Adoption d’un projet de loi controversé sur la CVR

Bujumbura, le 17 avril 2014(COSOME)- L’Assemblée nationale du Burundi a adopté, le 17 avril dernier, un projet de loi portant création, mandat, composition, organisation et fonctionnement de la commission pour la vérité et la réconciliation (CVR) en présence des seuls députés du conseil national pour la défense de la démocratie/forces de défense de la démocratie(CNDD-FDD, au pouvoir).

Sur un total de 82 députés présents à l’hémicycle de Kigobe, 81 ont voté en faveur du projet de loi.

L’assemblée nationale compte en tout 106 députés et les 17 députés de l’unité pour le progrès national(UPRONA) et 5 du Front pour la démocratie au Burundi (FRODEBU-Nyakuri) avaient boudé le vote pour protester contre certains amendements non consensuels du projet de CVR.

Le Burundi a connu des évènements sanglants à caractère ethnique d’abord en 1965, puis en 1969, 1971, 1972, 1988 et 21 1993 avant la signature d’un accord global de cessez-le-feu en 2005, et un autre, en 2008, avec la dernière rébellion armée du parti pour la libération du peuple hutu/forces nationales de libérations(PALIPEHU/FNL).

Un accord politique d’août 2000 à Arusha, en Tanzanie, sur la paix et la réconciliation nationale a été également signé par les protagonistes de la crise sociopolitique de ces dernières années, avec un volet prévoyant la mise en place d’une commission pour la vérité et la réconciliation.

La CVR a pour mission d’enquêter et établir les responsabilités en ce qui concerne les évènements sanglants qui ont endeuillé le Burundi depuis 1962, date de l’indépendance nationale à 2008, date de la signature du dernier accord de cessez-le-feu dans la guerre civile au Burundi.

Le mandat de la commission est de quatre ans pour proposer toutes les mesures appropriées en vue de rendre justice et dignité aux victimes, réparer les préjudices subis, garantir la non répétition des violations des violations et poser les bases de la réconciliation nationale.

Dans sa composition, la commission comprendra 11 membres qui seront choisis en tenant compte des équilibres d’ethnie, de région et de genre.

Les membres doivent réunir les qualités de probité, de compétences techniques et de neutralité par rapport aux clivages ethniques.

L’opposition parlementaire a dit avoir rejeté le projet pour avoir été dépouillé du mécanisme judiciaire qui est, à ses yeux, l’un des piliers de la justice transitionnelle.

L’opposition demande également le report de la mise en place de la CVR à l’après élections générales qui sont prévues à l’horizon 2015.

Entre temps, le dialogue doit reprendre entre les différents protagonistes de la CVR afin de réunir le consensus nécessaire à sa mise en place et son bon fonctionnement.

Le correspondant de Bonesha FM en province de Bururi en cachette suite aux menaces d’arrestation

Bururi (sud du Burundi), le 16 Avril 2014(COSOME)- Le correspondant de la radio Bonesha (indépendante) vit depuis mardi dernier dans un lieu tenu secret après avoir échappé à une tentative d’arrestation par les autorités policières et judiciaires de Bururi, a appris auprès de sa famille et du directeur de la radio Bonesha, le reporter de la coalition civile pour le monitoring électoral(COSOME).

Selon le directeur de cette station de radio, son correspondant a reçu de menaces évidentes d’arrestation pour un reportage sur les opinions des uns et des autres sur une probable distribution d’armes à feu aux membres de la ligue des jeunes « Imbonerakure » du parti au pouvoir en commune de Rumonge, selon un rapport des Nations Unies.

Le directeur de la radio Bonesha a condamné ces menaces et intimidations proférées à l’encontre du journaliste dans l’exercice de ses fonctions.

Patric Nduwimana a demandé aux autorités policières et judiciaires de cesser ces harcèlements envers le journaliste qui, « même s’il avait livré de fausses informations, la loi sur la presse au Burundi dispose de comment redresser ce genre d’erreurs ».

Signalons que ce n’est pas la première fois que Nibasumba Alexis soit victime des menaces, intimidations et autres agressions.

