Pressions familiales pour la libération d’un opposant politique au Burundi

Bujumbura, le 11 décembre 2013(COSOME)- Le vice-président du front pour la démocratie au Burundi (FRODEBU, principale partie d’opposition), Frédéric Bamvuginyumvira, a reçu, jeudi, le soutien public de son épouse, Mme Gloriose Bamvuginyumvira Kubwimana, qui exige la libération « immédiate » et « inconditionnelle » de son mari dont la récente arrestation sous plusieurs chefs d’accusations, à commencer par « l’adultère », s’apparenterait, pour elle, à un « montage » au mobile « politique ».

«Je n’ai mandaté personne pour filer mon mari dont je ne connais pas d’antécédent d’adultère depuis des années qu’on est ensemble et demande, en conséquence, sa libération immédiate et inconditionnelle», a-t-elle martelé les antennes de la très écoutée radio publique africaine (RPA, indépendante » d’investigation.

Les charges d’adultère et de « rébellion » contre les agents publics ont été abandonnées par la justice et le prévenu devra à la fin répondre d’une tentative de corruption de la police pour acheter son silence avec une somme de 200.000 francs burundais (près de 150 dollars us).

Pour Mme Bamvuginyumvira, il n’y a plus de raison de confisquer l’argent du moment que la charge d’adultère qui pesait sur son mari a été abandonnée.
Et puis, « je n’ai pas porté plainte contre mon mari, de même que la femme en cause dans cette affaire », a-t-elle poursuivi.

Le code pénal burundais sévit en cas de plainte de l’un ou l’autre conjoint qui se sentirait lésé par l’infraction d’adultère.

M.Bamvuginyumvira est pressenti comme étant le futur « candidat unique » de l’alliance des démocrates pour le changement(ADC) qui regroupe huit partis politiques de l’opposition radicale aux élections de 2015.

Le climat politique national est depuis quelque temps tendu par un projet controversé de révision de la constitution encore en vigueur dans le pays.

L’opposition prête, pour le moment, l’intention au chef de l’Etat, Pierre Nkurunziza, encore en fonction pour deux ans, de vouloir, à travers cette révision, briguer un troisième mandat sur lequel un flou juridique persiste cependant dans la constitution de 2005.

Incarcération d’un ancien vice-président du Burundi

Bujumbura, le 10 décembre 2013(COSOME)- L’ancien vice-président du Burundi et actuel numéro deux du front pour la démocratie au Burundi (FRODEBU, opposition), Frédéric Bavugimvugira, a passé la première nuit de lundi à mardi derrière les barreaux à Mpimba, la prison centrale de Bujumbura, après avoir été inculpé, dans un premier temps, pour « adultère », apprend-on de source proche du prévenu.

Deux autres accusations pesaient sur lui, à savoir, une « tentative de corrompre des policiers qui l’auraient attrapé en « flagrant délit d’adultère » et pour « rébellion » contre les corps de sécurité.

La justice a fini par abandonner la charge d’adultère, faute d’accusateur, et l’ancien vice-président doit répondre de la tentative de corruption d’agents de l’ordre public, d’après l’un des avocats de la défense, Me Fabien Segatwa.
L’arrestation de cet opposant politique en vue intervient dans un contexte de tensions entre le pouvoir et l’opposition qui préparait une marche-manifestation, la veille, pour protester contre la révision « unilatérale » de la constitution en vigueur dans le pays et à l’approche des élections générales de 2015.

L’alliance des démocratiques pour le changement (ADC, opposition radicale) a renoncé provisoirement à la manifestation pour respecter la mémoire du défunt président sud africain et ancien médiateur dans le conflit burundais, Nelson Mandela.

De hauts responsables des différents corps de défense et de sécurité avaient menacé de faire respecter, par tous les moyens légaux, l’ordre public face au projet « insurrectionnel ».

Le maire de la ville de Bujumbura avait également refusé l’ordre de manifester aux opposants, en se fondant sur le fait que le parlement était disposé à ouvrir le dialogue sur le projet gouvernemental de révision constitutionnel.

