Le dialogue social reste déficitaire en milieu du travail

Gitega(Centre du Burundi), le 21 mars 2014 (COSOME)- Les leaders de la confédération des syndicats du Burundi (COSYBU) et des syndicats non confédérés apprécient l’initiative de création, en juin 2013, du comité national de dialogue social (CNDS) mais expriment leurs craintes quant à sa force pour apporter des réponses efficaces aux conflits collectifs qui minent le milieu du travail, a appris sur place à Gitega, le reporter de la coalition de la société civile pour le monitoring électoral(COSOME) d’une récente rencontre entre des représentants des leaders nationaux et provinciaux et des chefs des services publics des provinces de la région Centre- Est ( Gitega, Karusi, Cankuzo, Muramvya et Ruyigi).

Les syndicalistes ont encore exprimé leur satisfaction quant au caractère inclusif de ce comité tripartite composé à parité par des représentants du gouvernement, des travailleurs et des employeurs appelés à agir en synergie pour prévenir et résoudre les conflits collectifs en milieu du travail en faveur d’une paix sociale.

Ils ont toutefois soulevé des inquiétudes quant à la force de cet organe pour résoudre les conflits professionnels entre employeur et travailleur de manière indépendante surtout qu’il fonctionne sur un budget du gouvernement.

Les leaders syndicaux nationaux et provinciaux qui ont pris la parole, en l’occurrence ceux des syndicats des enseignants (STEB, CONAPES et SLEB) ainsi que ceux des autres syndicats tels le SNTS, ont focalisé leurs interventions sur des stratégies à prendre en faveur de l’adoption du scénario consensuel de l’harmonisation des salaires.

Le président du comité national de dialogue social (CNDS), Serge Ngendakumana a répondu que cet organe a déjà défini une feuille de route pour ce dossier qui prendra du temps avant d’aboutir compte tenu de son importance pour les travailleurs et les employeurs.

L’intervenant a ainsi sollicité la confiance et la patience des acteurs pour un bon aboutissement de cette question importante qui exige une attention voulue.

Les participants à l’atelier ont également formulé des recommandations, en l’occurrence l’harmonisation du système de paiement des impôts sur des revenus professionnels en faveur de l’équité pour tous, l’intégration des syndicats non confédérés au sein du CNDS, la promotion d’un dialogue flanc pour garantir la paix sociale.

Quant à la force du CNDS pour garantir la paix sociale, elle réside dans la confiance que cet organe attend des différents partenaires sociaux, a répondu le président du CNDS.

L’indépendance de cet organe réside au niveau de l’engagement de ses membres et de la confiance des partenaires sociaux, a-t-il ajouté.

Organisé par le ministère de la Fonction Publique, du Travail et de la Sécurité Publique (MFPTSS) en collaboration avec le CNDS, cet atelier qui s’inscrit dans une série d’autres organisés à travers le pays vise l’appropriation de la Charte Nationale de Dialogue Social par les acteurs du milieu professionnel et les activistes de la société civile qui sont régulièrement sollicités dans le règlement des conflits sociaux.

Le résultat attendu étant que les différents partenaires sociaux s’approprient du contenu et des principes fondamentaux de cette charte qui est un document de base pour la promotion d’une culture de dialogue en milieu du travail, a souligné la Secrétaire Permanente au ministère du Travail, Rosette NIZIGIYIMANA Rosette.

Le Président du Comité National de Dialogue Social (CNDS), Serge NGENDAKUMANA a indiqué les réalisations qui sont à l’actif de cet organe sont, notamment, l’élaboration des axes stratégiques des trois années à venir, la mise en place du Secrétariat Exécutif Permanent du CNDS et la médiation dans certains conflits collectifs.

C. B.

Sensibilisation des étudiants originaires de la province de Cibitoke à cesser la grève des cours

Cibitoke, le 21 mars 2014 (COSOME) – Le gouverneur de la province de Cibitoke, Anselme Nsabimana, a animé dernièrement une séance de sensibilisation des étudiants ressortissants de la région à cesser la grève des cours dans laquelle se trouve les différentes universités publiques du pays depuis plus d’une semaine et regagner les auditoires pour prendre des réinscriptions au rôle, a appris sur place, de source administrative, le reporter de la coalition de la société civile pour le monitoring électoral(COSOME).

Les quelques 18.000 étudiants des universités publiques du pays ont été renvoyés des campus la semaine dernière suite à leur grève à durée « indéterminée » sur fond de contestation de nouvelles conditions plus draconiennes d’accès à une bourse d’études et de stage.

