Les acteurs politiques évaluent la mise en œuvre de la feuille de route vers les élections de 2015

Bujumbura, le 27 novembre 2013(COSOME)- Les acteurs politiques nationaux se sont retrouvés, mercredi, dans un atelier d’évaluation de l’état de la mise en application de la feuille de route dont ils se sont convenus au mois de mars dernier en vue de la préparation et la tenue d’élections « libres, transparentes, équitables, apaisées, inclusives et démocratiques » en 2015. Les travaux de l’atelier de trois jours ont été lancés par le Premier Vice-Président de la république du Burundi, Bernard BUSOKOZA, en présence du représentant spécial du secrétaire général des Nations unies, Parfait Onyanga Onanga. Ci-après, l’intégralité du discours du premier vice-président de la république du Burundi, en charge des questions politiques, administratives et sécuritaires, Bernard Busokoza :

1. A l’occasion de l’ouverture officielle du Séminaire-Atelier sur l’évaluation de mise en œuvre de la feuille de route vers 2015, je voudrais, dans un premier temps, au nom du Gouvernement et en mon nom propre, m’acquitter d’un agréable devoir, celui de me joindre aux précédents orateurs, pour souhaiter à vous tous présents, la bienvenue dans ces travaux. Votre présence est une marque de confiance que vous témoignez au peuple Burundais et le Gouvernement qui vous a conviés à ces assises vous en remercie vivement.

2. Je tiens à exprimer particulièrement ma gratitude au Représentant Spécial du Secrétaire des Nations au Burundi ainsi qu’aux Chefs de Missions Diplomatiques et Consulaires pour le soutien qu’ils ne cessent de manifester à l’endroit du peuple burundais.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

3. Du 11 au 13 mars 2013, nous avons tenu, il vous souviendra, un atelier sur le processus électoral pour tirer des leçons du dernier scrutin de 2010. A l’issue de l’atelier, il a été convenu de veiller à la mise en œuvre des recommandations coulées sous la forme d’une feuille de route de 42 points. Il avait été aussi demandé au Gouvernement « d’organiser des ateliers de suivi et d’élaborer un chronogramme pour la mise en œuvre des recommandations en étroite collaboration avec les institutions nationales compétentes, les partis et acteurs politiques burundais, les Nations Unies ainsi que les partenaires internationaux ».

4. Chose promise chose due. Le rendez-vous d’aujourd’hui se veut être une réponse du Gouvernement à la requête de ses partenaires. Bien plus, il est question de perpétuer un des acquis du peuple burundais lorsqu’à Arusha, ses représentants ont inscrit en lettres d’or, les nobles principes du dialogue et de la concertation, pour une solution consensuelle aux différents défis que l’histoire ne cessera d’opposer à sa marche vers la paix durable.

5. L’organisation de ce séminaire-atelier s’inscrit donc dans la droite ligne de la révision périodique du cadre légal des élections, ainsi que dans le cadre de la mise en application des éléments de la feuille de route issue de l’atelier du 11 au 13 mars 2013, organisé à Bujumbura par le Gouvernement du Burundi en collaboration avec le Bureau des Nations Unies au Burundi (BNUB).

6. Dans le même contexte et dans le cadre du suivi des recommandations issues de l’atelier ci-haut évoqué, le Gouvernement à organisé un Séminaire-Atelier à Kayanza, du 22 au 24 mai 2013, sur les propositions d’amendements du Code électoral de 2009 à l’intention des Présidents des Partis Politiques, des acteurs politiques et d’autres partenaires au processus électoral. Un autre Séminaire a été organisé du 5 au 6 novembre 2013 sur l’environnement propice aux élections de 2015 ici même au Royal Palace, à l’intention des mêmes bénéficiaires.

7. Aujourd’hui donc, nous nous retrouvons pour évaluer la mise en œuvre de la feuille de route vers 2015 convenue en mars 2013. Ainsi que convenu lors du dernier atelier du 5 au 6 novembre 2013, nous sommes ici pour nous acquitter du meilleur rôle du bon médecin : prévenir, pour éviter d’être obligé de guérir. Au stade actuel, il vous est demandé au cours de ce séminaire-atelier, de donner vos contributions pour qu’en 2015, nous puissions aboutir à de véritables élections transparentes, libres, apaisées et inclusives au sens de l’article 87 de notre Constitution.