Le président de l’ADC, Léonce Ngendakumana, a rejeté, mardi, l’offre de dialogue, en rappelant que le rôle du parlement est de voter des lois et de contrôler l’action gouvernementale.

L’armée encourage plus de filles au sein des corps de défense et de sécurité

GITEGA (CENTRE DU BURUNDI), le 10 déc. (COSOME) – Les délégués du ministère de la Force de Défense Nationale (FDN) et des Anciens Combattants appellent les représentants des différents secteurs publics et des organisations privés à assurer une large sensibilisation pour une adhésion plus élevée des filles au sein de son corps. Ce qui permettrait d’augmenter le taux de représentativité des femmes et filles au sein de la FDN qui est encore faible et s’élève à 0,9% par rapport aux effectifs des hommes militaires.

Cette sensibilisation qui a eu lieu lundi à l’intention des représentants des services publics et privés à Helena Hôtel avait l’objectif d’inviter les participants à assurer une vaste mobilisation de la population en faveur d’une adhésion plus élevée des filles lors des prochains recrutements à la FDN envisagés à partir de janvier 2014.

Tout un chacun doit transcender la mentalité burundaise liée à la coutume qui fait croire que les filles sont incapables de servir l’armée tout en sachant que les filles et femmes sont aussi capables de servir le corps de défense que les garçons et les hommes, a indiqué le chef de délégation du ministère de la FDN, Col. Venuste NDUWAYO.

Il a en outre indiqué qu’une armée professionnelle doit être mixte. Raison pour laquelle les lois et politiques burundaises consacrent l’intégration genre au sein de la FDN. Néanmoins, même si la 1ère adhésion des filles au sein de ce corps remonte de 1993, les femmes et filles militaires sont encore peu nombreuses, a-t-il signalé.

On compte un total de 239 femmes et filles militaires en fonction ou encore en formation sur environ 25.000 hommes militaires, soit un taux de 0,9%, a-t-il précisé. Des 239 femmes et filles militaires, on enregistre 55 officiers, 44 sous officiers et 140 femmes de troupe, a-t-il ajouté.

A leur tour, deux femmes militaires officiers ont dans leurs témoignages fait savoir que les femmes et les filles sont capables d’exercer la carrière des militaires et sont aussi utiles à ce corps de défense.

L’essentiel est d’avoir la volonté et l’engagement de servir le pays au sein de ce corps. Pour ce qui reste, on s’habitue aux services au même titre que les autres confrères mais tout en restant femmes.

Au niveau des tests de niveau intellectuel, les filles et les garçons passent un même examen et les meilleurs passent. Pour des tests physiques, il y a des minimas exigés pour les filles et des minimas exigés pour les garçons.
Ces avis et considérations ont été aussi appuyés par les hommes militaires qui ont pris la parole.

Lors des échanges, les participants ont en autres demandé les stratégies adoptées par le ministère de la FDN pour susciter l’émulation des filles pour une adhésion plus nombreuse. Les délégués ont répondu qu’il y a une série d’actions notamment : l’organisation de ces campagnes de sensibilisation, l’actualisation des lois et programmes qui tiennent compte de l’intégration genre au sein de ce corps.

C’est dans ce cadre même qu’on va construire des infrastructures d’accueil aussi bien dans les centres de formations que dans les camps répondant aux besoins spécifiques des femmes et filles ainsi qu’à ceux des hommes et des garçons, ont-ils ajouté.

C. B.

Au moins 5 femmes victimes de violences sexuelles et basées sur le genre en province de Kirundo

Kirundo (Nord du Burundi), le 9 décembre 2013(COSOME)-Au moins six femmes ont été tuées par leurs conjoints dans des violences domestiques en province de Kirundo et plus de dix autres ont été sexuellement abusées, a appris sur place de source policière et administrative, le reporter de la coalition de la société civile pour le monitoring électoral(COSOME).