Les grévistes devaient reprendre des inscriptions à parti du 24 mars 2014 et s’engager à ne plus recourir aux grèves intempestives pour quelque raison que ce soit mais au second jour des réinscriptions, moins de 300 d’entre eux ont répondu présents.

Concernant toujours l’initiative isolée du gouverneur Nsabimana, sur un effectif total de plus de 300 étudiants regroupés au sein de la fédération des
associations des étudiants ressortissants de la province de Cibitoke
(FASSERCI), près de 120 étudiants avaient répondu présents à la réunion qui s’est soldée par un échec.

Placide Nkengurutse

Appel au respect des libertés politiques en province Kirundo

Kirundo (Nord du Burundi), le 21 mars 2014(COSOME)- Le gouverneur de province, le commandant de la 3ème région militaire et le commissaire régional de la police dans les provinces du nord du Burundi, ont invité tour à tour, jeudi dernier, les administrateurs communaux et la police à laisser les leaders des partis politiques agrées organiser des activités de leur formation politiques comme le prévoit la loi régissant ces associations à caractère politique, a appris sur place, le reporter de la coalition de la société civile pour le monitoring électoral(COSOME).

« Désormais, aucun administrateur, aucun chef de poste de police ne pourra s’arroger le droit d’empêcher la tenue d’une réunion d’un parti politique pour lequel son responsable a eu l’autorisation », ont-ils instruit les services administratifs et policiers de la province.
« Les jeunes militants de partis politiques ne doivent plus également perturber la tenue des réunions des partis politiques », a averti Eustache Ntagahoraho, commissaire régional de la police pour les provinces du nord du pays.

Le refus de la tenue d’une réunion d’un parti politique ne se fait pas verbalement mais par écrit, a rappelé, quant à lui, le gouverneur de province.

A leur tour, les responsables provinciaux des partis politiques sont invités à privilégier, entre eux, la culture du dialogue et à inculquer à leurs militants et sympathisants les valeurs de la tolérance.
« En politique, ceux qui ont des avis divergeant ne sont pas des ennemis mais des partenaires », a estimé le gouverneur Révérien Nzigamasabo.

Aussi, les administratifs, les forces de l’ordre et les militants des partis politiques doivent-ils soigner leur langage.

« Eviter le langage vexant afin de favoriser l’entente mutuelle », a-t-on recommandé encore une fois.

Cet rappel à l’ordre a été lancé au cours d’une réunion d’information sur la mise en place prochaine d’un comité mixte de sécurité, en province de Kirundo.

Ce comité mixte de sécurité pourra diminuer les cas d’insécurité et d’intolérance politique qui défrayaient la chronique en province de Kirundo ces derniers temps.

Plus d’une fois, des militants des politiques se sont affrontés, laissant derrière eux des blessés et des couleurs des formations politiques volées ou détruites.

JCN

Des cas d’intolérance politique signalés en province de Cibitoke

Cibitoke, le 24 mars 2014 (COSOME)- Des membres du front pour la démocratie au Burundi(FRODEBU, opposition) qui allaient participer dans une réunion du 23 mars 2014 dans la localité de Ngoma, en commune de Murwi, ont été passés à tabac par de jeunes affiliés au parti Conseil national pour la défense de la démocratie/forces de défense de la démocratie(CNDD-FDD, au pouvoir), a appris sur place, des témoins de la scène, le reporter de la coalition de la société civile pour le monitoring électoral(COSOME).

L’incident a eu lieu dans l’avant-midi de dimanche, quand le Représentant du parti Sahwanya FRODEBU, un dénommé Jésus Marie Hagabimana, en compagnie de Jean Marie Sinzohagera, Représentant du même parti dans la zone Ngoma et quelques membres du FRODEBU étaient au niveau de la colline Bambo, en direction de Ngoma, selon les mêmes sources.

Un groupe de jeunes affiliés au parti CNDD-FDD, armé de bâtons et de gourdins, s’est jeté sur les gens du FRODEBU et les ont battus jusqu’à l’intervention des habitants des environs qui ont pu empêcher le pire, d’après les mêmes sources.

Le représentant du FRODEBU en province de Cibitoke, Phénias Nigaba, a dénoncé le comportement de ces membres du parti au pouvoir et menacé de porter plainte contre cette violation de droits civiles et politiques des membres de son parti.

Il a cependant précisé que ce genre d’intolérance politique s’observe seulement dans trois communes sur six qui font la province, dont Murwi, Buganda et Mugina.