Excellences, Distingués Invités Mesdames et Messieurs,

8. La raison de votre présence ici est ainsi de réfléchir sur les conditions d’exercice par le peuple, de sa souveraineté en ce qui concerne la désignation de ses représentants à la Présidence de la République, à l’Assemblée Nationale, au Sénat, aux Conseils Communaux et Collinaires et/ou de Quartier.

9. Il vous est concrètement demandé, au cours de ce séminaire-atelier, de répondre à un certain nombre de préoccupations du processus électoral : • Quel chemin parcouru de mars 2013 à ce jour ? • Quels défis, menaces et opportunités en vue de renforcer la culture démocratique au Burundi ?
10. Vous aurez aussi à évaluer la mise en œuvre de la Feuille de route, analyser le cadre légal des élections, l’environnement propice aux élections, la gestion et la conduite des élections ainsi que le mécanisme de suivi de mise en œuvre des recommandations formulées.

Excellences, Distingués Invités, Mesdames et Messieurs,
11. Au risque de nous répéter, étant entendu que la répétition est la mère du savoir, lui-même moteur de l’agir, nous voudrions revenir sur un certain nombre de principes. Il est impérieux que les prochaines élections soient des élections réellement libres et apaisées. J’en appelle au patriotisme et à la fierté des partenaires politiques burundais. Nous sommes internationalement appréciés pour avoir réussi avec brio notre processus de paix, pour avoir, à partir des cendres, construit une nouvelle force de défense et de sécurité qui accomplit des merveilles dans le maintien de la paix en Afrique et dans le monde. Nous devons, je vous en conjure, confirmer notre leadership par la réussite de l’échéance électorale de 2015. Il suffit de le vouloir, car nous le pouvons.

12. Est-il besoin de le rappeler ? Aux termes de l’article 7 de notre Constitution, la souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce, soit directement par voie du référendum, soit indirectement par ses représentants. Dans le cas d’espèce, la consultation du peuple, par élection ou référendum constitue la manifestation fondamentale de l’exercice de cette souveraineté.

13. Nous voulons ainsi que les prochaines élections ramènent le jeu politique à l’essentiel, à son fondement initial : mettre le pouvoir entre les mains du peuple souverain. A cet effet, il importe de créer un environnement convivial entre tous les acteurs de la compétition électorale, des maintenant et aussi bien avant que pendant et après les élections.

14. Aujourd’hui, à une année et demie des élections, plus tôt que lors des précédentes échéances électorales, les acteurs politiques ont déjà les yeux braqués sur l’année 2015. On perçoit déjà les prémices d’une campagne électorale qui ne dit pas son nom. Au nom du Gouvernement et en mon nom propre, j’en appelle à la responsabilité de tout un chacun. Nous ne pouvons pas entrer dans une campagne avant le coup d’envoi émanant de l’autorité habilitée et conformément à la loi électorale ? J’en appelle aussi au rejet de l’intolérance et de l’instrumentalisation des militants des partis, la jeunesse en particulier.

Excellences, Distingués Invités, Mesdames et Messieurs,

15. A l’ouverture de l’Atelier sur l’Environnement propice aux élections de 2015, le 05 Novembre 2013 et dans cette même salle, j’avais interpellé les Présidents des partis politiques en les invitant à plus de responsabilité, à faire preuve de discernement et de fair-play dans leurs actes et dans leur discours. Sans être trop pessimiste, ni sévère dans mon jugement, il est apparu sans tarder que certains d’entre eux n’ont pas intériorisé le message. En effet, au cours de leurs descentes sur terrain dans les week-ends qui ont suivi, descentes médiatisées à grands renforts de publicité, certains présidents de partis politiques ont fait preuve d’intolérance verbale caractérisée à l’endroit de leurs adversaires politiques et/ou du Gouvernement. Aux uns et aux autres, le Gouvernement leur adresse un rappel à l’ordre. Le leadership que vous devez incarner vous impose plus de tolérance pour vous préparer à une compétition saine, loyale et apaisée.

16. C’est le moment de rappeler ici qu’aux termes de l’article 78 de notre Constitution, les partis politiques « ne peuvent prôner la violence, l’exclusion et la haine sous toutes leurs formes, notamment celles basées sur l’appartenance ethnique, régionale, religieuse ou de genre ». L’article 79 renchérit : « les partis politiques et les coalitions de partis politiques doivent promouvoir la libre expression du suffrage et participent à la vie politique par des moyens pacifiques ».