Ce bilan a été présenté vendredi dernier au cours d’un atelier organisé dans cette province par le ministère de la solidarité nationale des droits de l’homme et du genre dans le cadre de la campagne des 16 jours d’activisme pour la lutte contre les violences faites aux femmes.

Selon la même source, les raisons qui sont à la base de ces meurtres entre les conjoints sont liées notamment à l’ivresse due à la consommation des boissons prohibées et fortement alcoolisées, les conflits fonciers et le concubinage.

De cas d’abus sexuel, six victimes sont des mineures et le restes sont des jeunes femmes, précisent-t-on.

Les présumés auteurs, quant à eux, sont soit des policiers, des commerçants ou des enseignants et la majorité des suspects ont été arrêtés et traduits en justice tandis que les autres ont pris le large, indique-t-on.

La secrétaire permanente au ministère de la solidarité nationale, des droits de l’homme et du genre, Mme Godelieve Ninihazwe, a déploré cette situation, avant d’ajouter que «les chefs de ménage qui ont tué leurs épouses ont failli au rôle de père de famille».

Aujourd’hui, 23 enfants orphelins de mères sont laissés à eux-mêmes à la suite du décès de leurs mères et l’emprisonnement à vie de leurs pères, déplore-t-on.

Les participants ont recommandé au gouvernement une révision du code des personnes et de la famille afin de pénaliser substantiellement le concubinage pour éviter l’éclatement des familles, socle de la société burundaise.

Les six femmes tuées ont été signalées dans les communes de Ntega avec deux victimes, deux à Busoni et deux autres femmes respectivement à Bugabira et Kirundo, rappelle-t-on.

Au cours de cette campagne, plusieurs activités de sensibilisation de la population à la lutte contre les violences faites aux femmes ont été organisées dans les communes de Busoni, Bugabira et Kirundo avec le concours de la troupe théâtrale NINDE, ajoute-t-on.

JCN.

Rutana célèbre le 52ème anniversaire de la victoire électorale de l’UPRONA sur fond de divisions internes persistantes

Rutana (Sud- est du Burundi), le 9 décembre 2013 (COSOME)- Lors des cérémonies marquant le 52ème anniversaire de la victoire de l’UPRONA (unité et progrès national), ces samedi et dimanche, dans quatre des six communes de la province de Rutana, les membres de ce parti de Rwagasore ont plaidé avec insistance pour la réunification rapide de toutes les ailes qui se regardent en chiens de faïence, afin de se préparer avec force aux élections générales de 2015, a-t- on appris sur place.

Que ça soit les membres de l’UPRONA des communes Mpinga- Kayove, Giharo et Gitanga, pour samedi et que ça soit les militants de ce parti en commune Bukemba, pour dimanche, plusieurs d’entre eux sont revenus sur cette réconciliation qui tarde à venir, selon toujours eux, en invoquant essentiellement que « l’union fait la force ».

Dans ses réponses, le responsable provincial de l’UPRONA à Rutana, Jean- de- Dieu Niyonkuru, s’est d’abord réjouit du pas déjà franchi dans ce processus de réunification, cependant, il a invité tous les « badasigana » à la base épris de cette réconciliation à ne pas attendre les conclusions du sommet et de le devancer en la vivant réellement dans leurs entités administratives.

Il a également invité les jeunes de sa formation politique, a adopté un comportement exemplaire dans la voie de la non- violence envers leurs confrères et consœurs avec qui, ils ne partagent pas les convictions politiques.

Certains membres de l’aile de réhabilitation du parti UPRONA, dirigée par le professeur Evariste Ngayimpenda, lui- même originaire de cette province, avaient répondu à ces festivités.

Les cérémonies qui avaient vu la participation des cadres du pays issus de ce parti et œuvrant à Bujumbura, se sont clôturées par la remise des certificats d’honneur et des effigies du prince Louis Rwagasore, à trois personnes dans chaque commune, qui se sont distingués dans les services rendus au parti.