Le gouverneur de la province de Cibitoke, Anselme Nsabimana, qui était en réunion dans la même commune s’est entretenu avec les représentants du FRODEBU et donné l’ordre à un officier de police judiciaire (OPJ) pour convoquer les accusés et instruire leurs dossiers.

Placide Nkengurutse

Sensibilisation sur la redevabilité des élus en province de Bururi

Bururi (Sud du Burundi), le 22 Mars 2014(COSOME)- L’Institut Panos Paris d’Europe, en collaboration avec la radio Bonesha, les radios communautaires Star FM et Ijwi ry’Umukenyezi, ont animé une émission radiophonique en direct sur la redevabilité des élus de la commune de Rumonge à Rumonge samedi dernier, a appris sur place, le reporter de la coalition de la société civile pour le monitoring électoral(COSOME).

La révision de la loi communale pour que les équilibres de genre et d’ethnie au niveau des élus des collines soit clarifié ainsi que la suppression des listes bloqués ont été émis par les représentants des différents partis politiques qui participaient à ce débat.

Le niveau de la redevabilité des élus locaux reste faible dans cette commune, ont constaté les participants à ce débat qui ont suggéré que le code électoral puisse clarifier comment la population pourra exiger de leurs élus d’être plus redevable.

Les participants ont déploré l’instabilité des organes dirigeants de la commune de Rumonge qui a déjà connu la destitution de plusieurs administrateurs, rendant ainsi instable la vie de la commune et difficile le développement socio-économique local.

Les participants ont constaté que peu de citoyens participent aux réunions des conseils collinaires et celles des conseils communaux par manque de communication entre les autorités communales et la population.

Les participants ont salué la suppression des barrières sur les différents accès routiers et demandé que la ville de Rumonge soit alimentée en eau potable.

Les élus communaux de la commune de Rumonge qui répondaient aux questions des auditeurs et des participants étaient le député Karenga Ramadhani qui est aussi président de ce conseil, l’élu communal Emile Hicintuka de l’unité pour le progrès national(UPRONA), Samuel Manirakiza élu communal du parti Conseil national pour la défense de la démocratie(CNDD) de Nyangoma ainsi que Jean Buregeya de la ligue de défense des droits de l’homme(Iteka).

Les journalistes qui animaient cette émission étaient Alice Hakizimana de la radio Bonesha ainsi que Jérôme Niyonzima de la radio Isanganiro.

Les représentants des différents partis dans cette commune ont salué la tenue de ce débat qui a permis aux uns et aux autres d’avoir un cadre d’expression.

Signalons que ce débat était retransmis en direct sur la radio Bonesha FM et les radios communautaires Star FM et la radio Ijwi ry’umukenyezi.

F.NZ

Arrestation de deux militants de l’UPD en province de Cankuzo

Cankuzo (Est du Burundi), le 24 mars2014(COSOME)- Deux militant de l’Union pour la Paix et la Développement (UPD- Zigamibanga, opposition) à savoir : Ndikumana Désiré et Claver Nduhirubusa sont depuis jeudi 20 mars 2014 locataires des cachots de la police de Cankuzo sous le chef d’accusation d’avoir participé à une réunion clandestine qui s’est tenue dans un ménage situé sur la colline Kibimba dans la même commune, apprend-on de source administrative locale.

Cette information a été confirmée par l’administrateur de la commune de Mishiha Mme Basilla Ndereyima. Cette autorité administrative demande aux leaders des partis politiques de se conformer aux textes régissant les réunions et les manifestations publiques. L’administrateur fait savoir qu’il ne peut en aucun cas tolérer des réunions clandestines des partis politiques qui se tiennent dans des ménages pour des raisons même de sécurité.
Ayant refusé de payé une amende administrative de 10 mille Fbu, ces militants de l’UPD viennent d’être transféré au cachot du commissariat de la police à Cankuzo.
Le représentant de provincial de ce parti à Cankuzo M Abraham Nahayo parle lui d’un pur montage qui a été fait pour incarcérer les militants de son parti et demande leur libération sans condition. Ce leader de l’UPD- Zigamibanga fait savoir que l’arrestation des militants de son parti relève de l’intolérance politique précisant qu’aucune réunion n’a été organisée dans cette localité mais ces militants incarcérés étaient en train de mener de simples contacts. Il demande par conséquent leur libération sans condition.

ond

Echec d’une voix d’un vote parlementaire d’une nouvelle constitution au Burundi

Bujumbura, le 22 mars 2014(COSOME)- Le conseil national pour la défense de la démocratie/forces de défense de la démocratie(CNDD-FDD, parti majoritaire) a manqué d’une courte voix le passage en force d’un projet d’une nouvelle constitution révisée devant guider les prochaines élections générales de 2015 au Burundi, apprend-on de source parlementaire à Bujumbura.