En 2011, le journaliste avait été battu par de jeunes Imbonerakure dans la ville de Rumonge alors qu’il collectait des informations près de la permanence du parti au pouvoir.

Les organisations de la société civile en province de Bururi demandent que la sécurité des journalistes soit assurée et que l’accès aux sources d’information et le droit de la population a être informée soient garantis.

F.NZ.

Deux présumés voleurs lynchés à mort par la population en province de Bururi

Bururi (Sud du Burundi), le 16 Avril 2014(COSOME)- La population a lynché un présumé voleur dans la nuit de ce lundi au chef-lieu de la commune de Matana, tandis qu’un autre présumé voleur avait été tué dans la ville de Rumonge peu de jours avant, a appris de sources policières, le reporter de la coalition de la société civile pour le monitoring électoral(COSOME).

Dans le cas de la commune de Matana, la victime a été identifiée comme étant Ndimurigo Siméon, originaire de la province de Ngozi, plus au nord du pays.

A Rumonge, la victime n’a pas été identifiée et a été lynchée à mort par la population dans le quartier de Kanyenkiko au moment où elle venait de voler dans une boutique.

La police et les autorités administratives ont mis en garde contre la justice populaire qui n’est pas permise par la loi.

D’autres opinions disent que la population en arrive à se faire justice parce que les présumés voleurs, une fois arrêtés, la police les libère quelques jours après.

Les associations de défense des droits de l’homme demandent aux autorités policières et judiciaires de combattre ce phénomène de justice populaire en procédant aux arrestations des personnes qui s’arrogent le droit de lyncher les présumés voleurs.

Ces organisations craignent que ce phénomène s’amplifie et peut déboucher à des règlements de compte consécutifs aux conflits fonciers très fréquents dans cette partie du sud du pays, surtout entre les rapatriés et les sédentaires.

F.NZ.

Craintes sécuritaires en province de Bubanza

Bubanza (Nord-Ouest du Burundi), le 16 avril 2014(COSOME)- Des ménages du site de déplacés de la colline de Ruvumvu ont été gagnés par une peur panique suite aux informations d’attaque d’individus armés depuis la nuit du 15 avril.

La police cherche trois personnes qui seraient à l’origine de cette rumeur, apprend-on de source policière à Bubanza.

Selon le commissaire provincial de la police, la population à eu peur suite aux informations selon lesquelles une attaque était imminente dans la nuit du 15 avril dernier.

Des ménages de cette colline Ruvunvu(à 1km du chef-lieu de la province) n’ont pas dormis dans leurs maison.

Les représentants des partis de l’opposition et même celui au pouvoir demandent à l’administration d’organiser des réunions pour calmer les esprits.
Le commissaire Nzeyimana Rémegie tranquillise la population que tout est en ordre pour sécuriser la population.

A.Nk

Arrestation d’un administratif à la base en province de Mwaro

Mwaro (centre-Ouest du Burundi), le 16 avril 2014(COSOME)- Le chef de la colline Kirambi, commune de Rusaka, en province de Mwaro, est au cachot provincial depuis le 4 avril 2014 sous un chef d’accusation non encore clairement connu, a appris sur place, le reporter de la coalition de la société civile pour le monitoring électoral(COSOME).

Monsieur SAHABO Salvator est un membre actif de l’unité pour le progrès national (UPRONA, ex-parti unique) et le jour de son arrestation, il était en train de mener une médiation entre deux habitants de sa colline qui s’étaient confiés à lui.

A l’origine de son arrestation, c’est la découverte d’un cadavre d’un domestique d’une famille de sa colline (Melchiade Kabunyoma) qui a été retrouvé mardi, le 1er Avril 2014 dans un cours d’eau séparant les collines Kirambi et Makamba, de la même commune.

L’Administrateur de la commune de Rusaka, NZIBAVUGA Frédéric, a dit qu’il ne pouvait pas s’exprimer sur un dossier se trouvant entre les mains de la justice.

Le procureur de la République à Mwaro, de son côté, dit que ces inquiétudes de Monsieur SAHABO sont des rumeurs car toute personne a droit d’appartenir à un groupe ou parti politique de son choix.