Excellences, Distingués Invités, Mesdames et Messieurs,
17. Des quatre coins de la République, le peuple a les yeux braqués sur vous. Le travail auquel vous avez été conviés ici suscite beaucoup d’espoir. Que demain sera mieux qu’hier. Nul n’est donc besoin de vous dire que votre travail doit être à la hauteur des profondes attentes du peuple burundais. A cet effet, le Gouvernement vous exhorte tous à tout mettre en œuvre pour que le présent atelier se déroule dans un climat de franchise, de cordialité, de sérénité et de confiance mutuelle.

18. Pour sa part, le Gouvernement reste ouvert à toute proposition constructive en ce qui est de la préparation du cadre légal et institutionnel des élections et pour la création d’un environnement national favorable à des élections apaisées, libres, transparentes et démocratiques. D’où s’engage-t-il à poursuivre le dialogue entre toutes les parties prenantes du processus électoral dans toutes ses dimensions.

19. Concernant le Projet de Loi portant Révision de certaines dispositions de la Loi N° 1/010 du 18 Mars 2005 portant Promulgation de la Constitution de la République du Burundi, le Gouvernement mettra en place des mécanismes de dialogue et de concertation, de façon à ce que tous les partenaires politiques donnent leur contribution à ce texte fondamental avant son adoption par le Parlement.

20. Je m’en voudrais de terminer mon propos sans remercier les organisateurs de ce Séminaire. Une mention particulière va à l’endroit du Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies et aux autres partenaires internationaux qui nous ont aidés à financer cette activité qui s’inscrit dans la consolidation de la paix et de la démocratie au Burundi. Je remercie également tous les participants qui ont bien voulu répondre à l’invitation pour venir donner leur contribution à l’évaluation de la mise en œuvre de la feuille de route vers les élections de l’année 2015.

21. En terminant, je souhaite pleins succès au présent séminaire-atelier. Et c’est sur ces mots de remerciements et sur ces vœux que je déclare ouverts les travaux du Séminaire-atelier d’évaluation de la mise en œuvre de la feuille de route vers 2015.

Vive la République du Burundi,

Vive la Coopération Internationale,

Vivent les Consultation apaisées, libres et Démocratiques.

Je vous remercie.

Au moins quatre blessées dans des échauffourées entre des déplacés de guerre et la police en province de Ngozi

Ngozi, le 25novembre novembre 2013(COSOME)- Au moins quatre personnes ont été grièvement blessées dans des échauffourées entre des déplacés de guerre de la localité de Ruhororo et des éléments de la police depuis mardi dernier, a constaté sur place, le reporter de la coalition de la société civile pour le monitoring électoral(COSOME).

Les affrontements ont débuté aux premières heures de la matinée de mardi quand la police a voulu appréhender de présumés auteurs de l’explosion d’une grenade vendredi dernier chez un membre de la commission chargée de traiter la problématique du site des déplacés de guerre de RUHORORO.

La population du dit site était armée de gourdins, de machettes et de pierres et a bloqué la route nationale numéro quinze(RN15) reliant la province de Ngozi à celle de Gitega.

Les policiers qui étaient sur place ont du tirer beaucoup de coups de feu en l’air pour disperser les déplacés en colère.

Dans le cafouillage qui a suivi, deux enfants et deux policiers ont été grièvement blessés.

Malgré ces contestations acharnées de ces déplacés, la police a fini par arrêter quatre présumés auteurs de l’attaque par grenade perpétrée chez Balthazar RIVUZIMANA, un membre de la commission mise en place par le gouverneur de la province de NGOZI pour traiter la problématique de ce site.

C’est vers 15 hures que la situation a pu être maitrisée par un effectif important de militaires qui s’est déployé dans le site.

Le gouverneur Claude NAHAYO, le procureur général près la cour d’appel de Ngozi, Gamaliel NKURUNZIZA ainsi les autorités policières, ont effectués une descente à RUHORORO pour essayer avec ces déplacés de trouver la solution aux problèmes qui minent ce camps des déplacés depuis la crise de 1993.

Malgré les efforts qui ont été fournis par ces autorités, la situation s’est encore empirée dans la soirée de ce lundi, la plupart de ces déplacés ont déjà fui leurs ménages craignant d’être malmenés.

Les déplacés vivent dans la site depuis l’éclatement de la guerre civile, en 1993 et exigent des conditions de sécurité optimales pour regagner leurs biens.