Le quorum nécessaire pour faire passer le projet gouvernemental était normalement de 85 députés alors que le CNDD-FDD n’en a en tout que 84 qui s’étaient présentés, sans toutefois ceux de l’opposition parlementaire qui sont hostiles à la révision de la constitution actuelle destinée, à leurs yeux, à ouvrir un troisième mandat de « trop » au président sortant, Pierre Nkurunziza.

Après l’échec du vote parlementaire, Edouard Nduwimana, le ministre de l’intérieur, qui avait été dépêché pour défendre le projet de loi gouvernemental devant les députés, a déclaré qu’il ne restait plus qu’à convoquer un référendum populaire pour trancher sur le sort final de l’actuelle constitution.

La loi fondamentale encore en vigueur dans le pays date de la veille des premières élections générales post conflit de 2005 et serait aujourd’hui dépassée par de nouveaux développements sur la scène politique nationale caractérisés par une paix retrouvée et l’intégration régionale à la communauté est africaine(CEA) de libre échange, motive-ton du côté du gouvernement.

La constitution de 2005 prévoyait l’élection du président de la république post-transition au suffrage universel indirect, par le parlement national.

Le Burundi a renoué avec le suffrage universel direct lors des précédentes élections générales de 2010 qui ont reconduit au pouvoir le CNDD-FDD.

Les premières élections de l’ère pluraliste au Burundi avaient eu lieu en 1993, avant que le pays ne sombre dans la guerre civile consécutive à l’assassinant, dans un putsch militaire du président démocratiquement élu, Melchior Ndadaye.

Mauvais ménage entre le sport et la politique au Burundi

Bujumbura, le 19 mars 2014(COSOME)- La municipalité de Bujumbura a publié, mercredi, une ordonnance qui rétrécie drastiquement les espaces publics dans lesquels le sport de masse se faisait librement jusque-là pour prévenir de nouveaux débordements similaires à ceux du 8 mars 2014 qui ont fait des dizaines de blessés suite à de violents accrochages entre la police anti-émeute et de jeunes militants de partis politiques de l’opposition qui faisaient du jogging dans les rues de la ville, sur fond d’animation musicale hostile au pouvoir en place au Burundi.

Deux policiers, leurs armes et des outils de communication avaient été séquestrés des heures durant à l’intérieur de la permanence du mouvement pour la solidarité et la démocratie (MSD) dans la foulée des échauffourées entre la police et les jeunes militants de ce parti politique burundais de l’opposition radicale.

Le précédent avait été si grave qu’un conseil national de sécurité a été tenu quelques temps après autour du chef de l’Etat burundais, Pierre Nkurunziza, avec comme principale conclusion de demander à la municipalité de Bujumbura de réglementer le sport de masse dans le temps et l’espace.

La nouvelle règlementation prévoit cinq espaces répartis aux quatre coins de la ville de Bujumbura, dont un jardin public fermé pour le jogging, et des terrains de football où se fera désormais le sport de masse.

Les chansons « injurieuses » et « diffamatoires » ont été également frappées d’interdit par la municipalité de Bujumbura pendant que les gens se livreront au jogging.

Des autorisations préalables seront encore nécessaires pour tout groupe d’individus qui voudra faire du sport en dehors des nouveaux endroits autorisés par la municipalité de Bujumbura.

La ville de Bujumbura compte des clubs de jogging par centaines dont l’autre vocation est l’entraide sociale.

Ces clubs avaient jusque-là l’habitude de tracer leurs itinéraires de course, parfois jusqu’à l’intérieur du pays.

Renforcement des capacités des reporters en techniques de couverture électorale

Lors de son discours d’ouverture, le directeur exécutif de la COSOME, Sylvère Ntakarutimana, a déclaré que le choix d’un tel sujet de formation venait à point nommé à l’approche des élections générales de 2015 que les reporters sont appelés à couvrir en ayant des connaissances suffisantes et plus approfondies.
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Préparatifs électoraux

Le directeur exécutif de la COSOME a ensuite donné un aperçu des préparatifs électoraux qui se sont déjà matérialisés par la mise en place d’une nouvelle commission électorale nationale indépendante.