Pour le cas d’espèce, les enquêtes sont en train d’être menées par le parquet en collaboration avec la police. Il souligne que ce chef de colline a été arrêté avec quatre autres personnes pour des raisons d’enquête.

J.H.

Des disfonctionnements observés au niveau du conseil communal en Commune de Muyinga

Muyinga(Nord-est du Burundi), le 16 avril 2014(COSOME)- L’administrateur de la Commune de Muyinga est de plus en plus décrié par les membres de son parti, le CNDD-FDD, qui boudent les réunions du conseil communal, les membres du dit conseil l’accusent de s’ingérer dans la gestion du marché de Muyinga.

L’administrateur explique qu’elle est contestée par ce conseil car elle veut faire de la lumière sur les cas de gestion frauduleuse observée dans cette Commune avant son arrivée.

L’administrateur de la Commune de Muyinga, Evelyne Izobiriza, fait savoir que la quasi-totalité des membres du conseil communal boudent les réunions ordinaires.

A titre indicatif, deux réunions statutaires n’ont pas eu lieu depuis le début de ce mois d’avril du fait que sur les13 membres du conseil, seuls 5 répondaient présents.

Selon l’administrateur Evelyne Izobiriza, il est regrettable de voir les gens qui devraient développer leur Commune s’absenter sans motif valable, surtout quand il s’agit des élites provinciales.
Selon toujours l’administrateur, la conséquence est que la commune risque d’être mal cotée dans l’évaluation des performances.

De son côté, Louis Ngomirakiza, le président du conseil communal, indique que les membres du conseil se sont absentés pour la simple raison d’empêchement et ils l’ont toujours fait savoir.

Mais les autres membres du conseil communal interrogés à ce propos ne mâchent pas leurs mots « Nous ne voulons pas répondre à toute réunion officielle parce que nous ne voulons plus de cette administrateur »

Pour rappel, le conflit entre ce conseil et l’administrateur Izobiriza perdure il y a plus d’une année, l’administrateur de la Commune de Muyinga est de plus en plus décriée par les membres de son parti le CNDD-FDD, qui boudent les réunions du conseil communal, les membres du dit conseil l’accusent de s’ingérer dans la gestion du marché de Muyinga.

L’administrateur explique qu’elle est contestée par ce conseil car elle veut faire de la lumière sur les cas de gestion frauduleuse observée dans cette Commune avant son arrivée.

Le ministre de l’intérieur Edouard Nduwimana lors de sa dernière visite en province de Muyinga au mois de janvier 2014 a donné l’ultimatum de trois mois pour avoir vidé cette impasse dans la Commune de Muyinga

E.ND

Arrestation d’un présumé violeur sur mineur en province de Cankuzo

Cankuzo (Est du Burundi), le 16 avril 2014(COSOME)- Un militaire de la Force de Défense Nationale(FDN) en poste en commune de Mishiha de la province de Cankuzo a été arrêté ce mardi pour cause de viol sur une fillette de six ans de la colline Kirehe dans la même commune a-t-on appris de sources administratives et policière.

Cette information a été confirmée par l’administrateur de Mishiha Mme Basilla Ndereyimana.
Attrapé en flagrant délit par la population locale, ce militaire présumé auteur du viol a été directement remis à la police alors que la victime avait été portée disparue la soirée de ce lundi.

Elle a été conduite le matin de ce mardi à l’hôpital de Cankuzo pour subir des soins.
Les habitants de la commune Mishiha émettent le vœu de voir ce dossier traité selon la procédure de fragrance.

Selon un spécialiste du droit contacté à ce sujet, le prévenu risque d’écoper une peine de servitude pénale allant de 20 à 30 ans et d’une amende allant de 100 à 500 mille Bu, conformément à l’article 557 du code pénal en vigueur.

Le porte- parole de la FDN le colonel Gaspard Baratuza indique pour sa part que la faute est individuelle ajoutant qu’il revient à la justice de statuer sur le cas.

ond

Arrestation d’un présumé trafiquant d’êtres humains en province de Muyinga

Muyinga(Nord du Burundi), le 16 avril 2014(COSOME)- Un homme connu sous le nom de Nyabenda Sharif est au cachot de la police judiciaire à Muyinga depuis mardi dernier sous le chef d’accusation de « trafic humain » entre le Burundi et la Tanzanie voisine, a appris de source administrative locale, le reporter de la coalition de la société civile pour le monitoring électoral(COSOME).