YM

Journée d’information sur la CNIDH en province de Mwaro

Mwaro(Centre du Burundi), le 26 novembre 2013 (COSOME)- Le section des droits de l’homme du Bureau des nations unies (BNUB, antenne de Gitega, dans le centre) a organisé dernièrement une journée d’information sur la commission nationale indépendante des droits de l’homme (CNIDH) en province de Mwaro, a appris sur place, le reporter de la coalition de la société civile pour le monitoring électoral(COSOME).

Des représentants de l’Administration locale, ceux des services publics, des associations de la société civile, des médias et des confessions religieuses ainsi que des membres des structures communautaires ont pris part à la journée d’information sur les missions, la composition, le fonctionnement de la CNIDH.

Les principales préoccupations des participants ont surtout porté sur l’indépendance réelle de la commission qui a été mise en place et vit des subsides de l’Etat.

La protection des victimes, la visibilité, la médiation dont la commission est capable dans des litiges entre l’Etat et les tiers sont autant de questions qui ont nourri le débat de la journée d’information.

Les différentes inquiétudes de l’opinion montrent que la journée d’information était nécessaire et que la CNIDH, de son côté, doit redoubler d’efforts pour mériter la confiance des citoyens.

La commission va souffler ses trois bougies au mois de juin prochain alors que son mandat est de quatre ans.

J.H.

Le président de l’UPRONA en visite à Mwaro

Mwaro (Centre du Burundi), le 26 novembre 2013(COSOME)- Le président du de l’union pour le progrès national (UPRONA), Charles Nditije, a visité, le week-end dernier, la province de Mwaro où il a profité de l’occasion pour s’exprimer sur les problèmes politiques de l’heure au Burundi, a appris sur place, le reporter de la coalition de la société civile pour le monitoring électoral(COSOME).

La descente a coïncidé avec la célébration du 52ème anniversaire de la victoire de l’ancien parti unique aux premières élections législatives post coloniales des années 1962.

Le président de l’UPRONA s’est également exprimé sur le travail parfois controversé dans l’opinion de la commission nationale des terres et autres biens, la révision en cours de la constitution, le projet de la mise en place de la commission pour la vérité et la réconciliation nationale.

Concernant le projet de révision constitutionnelle, le leader de l’UPRONA a affirmé qu’il s’agissait d’une manœuvre du parti au pouvoir pour mettre fin aux accords de paix qui ont été conclus à Arusha en Tanzanie en Août 2000 entre les burundais dans toute leur diversité.

Ces accords de paix d’Arusha ont donné naissance à cette constitution, c’est pour cette raison que sa révision ne peut pas être l’œuvre du seul parti au pouvoir et les dirigeants de ce pays doivent savoir qu’ils ont accédé au pouvoir grâce à ces mêmes accords, selon M.NDITIJE.

Concernant ce que compte faire le parti Uprona au cas où le Gouvernement ferait sourde oreille aux différents appels lancés, ils ne vont pas se retirer du Gouvernement ou d’autres organes de prise de décision comme souhaité par les parti de l’opposition, il vont attendre et vont agir quand le projet de loi sera au niveau des deux chambres du parlement, a-t-il dit.

S’agissant de la Commission Terre et autres Biens, le président de l’UPRONA s’est dit « consterné » par la reconduction de Monseigneur Bambonanire à la tête de la CNTB étant donné qu’il a déjà montré qu’il a un côté penchant au lieu d’observer la neutralité.

S’agissant de la mise en place de la commission pour la Vérité et la Réconciliation, M.Nditije a trouvé que le gouvernement veut promouvoir le « pardon collectif » en même temps qu’il est « contre » la mise en place d’un tribunal spécial pour réprimer les crimes qui ont été commis depuis la date de l’indépendance nationale du Burundi, en 1962, à la signature de l’accord global de cessez-le-feu de 2003.

Concernant la vie du parti, le président de l’UPRONA a lancé un message de réunification du parti au niveau provincial après des divisions qui ont été observées ces derniers temps dans les rangs de la formation politique.
Cette réunification passera par des candidatures aux postes de responsabilité qui seront désormais parrainés par des responsables du parti à la base.

J.H.

L’ADC annonce une candidature unique à la présidentielle de 2015 au Burundi

Bujumbura, le 25 novembre 2013(COSOME)- Huit partis politiques comptent présenter une candidature unique à l’élection présidentielle de 2015 et des listes communes aux municipales de 2015 face au conseil national pour la défense de la démocratie/forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD, au pouvoir), apprend-on de source proche de l’opposition.

Le pays compte quelque 43 partis politiques sur le papier et les huit signataires de l’opposition radicale s’étaient désengagés du processus électoral pour protester contre des « fraudes massives», mais dont les preuves n’ont cependant pas été clairement apportées à ce jour, aux municipales de 2010.