Une nouvelle carte nationale d’identité biométrique

Une nouvelle carte nationale d’identité biométrique a également déjà fait l’objet d’appel du ministère de l’intérieur aux citoyens à se faire enregistrer.
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Cette pièce d’identité servira dans la confection de dossiers en vue d’obtenir une carte d’électeur, d’où son importance dans le processus électoral en cours.

Les acteurs politiques se sont également rencontrés à plusieurs reprises pour discuter des voies et moyens d’organiser des élections inclusives, transparentes, apaisées, équitables, justes et démocratiques à l’horizon 2015.

Les textes légaux et règlementaires des prochaines élections

Les textes légaux et règlementaires des prochaines élections (constitution, code électoral) font également l’objet de discussions parfois tendues entre les acteurs politiques locaux sous la houlette du parlement national et de la représentation spéciale du secrétaire général des nations unies au Burundi.

Le dialogue politique national

Ce dialogue reste nécessaire en vue d’avoir un processus électoral sain, calme, serein et dominé par la compétition de programmes et d’idées politiques.

Le rôle des médias

Cela sera, en partie, possible, si les médias jouent réellement leur rôle d’observateurs, médiateurs et intermédiaires neutres et au service de l’intérêt général de tous les citoyens, a-t-il souligné, en substance.

« Consciente que la compétition électorale est délicate et qu’il faut un certain bagage journalistique pour la couvrir de manière objective, neutre, juste, équitable et professionnelles, la COSOME a donc recruté un consultant-formateur pour une mise à niveau et un renforcement des capacités de ses reporters provinciaux sur les techniques, en somme les voies et moyens de bien couvrir le processus électoral par une information basée sur le pluralisme des idées, une information équilibrée, vérifiée et vérifiable », a ajouté M.Ntakarutimana.

Mission et responsabilité sociales

Vous avez une mission et une responsabilité sociale qui, une fois bien utilisées, peuvent concourir à la réussite du processus électoral et c’est pour cela qu’un rappel de toutes ces obligations valait la peine, a-t-il poursuivi.

C’est aussi l’un des objectifs de l’atelier et profitez pleinement de l’expérience du consultant qui va vous rappeler que la période électorale a des particularités même si elle ne suspend les règles habituelles du métier que sont l’objectivité, l’honnêteté, le respect du pluralisme des idées, l’équilibre de l’information, les faits qu’il faut privilégier, selon la même source.

L’intervenant a terminé son propos en puisant dans le manuel destiné aux reportes provinciaux ces quelques phrases qui en disent long sur la vigilance et la nécessité pour tout journaliste d’observer un certain nombre de règles du métier en toutes circonstances et plus particulièrement pendant la très sensible période électorale :

Le journaliste a le devoir de concilier

« Le journaliste a le devoir de concilier, de façon neutre et impartiale, les intérêts des grands acteurs de l’actualité (pouvoirs publics et contre pouvoirs à tous les niveaux, responsables des partis politiques, la société civile, les syndicats, les leaders d’opinion) et ceux du public. Pour y arriver, il est guidé par la loi, l’éthique et la déontologie et par la responsabilité. Il doit faire la distinction entre ce qui est permis et ce qui n’est pas permis par la loi. Mais aussi, il doit mesurer l’impact de certaines informations. D’autres principes guident le journaliste dans l’exercice de son métier. Il s’agit des principes liés au respect de la vérité, de l’honnêteté, l’impartialité, l’équilibre et l’équité. En cas de doute le journaliste agit toujours pour le bien commun. Si le journaliste peut inspirer la paix, le développement et la joie, il peut aussi inciter à la haine ethnique, il peut relayer les mensonges et la désinformation des politiciens ».

Lors de l’exposé, le consultant en communication, Athnase Ntiyanogeye, est revenu que quelques règles d’or du journalisme en période électorale :
Quelques règles d’or du journalisme en période électorale
La vérité qui commande de relater les faits (vérifiables et vérifiés) et chercher à en comprendre le pourquoi.

La précision qui veut que, non seulement les faits doivent être exacts, mais aussi précis (qui a fait quoi, où et quand et dans quel contexte) ;
L’impartialité qui consiste à ne jamais s’identifier à un candidat ou un parti, rapporter le maximum d’opinions sans penchant.

Il y a aussi la loyauté à l’égard du citoyen, la vérification qui est à la base de la crédibilité du journaliste, les faits doivent être validés, l’indépendance qui fait que le journaliste doit être indépendant de ses sources et de toute personne ou institution qui fait l’objet de la couverture.

