganya qui trouve que le délai de deux mois et demi- jusqu’au 20 août est trop long d’autant plus qu’il y a un chef d’Etat qui est déjà élu.

Le principal parti d’opposition ne le voyait pas comme cela car il estime que le président de l’assemblée nationale doit assurer l’intérim à la tête de l’Etat avec pour mission d’organiser de nouvelles élections comme le stipule la Constitution de juin 2018. Le porte-parole de cette formation politique, Aimé Magera, a estimé de son côté que la mort du Président Pierre Nkurunziza avait changé toute la donne et que le pays doit être dirigé par le président de l’assemblée nationale.

Selon Magera, le président de l’assemblée nationale, Pascal Nyabenda, a une période d’un à trois mois pour organiser de nouvelles élections en guise du respect à la constitution. A propos d’Evariste Ndayishimiye, Aimé Magera trouve qu’il n’est pas président car il n’a pas encore prêté serment.

Un directeur d’un Lycée limogé, non par incompétence mais suite à son appartenance politique

Ngozi, le 10 juin 2020 (COSOME). Sébastien Kavakure, directeur du lycée Pape Paul VI de Kiremba jusqu’à la veille des élections du 20 mai 2020 ne l’est plus.  Représentant communal du parti CNL  a été accusé par son chef hiérarchique de participer plus dans la campagne électorale qu’au service.

Kavakure étant candidat député en province de Ngozi,  et en même temps candidat au conseil communal de Kiremba pour le compte du CNL, il s’organisait à dispenser des cours en réajustant l’horaire de façon que les élèves continuent à avoir son cours.

Gratien Arakaza, directeur à Direction Communale de l’Enseignement, de la Formation Technique et Professionnelle (DCEFTP) de Kiremba, a échoué de faire arrêter Sébastien Kavakure à l’école, faisant des recours chez l’église catholique (Le Lycée Kiremba nord était sous convention catholique) et chez le DPEFTP pour lui faire licencier, sans succès. Arakaza Gratien a ainsi user de l’administration et un rapport, qui a été envoyé au ministère de tutelle, a été favorable pour limoger le directeur Sébastien Kavakure du lycée Pape Paul VI de Kiremba.

Burundi-Elections : L’organisation d’un triple scrutin a été émaillée de beaucoup d’irrégularités.

Les organisations de la société civile burundaise membres du consortium pour le monitoring des violations des droits de l’homme pendant la période électorale viennent de publier leur 4ème bulletin qui couvre la période du 16 – 31 mai 2020. Il a été en effet constaté que l’organisation d’un triple scrutin : présidentiel, législatif et communal le 20 mai 2020 a été émaillée de beaucoup d’irrégularités qui ont porté préjudice au résultat du scrutin tel qu’il a été proclamé par la CENI et contesté par le principal opposant. Pour plus de détails, Télécharger le bulletin ici…BULLETIN N°004

La CECAB prend acte de l’élection du Général Major Evariste Ndayishimiye à la magistrature suprême

Bujumbura, le 06 juin 2020 (COSOME). La conférence des évêques catholiques du Burundi, CECAB en sigle, à travers une correspondance du 05 juin 2020, a écrit que les évêques catholiques du Burundi, réunis en assemblée plénière ordinaire de leur conférence, ont appris la nouvelle de la confirmation de l’élection du général major Evariste Ndayishimiye à la magistrature suprême de notre pays et en prennent acte.

Ils se sont réjouis avec les électeurs pour la confiance mise en lui et ont saisi cette occasion pour l’en féliciter. Ils lui ont souhaité d’être le président de tous et lui ont assuré de leur prière pour l’accomplissement et la réussite de sa noble mission.

Six membres du CNL condamnée à une année de prison ferme

Bujumbura, le 06 juin 2020 (COSOME). En dates des 3 et 4 mai, 18 personnes membres du parti CNL ont été arrêtées sur la colline Mena de la commune Kabezi, dans la province de Bujumbura, dit rural. Ils étaient accusés de 6 infractions à savoir « Coups et blessures, association de malfaiteurs, détention illégale d’armes, enlèvement, extorsion et tentative d’assassinat contre une personne » qui est membre du Cndd-Fdd. Référence à l’article publié le 17 mai.

Ainsi, douze d’entre eux ont été acquittés et 6 autres condamnés pour une prison ferme d’une année, en plus d’une amende de 350.000 Fbu de dommages et intérêts. Après le procès, le juge a retenu une seule infraction contre les condamnés à savoir celle des coups et blessures. Les responsables du CNL dénoncent un emprisonnement lié à l’appartenance politique.

A Muyinga, l’on soupçonne des gens de l’opposition tués ailleurs

Muyinga,  le 02 juin 2020 (COSOME). Trois corps en décomposition ont été découverts ce lundi 1er juin 2020 dans la commune et province de Muyinga, plus précisément sur la colline Bunywana. Selon des informations sur place, les victimes n’ont pas été identifiées et les informations recueillies sur place soupçonnent que ce sont des gens de l’opposition tués ailleurs et jetés dans un boisement.

Ils en veulent pour preuve qu’aucune famille des environs n’ait déclaré une perte de ses membres. Et puis, certains de ces corps sont démembrés et l’on estime également qu’ils ont été tués depuis plusieurs jours car, autour des cadavres, se trouvait également du sang coagulé et noirci.

Les autorités locales ont décidé de faire inhumer ces corps de peur qu’ils ne soient à l’origine d’autres maladies. Mais cette décision a choqué les défenseurs des droits de l’homme qui ont regretté que ces personnes sont enterrées sans être identifiées et qu’aucune enquête n’est prévue.