Le mis en cause aurait déplacé cinq hommes en direction de la Tanzanie pour des besoins de main d’œuvre et l’affaire a éclaté au grand jour suite aux plaintes des épouses qui auraient appris la mort de leurs époux en terre étrangère dans des circonstances non encore élucidées, d’après la même source.

Pendant près d’une année et demie, les épouses sont restées sans nouvelles des leurs et disent avoir appris la triste nouvelle depuis seulement une semaine.

Nyabenda Asharif a été arrêté par la police, mardi, et conduit au cachot de la police judiciaire pour l’interrogatoire.

Dans sa défense, M.Nyabenda avoue effectivement être parti avec les cinq portés disparus qu’il avait, à son tour, remis à un certain Shabani pour les acheminer vers la Tanzanie.

Shabani est, lui aussi, sous les verrous à la prison centrale de Muyinga depuis un certain temps sous le même chef d’accusation de « trafic humain » vers la Tanzanie.

E.ND

Des cas d’intolérance politique observés ces derniers temps en province de Ngozi

Ngozi (Nord du Burundi), le 16 avril 2014(COSOME)- L’intolérance politique refait surface en province de Ngozi où des cas de heurts entre les militants des partis politiques ne partageant pas les mêmes idées se sont produits ces derniers temps.

Le cas le plus récent est celui de deux militants des forces nationales de libération(FNL, aile de Jacques Bigirimana) qui ont été serieusement battus par des jeunes présumés « Imbonerakure » affiliés au conseil national pour la défense de la démocratie/forces de défense de la démocratie(CNDD-FDD, parti au pouvoir) dans la nuit de dimanche à lundi dernier.

La victime était Innocent Bizimana, responsable de la jeunesse des FNL en commune de Ngozi qui a été arrêté vers 21heures du soir et battu à mort par quatre jeunes.

La deuxième victime, Jean Claude Nkurunziza, était le représentant provincial des FNL à Ngozi qui a été battu par la même équipe.

Selon le responsable des FNL en province de Ngozi, le parquet et la police ne faciliteraient pas la tache à ses camarades de lutte politique quand ils portent plainte.

L’administrateur de la commune de Ngozi, Mme Clotilde Caraziwe a promis de faire des enquêtes pour clarifier la situation.

YM

Une personne grièvement blessée dans une attaque armée en province de Muyinga

Muyinga (Nord est du Burundi)- Un groupe d’individus armés de fusils a attaqué, jeudi dernier, des ménages frontalière de la Ruvubu, une réserve naturelle de la province de Muyinga, avant de blesser grièvement une personne et d’emporter une certaine quantité de vivres, a appris sur place, de source sécuritaire, le reporter de la coalition de la société civile pour le monitoring électoral(COSOME).

Les riverains de cette réserve naturelle souhaitent que soient multipliés les positions et les agents de l’ordre pour prévenir ce banditisme à main armée.

Pour le moment, la même population juge insuffisants les effectifs policiers au niveau de la Commune de Muyinga, surtout sur les quatre collines frontalières avec la réserve naturelle de la Ruvubu.

Le groupe d’individus armés qui a attaqué les ménages jeudi dernier se sont effectivement repliés dans la même réserve de la Ruvubu.

Les informations fournies par les policiers rencontrés à Mwakiro disent que toute la Commune compte moins de 25 agents de l’ordre.

Certaines autres collines se retrouvent parfois sans aucun agent policier ou militaire, comme dans les cas de Gitaba, Ciyando, Musenga et Rutyazo.

L’administrateur de la Commune de Mwakiro, Gérard Mburumbonye dit être au courant de cette situation sécuritaire qu’il a soumise à maintes reprises à ses supérieurs, mais sans réponse jusqu’à présent.

Le commissaire provincial de police à Muyinga indique que la police et l’armée en collaboration vont bientôt réinstaller les positions militaires surtout sur les dites collines frontalières du parc de la Ruvubu.

E.ND