Le consultant est encore revenu sur les notions de la vigilance à l’égard du pouvoir (pour ne pas tomber dans la manipulation), l’ouverture d’esprit qui oblige le journaliste à accepter que les analyses et les opinions soient multipliées et diversifiées; même si elles ne cadrent pas avec ses convictions.

La pertinence, quant à elle, veut que le journaliste doit maîtriser toutes les techniques d’écriture et de scénarisation pour rendre les sujets intéressants vis-à-vis du citoyen, tandis que l’équilibre de l’information commande au journaliste de faire en sorte que l’ensemble de la réalité soit communiquée. Tous les acteurs concernés doivent être approchés. Le traitement et la diffusion disproportionnés d’une information est un manquement au principe de l’équilibre.

Il y a enfin la liberté de conscience dans des circonstances exceptionnelles où le journaliste peut invoquer la clause de conscience.

Problèmes à éviter

Parmi les problèmes que le journaliste doit éviter, le consultant a cité, entre autres, la diffamation ou le fait de ne jamais reproduire des propos diffamatoires (atteinte à la réputation des gens). Si la personne est accusée par un autre candidat, recueillir rapidement les réactions du concerné, la répétition des faits entendus sans vérification.

L’autre attitude à bannir et l’abus de la plume ou le micro(ne jamais en abuser pour ternir l’image des gens), la corruption à travers les cadeaux de toutes sortes.

Se faire transporter par les candidats pendant les reportages peut aussi influencer la façon de travailler.
Il faut aussi éviter de se ranger du côté des contestataires ou ceux qui proclament la victoire avant la publication des résultats.

Lors des échanges et recommandations, les reporters ont insisté surtout sur les points suivants :

Echanges et débat

Un participant s’est inquiété que la situation de 2010 risquait de se reproduire. Comme réponse à la préoccupation : « le reporter de la COSOME doit relater les réalités de terrain de façon neutre »
Le même participant a évoqué la question des journalistes sans moyens de transport qui recourent à certaines personnalités pour le déplacement.
Le représentant de la COSOME a demandé à ces reporters de s’adapter à toutes les situations, et d’être plus intelligents pour ne pas se laisser influencer par qui que ce soit.

La proclamation des résultats aussitôt après le vote a aussi suscité un débat. Il ressort des échanges que le journaliste doit respecter la réglementation de la CENI en la matière, surtout au niveau de l’audiovisuel.

Au niveau des reporters de la COSOME, ils peuvent exploiter les procès verbaux qui ont été signés par les personnes habilitées, tout en mentionnant qu’il s’agit des résultats provisoires car il peut y avoir des recours.

Le consultant avait aussi prévu un exercice d’échange sur le travail du reporter de la COSOME « avant, pendant et après les élections » ; et comment il doit se préparer pour les échéances électorales de 2015.
Recommandations

A l’issue de tous ces échanges, il est ressorti quelques recommandations notamment :

– mettre à la disposition des reporters de la COSOME des enregistreurs performants pour les interviews ;
– remettre aux reporters des supports juridiques leur permettant de s’imprégner du processus électoral ;
– prévoir des formations sur « le vocabulaire des élections, les différents acteurs, et les procédures à suivre »
– exiger aux reporters de la COSOME de tracer la situation sociopolitique de leurs entités une fois les 3 mois.

Un référendum constitutionnel n’est pas à exclure au Burundi

Bujumbura, le 18 mars 2014 (COSOME)- Un référendum constitutionnel n’est pas à exclure si le projet de révision de la loi fondamentale encore en vigueur dans le pays n’aboutissaient pas, entre temps, par voie parlementaire, a indiqué, lundi, le ministre de l’intérieur, Edouard Nduwimana, dans une interview exclusive avec la radio nationale du Burundi.

D’après la même source, la constitution actuelle devrait normalement être amendée avant la fin du mois de mars 2014.

Si tel n’était pas le cas, le chef de l’Etat usera des voies et moyens qui lui sont reconnus par la loi, soit en retirant le projet de loi ou en le soumettant à un référendum populaire.

Pour le ministre Nduwimana, le retard qui a été observé dans le processus d’amendement de la constitution est imputable à tous les acteurs politiques.
Le projet gouvernemental d’amendement de la constitution est aujourd’hui au niveau de l’assemblée nationale.

La révision de la constitution est diversement appréciée par les acteurs politiques de la mouvance présidentielle qui y sont favorables et ceux de l’opposition qui sont contre alors que le pays renoue avec de nouvelles élections générales d’ici 2015.