Les huit partis de l’ « alliance des démocrates pour le changement »(ADC) au Burundi, à travers un document d’une quinzaine de pages, dont la PANA a pu se procurer une copie, précisent qu’ils restent ouverts « à toute personne physique et morale œuvrant pour le changement démocratique ».

Dans l’immédiat, la coalition juge « fondamentale », l’ouverture d’un dialogue politique sur le cadre légal et réglementaire des prochaines élections.

La constitution, le code électoral, la loi communale, la loi sur les partis politiques, la loi sur le statut de l’opposition, la loi sur les manifestations publiques et la loi sur la presse qui ont été déjà révisées ou en cours de révision au niveau de l’exécutif, doivent être « rediscutées » afin de permettre l’organisation d’élections « plus crédibles », peut-on toujours lire dans l’acte d’engagement de l’ADC.

Pour le moment, une attention particulière des acteurs politiques des différents bords reste focalisée sur la révision en cours de la constitution au niveau du gouvernement et les partis de l’alliance menacent de recourir à la rue, s’ils n’étaient mis à contribution.

Au moins 180 victimes de violences sexuelles et basées sur le genre en province de Rutana

Rutana (Sud- est du Burundi), le 26 novembre 2013 (COSOME)- Au moins 180 femmes ont été victimes de violences sexuelles et basées sur la genre (VSBG) en province de Rutana depuis le début de l’année 2013 à ce jour, apprend-on des activistes des droits de la femme dans la région.

L’annonce a été faite par le centre pour le développement familial communautaire (CDFC), antenne de Rutana, à l’occasion du lancement des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes.

Selon Célestin Niyonkuru, coordinateur du CDFC à Rutana, à côté des viols, la plupart des femmes que ce centre a reçues étaient victimes de coups et blessures de la part de leurs conjoints, suivis parfois par des répudiations étant donné qu’elles n’étaient pas en ordre avec l’état- civil.

D’autres encore témoignaient que leurs maris les faisaient subir des traitements inhumains et dégradants afin de dilapider facilement les biens familiaux au profit de leurs concubines.

Signalons que parmi les 51 cas de viol, la commune de Giharo vient en tête avec 17 victimes, suivie de Bukemba avec 13 cas et Rutana qui a enregistré 9 victimes.

Quant aux communes de Mpinga- Kayove et Musongati, ce genre de statistiques restent inconnus du fait que le CDFC n’a pas d’assistants sociaux sur place.

Selon toujours Célestin Niyonkuru, parmi les auteurs de ces viols figurent couramment les conducteurs de taxi- motos, les petits commerçants, les membres des forces de l’ordre, les enseignants et les élèves entre eux.

Les victimes de ces différentes violences à Rutana bénéficient de l’assistance sociale et juridique de la part du CDFC.

Sachez aussi que pour cette année 2013, le thème national de cette campagne des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes est : « De la paix des ménages à la paix dans la communauté : tolérance zéro aux violences faites aux femmes ».

Cette campagne se clôturera le 10 décembre 2013, avec la célébration de la journée internationale des droits de l’homme.

R.G.

Arrestation d’un magistrat présumé corrompu en province de Rutana

Rutana (Sud- est du Burundi), le 21 novembre 2013 (COSOME)- Claver Nijimbere, juge du tribunal de résidence de Bukemba, a été arrêté dans son bureau ce mardi, par le commissaire de la brigade spéciale anti- corruption de Gitega, Moïse Butoyi, a- t- on appris auprès de cette autorité.

Selon ce commissaire, la brigade spéciale anti- corruption de Gitega détenait des informations comme quoi ce juge exigerait des pots- de- vin aux justiciables, par l’intermédiaire des commissionnaires, avant de leur rendre service.

En effet, un justiciable du nom d’Eric, résident à Kayogoro, en province de Makamba, mais originaire de Bukemba, qui était fatigué par cette mauvaise pratique, avait récemment dénoncé ce juge auprès de cette instance anti-corruption de Gitega, car, il lui avait déjà versé 90.000 francs burundais, par tranches, pour solliciter la mise en application du procès foncier qu’il avait gagné.

Et comme il avait rendez- vous à ce tribunal, ce mardi, muni de 10.000 fbu, le commissaire de la brigade spéciale anti- corruption de Gitega était dans les environs.