Rappelons que l’UPRONA a remporté haut la main les élections législatives du 18 septembre 1961 qui ont conduit le Burundi, colonie belge, à l’indépendance le 1er juillet 1992.

R.G.

Les Evêques catholiques du Burundi prêchent la concertation sur le projet de révision constitutionnelle

Ci-après l’intégralité de la déclaration :

Les questions qui nourrissent le débat politique aujourd’hui dans notre pays, surtout la question de la révision de la Constitution, sont des questions qui concernent tous les citoyens et dont la solution exige beaucoup de sagesse, pour éviter tout ce qui pourrait compromettre le processus de paix et de réconciliation en cours.

C’est pour cette raison que la Conférence des Evêques Catholiques, réunie en session ordinaire de décembre 2013 a estimé opportun de s’exprimer sur certaines de ces questions.

A PROPOS DE LA REVISION DE LA CONSTITUTION

Nous, Evêques de l’Eglise Catholique au Burundi, saluons l’heureuse initiative de l’Assemblée Nationale d’emprunter la voie du dialogue et de la concertation, en acceptant de remettre en débat l’opportunité des dispositions de la Constitution qui doivent être modifiées et l’orientation de ces modifications.

De fait, comme la Constitution est la Loi Fondamentale qui est mère de toutes les
autres lois du pays, elle doit être comme une base minimale sur laquelle tous les citoyens doivent s’entendre.

Au temps où nous sommes, une Constitution qui serait adoptée sans dialogue ni consensus risquerait de compromettre notre processus de paix et de réconciliation.

Mais pour que cette initiative de dialogue et de concertation porte ses fruits, nous recommandons vivement que les acteurs politiques dialoguent dans la confiance, en recherchant la vérité, en se respectant mutuellement; en refusant de faire appel à la ruse et la tricherie politique et en s’engageant au respect de la parole donnée.

Certes l’Assemblée Nationale, en tant qu’institution légitime, garde ses prérogatives de représenter le peuple, mais elle ne le remplace pas surtout quand elle lui a donné l’occasion de s’exprimer.

De notre point de vue, toute retouche à la Constitution doit tenir compte non seulement de la seule loi, mais aussi du fait que la Constitution qui régit notre Nation est une émanation des Accords d’Arusha dont on sait qu’ils ont été le fruit d’un long et laborieux dialogue de négociations entre les acteurs politiques, sous la facilitation des Médiateurs internationaux.

Ces Accords ont privilégié la voie du consensus et du partage du pouvoir, afin que le pays ait la stabilité et la tranquillité, et que les populations des diverses ethnies et formations politiques sentent qu’elles ont toutes droit de cité dans leur pays.

Cette Constitution contient certaines dispositions prises à dessein pour remettre petit à petit le pays sur les rails. Ces dispositions sont notamment celles qui concernent le mode de gouvernement, la structuration des institutions, le mode d’adoption des lois, le partage du pouvoir.

Ces dispositions et d’autres semblables sont toujours nécessaires, car les problèmes
auxquels elles apportent des solutions tels que la monopolisation du pouvoir par un groupe, l’exclusion des autres à base des partis politiques ou des ethnies, le respect des mandats politiques, ont loin d’être complètement résolus.

Pour ce qui est de la modification de la constitution, au regard du climat politique actuel surchauffé qui ne favorise pas un dialogue serein sur des questions importantes et sensibles, nous estimons qu’il est sage de ne réviser que les seules dispositions dont le changement s’avère nécessaire pour permettre l’amélioration de la Loi électorale et l’entrée du pays dans la Communauté de l’Afrique de l’Est.

D’autres dispositions pourront faire objet d’un large débat au cours de la prochaine législature. Ainsi, nous garderions l’actuelle Constitution simplement révisée.

Par ailleurs, aujourd’hui plus qu’hier, nous décourageons cette logique de confrontation entre les acteurs politiques qui est en train de s’installer, que ce soit au sein de la classe politique ou dans ligues des jeunes affiliés aux partis.