Aussitôt après la sortie d’Eric, Moïse Butoyi est entré et a trouvé sur le juge les deux billets de 5.000 fbu qu’il venait d’empocher.

Alors, il l’a arrêté et l’a conduit à Gitega pour la confection du dossier.
Vous saurez que jusqu’à son arrestation, le juge Claver Nijimbere assurait l’intérim du tribunal de résidence de Bukemba.

R.G.

Trois personnes d’une même famille tuées dans une attaque armée à Bubanza

Bubanza (Nord-Ouest du Burundi), le 22 Novembre 2013(COSOME). Misigaro Léonce, son épouse et leur enfant de 4 ans ont trouvé la mort la nuit de jeudi le 21 novembre sur la colline Rugeyo, zone Ntamba commune Musigati dans une attaque perpétrée par des inconnus armés de fusils, apprend-on de source administrative et policière sur place.

Selon l’administrateur de la commune Musigati, Niragira Isaï, ces malfaiteurs étaient au nombre de 5 armés de fusils.

Ils ont attaqué et tiré aveuglement cette famille, vers 23h. Le père de famille et sa femme sont morts sur place, tandis que leur fils est mort à l’hôpital de Bubanza où il recevait des soins la même nuit.

Le mobile de cet assassinat est inconnu pour le moment. L’administrateur dit que la famille aurait été victime de conflits fonciers.

Il y a quelques mois, le père de cette famille avait gagné un procès foncier au tribunal.

La police de Bubanza a arrêté trois personnes pour des enquêtes. Ils sont au cachot de la police à Musigati.

Les attaques armées contre des ménages commencent à inquiéter enregistrées en province de Bubanza étant donné qu’elles ont déjà emporté des vies humaines d’au moins cinq personnes en moins de deux semaines, sur fond de conflits fonciers.

L’administrateur de la commune de Musigati demande des positions des forces de l’ordre pour sécuriser ces endroits qui sont proches de la forêt de la Kibira qui est un repère privilégié des hors la loi.

A.Nk

Insécurité grandissante dans le site des déplacés de guerre en province de Ngozi

NGOZI, Le 23 novembre (COSOME)- Une grenade a explosé dans un ménage proche du site de Ruhororo, en province de Gozi, dans la nuit de vendredi à samedi, mais sans faire de dégâts humains, a appris sur place, le reporter de la coalition de la société civile pour le monitoring électoral(COSOME).

Le ménage qui a été ciblé appartient à un membre de la commission mise en place par le gouverneur pour traiter la problématique de ce site de déplacés qui dure depuis les années 1993.

Balthazar RIVUZIMANA est aussi un militant actif du conseil national pour la défense de la démocratie/forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD, parti au pouvoir).

Le jour de l’attentat, la commission avait effectué une descente dans le site pour expliquer aux déplacés leur projet de traduire son rapport produit au mois de septembre en langue national pour une bonne compréhension de la population de la commune RUHORORO.

Les déplacés de guerre du site de RUHORO ont contesté le contenu de ce rapport de la commission et refusent catégoriquement de cohabiter avec les résidants des collines environnantes.

Les concernés disent vouloir attendre la mise sur pied de la commission pour la vérité et la réconciliation avant d’envisager de démanteler le site.

YM

Découverte d’un corps sans vie en province de Kirundo

Kirundo (Nord du Burundi), le 25 novembre2013 (COSOME)- Un cadavre humain a été trouvé vendredi dernier sur la colline Rambo, commune et province Kirundo et l’on ignore encore les circonstances de sa mort, a appris de source policière, le reporter de la coalition de la société civile pour le monitoring électoral(COSOME).

Salvator Ndabakenga, la victime, a été trouvé mort chez lui, le cou tordu et son corps présentait des traces des coups et blessures, précise-t-on de même source.

Divorcé, le défunt vivait seul dans la maison avec sa fille, elle aussi mère célibataire.

Cette dernière s’était levée de bonne heure pour les travaux champêtres et a amèrement constaté le décès de son père à son retour au domicile, indique la police qui ignore encore les auteurs de ce forfait.

Selon la même source, sieur Ndabakenga serait victime d’un conflit foncier. La criminalité monte d’un cran ces derniers jours en province de Kirundo.

La semaine passée, un autre corps sans vie avait été retrouvée sur la colline de Rugero I, dans la même commune de Kirundo, rappelle-t-on.

Depuis le début de l’année, plus de 16 personnes dont la majorité des femmes ont été déjà tuées dans des circonstances variées en province de Kirundo.

JCN