Nous recommandons une fois de plus aux acteurs politiques de privilégier toujours la voie de la non-violence pour ne pas faire chavirer le pays dans de nouvelles violences, alors que les citoyens ne se sont pas encore remis des traumatismes de la guerre.

Ne perdons jamais de vue d’où nous venons, les cicatrices de la guerre chez la plupart sont encore fraiches.

La sagesse de nos ancêtres qui dit «Ha kuzimira wozigura» («Vaut mieux un long chemin qui aboutit à destination plutôt qu’un raccourci qui finit dans une impasse») nous
déconseille des raccourcis politiques.

Même si la voie du dialogue et de la concertation semble laborieuse et longue, elle reste la meilleure voie pour résoudre efficacement et de façon durable les questions politiques.

A PROPOS DE L’OPPORTUNITE DE LA PRESENCE DU BUREAU DES NATIONS UNIES AU BURUNDI

Notre pays a déjà réalisé de bonnes performances dans divers domaines pour sortir de la crise qui l’a secoué, même s’il y a des mécanismes de la Justice Transitionnelle qui n’ont pas encore été mis sur pied, comme la loi sur la Commission «Vérité et Réconciliation» et la mise sur pied de ladite Commission.

Nous devons toutes ces performances non seulement à la providence de Dieu, mais aussi à la détermination des citoyens, l’engagement des dirigeants, la recherche du consensus entre les acteurs politiques et l’appui du Bureau des Nations Unies au Burundi.

En considérant ce que ce Bureau des Nations Unies au Burundi a déjà fait pour faciliter le retour et la sécurité des politiciens exilés et ce qu’il est en train de
faire en accord avec le Gouvernement pour ramener la confiance entre les acteurs politiques et faciliter un dialogue inclusif et constructif; en tenant compte également du moment délicat dans lequel se trouve le pays, nous voyons que sa présence est non seulement utile mais aussi nécessaire.

Nous souhaiterions ardemment que ce Bureau reste actif dans le pays, pour continuer à appuyer le Gouvernement dans son souci de ramener la confiance entre les acteurs politiques, et dans une bonne préparation et organisation des prochaines élections, ainsi que dans tout ce qui a trait au processus de paix et de réconciliation.

Fait à Bujumbura, le 06 décembre 2013

Le Burundi pleure la mort de Nelson Mandela

Bujumbura, (COSOME)- La présidence de la république du Burundi a annoncé, vendredi, le début d’un deuil national de trois jours au lendemain de la mort naturelle de l’ancien chef de l’Etat sud africain, Nelson Mandela, et ex-médiateur principal dans le conflit burundais.

Le deuil sera marqué, entre autres, par la mise en berne des couleurs nationales et l’ouverture d’un livre de condoléances à l’ambassade d’Afrique du sud à Bujumbura.

«Le peuple burundais a appris avec une grande consternation la mort de Son Excellence le Président Nelson Mandela et au nom du peuple burundais, des institutions de la République et à son nom propre, le Président de la République du Burundi présente ses condoléances les plus attristées à la famille de Nelson Mandela, à l’Afrique du Sud et au monde entier », peut-on lire dans un communiqué officiel rendu vendredi à Bujumbura.

« Les burundais se souviendront toujours que c’est grâce à lui que les protagonistes au conflit burundais ont pu faire un grand pas en avant, jusqu’à la signature des accords d’août 2000, à Arusha, en Tanzanie, sur la paix et la réconciliation nationale», poursuit la même source.

Nelson Mandela avait pris en main le dossier des laborieuses négociations inter burundaises de paix en 1999, suite au décès de son prédécesseur et ancien président tanzanien, Julius Nyerere.

L’accord qui a été signé un an après par les protagonistes de la crise sociopolitique burundaise, sous la houlette de Nelson Mandela, a amorcé un début de fin d’une la longue guerre civile qui faisait rage depuis 1993, suite à un coup d’Etat militaire contre le premier président élu de l’ère démocratique au Burundi, Melchior Ndadaye.

L’un des principaux acquis de l’accord d’Arusha est le partage plus équitable des responsabilités à tous les niveaux du pouvoir dans des proportions de 60% pour la majorité ethnique des Hutu et 40% pour la minorité tutsi, s’accorde-t-on à dire aujourd’hui encore dans les milieux politiques à Bujumbura.

« La sagesse, son intelligence et son sens de sacrifices ont été une bénédiction pour le peuple burundais », conclut le communiqué de la présidence de la république du Burundi, toujours en hommage à Nelson Mandela à qui une « médaille de reconnaissance » avait été déjà décernée lors du cinquantenaire passé de l’indépendance du Burundi.

Le Conseil national de la communication appelle les médias à la retenue

Bujumbura, le 4 décembre 2013 (COSOME)- Le conseil national de la communication (CNC, organe gouvernemental de régulation de la presse) a invité, mercredi, les médias à s’abstenir de jeter l’huile sur le feu dans la foulée d’appels répétés de l’opposition à la population à se joindre à des marches-manifestations nationales destinées à barrer la route à un projet gouvernemental de révision de la constitution à l’approche des élections générales de 2015.

« L’exemple le plus frappant est la diffusion des récents propos malveillants du président du MSD, Alexis Sinduhije, alors que toutes les déclarations collectées ne sont pas bonnes à relayer, sauf si elles présentent un intérêt pour le public », déplore un communiqué du CNC parvenu, mercredi, à la COSOME.

L’ancien journaliste vedette de la radio s’est lancé en politique depuis quelques années à la tête du mouvement pour la solidarité et la démocratie (MSD, opposition radicale).

La semaine dernière, M.Sinduhije avait été le premier de l’alliance des démocrates pour le changement(ADC, un groupement de huit partis politiques de l’opposition extraparlementaire) à rendre public dans les médias le projet de marche-manifestation contre la révision « unilatérale» de la constitution alors que le projet gouvernemental avait déjà franchi le cap du conseil des ministres et se trouve depuis peu au bureau de l’assemblée nationale.

L’opposant récemment rentré d’un exil politique à l’étranger a envoyé, à la même occasion, un clin d’œil aux corps de défense et de sécurité « qui doivent aussi se sentir concernés par le respect de la loi fondamentale et s’abstenir de toute tentative de répression de la manifestation » en vue.

La marche-manifestation populaire est maintenue pour lundi prochain et sera « pacifique », a amplifié, mercredi, Léonce Ngendakumana, le président en exercice de l’ADC.

La réaction de l’armée et de la police est aussi tombée mercredi, avec une nette démarcation et une mise en garde sévère contre les politiciens qui veulent impliquer les deux corps « neutres » de défense et de sécurité dans des querelles politiciennes.

La veillée d’armes a encore sorti du mutisme de ces derniers jours les responsables des principaux corps de défense et de sécurité qui ont animé, mercredi, un point de presse conjoint.

Au nom de la police et de l’armée, le chef d’Etat major général de la force de défense nationale et des ex-combattants(FDN), le général major Prime Niyongabo, a envoyé une mise en garde sévère à tous ceux qui oseront se joindre à ce projet « insurrectionnel ».

Ceux-là en paieront le coût face aux forces de défense et de sécurité dont la mission est d’assurer strictement l’ordre public et elles le feront pour éviter au pays de replonger dans le chaos après plusieurs années passées de guerre civile, a avisé, en substance, le général de la FDN.

Les acteurs de protection des droits des enfants devraient renforcer leur partenariat pour réduire des cas d’abus à l’égard des enfants

GITEGA (Centre du BURUNDI), le 4 déc. (COSOME)- Des cas de mariages illégaux qui augmentent en nombre dans plusieurs communes de la province de GITEGA causent beaucoup de conflits familiaux et parfois des dislocations familiales et par conséquent la violation des droits de leurs enfants.

Les enfants nés de ces mariages illégaux ou des familles disloquées sont la plupart des fois victimes de divers abus tels que : la non inscription à l’état-civil, le refus de paternité, la maltraitance, le délaissement ou l’abandon à eux-mêmes, la privation de leurs droits fondamentaux (alimentation, éducation, soins médicaux, logement) et partant un déséquilibre affectif.

Nombre de ces enfants cèdent au découragement et se livrent à l’errance notamment dans les rues de la ville où ils vivent ainsi des situations misérables.
Pour réduire ces cas d’abus ou prévenir de nouveaux cas, il s’avère nécessaire une synergie d’actions des différents intervenants dans la protection et la défense des droits des enfants.

Ces observations ont été émises mercredi par les membres du Comité Provincial de Protection des Enfants (CPPE) de GITEGA lors de l’atelier de réflexion sur les voies et moyens à adopter pour promouvoir un meilleur environnement protecteur des droits de l’enfant .
Les membres des CPPE s’engagent de leur côté à renforcer leurs actions pour réduire des cas d’abus commis à l’égard des enfants et prémunir de nouveaux cas.

C’est dans cette optique de synergie d’actions que le Programme d’Appui au Système de Protection de l’Enfant (PASPE) de Terre des Hommes est à pieds d’œuvre depuis février 2013 dans les provinces GITEGA et KARUZI pour un mandat de 3 ans.

Ce projet en partenariat avec d’autres acteurs de protection des droits de l’enfant dés les collines ont initié des actions d’assistance scolaire, médicale et d’encadrement éducatif aux Orphelins et autres Enfants Vulnérables. Les communes ITABA et BUKIRASAZI comptent 3000 OEV qui bénéficient cette assistance.

Pour réduire des cas des mariages illégaux et partant des cas de violation des droits des enfants, les membres du CPPE recommandent une synergie d’actions des acteurs de promotion des droits humains pour faire une vaste campagne de vulgarisation du Code des Personnes de la Famille et d’autres lois qui consacrent la protection des droits des enfants.

Ils recommandent aussi l’adoption d’une loi rigoureuse contre la polygamie.

Les autorités devraient de leur côté mettre en place des stratégies pour décourager ces cas de mariages illégaux qui prennent une ampleur.
C. B.

Le président du sénat et les élus locaux échangent sur la gouvernance, la sécurité et le développement en province de Rutana

Rutana (Sud- est du Burundi), le 5 décembre 2013 (COSOME)- La bonne gouvernance, la réforme en cours en matière de sécurité ainsi que les mécanismes de consolidation de la paix et de la sécurité, tels sont entre autres les thèmes au menu d’un atelier de deux jours qui réunit, depuis ce jeudi, le président du sénat burundais, Gabriel Ntisezerana, avec les sénateurs et les élus locaux de la province de Rutana, au chef- lieu de cette province, a- t- on constaté sur place.

Dans son discours d’ouverture, le président du sénat a signifié qu’en planifiant ces activités, son institution a voulu insisté sur les questions de bonne gouvernance, ainsi que sur les questions de sécurité car elles aident à la bonne préparation des élections de 2015, avant d’ajouter que les élus du peuple et les élus locaux doivent jouer un grand rôle dans leur réussite.

Gabriel Ntisezerana en a profité pour appeler ces élus du peuple à sensibiliser leurs électeurs pour qu’ils construisent et habitent dans les villages de paix car le développement pourra leur parvenir facilement.

De son côté, le ministre de l’intérieur, Edouard Nduwimana, qui est avec le président du sénat dans ce déplacement, a rappelé que le développement des communes ne peut pas se réaliser aisément tant que leurs caisses sont vides.

En s’appuyant sur les rapports de 2012 donnés par 111 communes sur les 129 du Burundi, il a montré que la santé financière des communes de Rutana n’est pas du tout bonne.

Par exemple, dans ce classement, la commune de Musongati a occupé la 39ème place avec environ 100 millions de recettes annuelles, au moment où la commune de Rutana a occupé la 80ème position avec 50 millions de recettes annuelles, et celle de Gitanga, la 89ème place avec moins de 45 millions de recettes annuelles.

R.G.