La CENI s’insurge contre le rapport d’observation de la CECAB

Bujumbura, le 29 mai 2020 (COSOME). La Commission Electorale Nationale Indépendante critique le fait que seuls les observateurs de l’Eglise Catholiques du Burundi ont relevé plusieurs irrégularités lors du récent triple scrutin. Dans une conférence de presse organisée par la CENI ce jeudi 28 mai 2020, le président de cette commission s’est dit étonné que sur 39 organisations d’observateurs, la seule de l’Eglise Catholique ait fait exception.

Selon Pierre Claver Kazihise, le Conseil des Evêques Catholiques du Burundi devrait retourner dans les rapports de leurs observateurs pour vérifier leur véracité. Il faut qu’ils consultent de nouveaux leurs observateurs qui étaient sur terrain ; on ne peut pas comprendre comment sur 10 personnes, une seule peut faire un rapport qui ne ressemble pas à celui des autres, ajoute Kazihise.

Remerciant les autres intervenants dans le suivi des élections du 20 mai 2020, mais fustigeant l’Eglise Catholique, le Président de la CENI a indiqué que :

‘’Parmi les 39 organisations, il y en a une dont les conclusions ne concordent pas avec celles des autres, la CENI recommande à l’organisation intéressée d’analyser minutieusement les conclusions d’observation de ses envoyés qui ont fait qu’ils aboutissent à des conclusions complètement marginales’’.

Au lendemain de la proclamation des résultats provisoires des élections au niveau national, la CENI a vite supprimé toutes les données de son site web. Son président fait savoir que les données qui avaient été postées étaient des brouillons. « Ces chiffres ne devraient pas être publiés parce qu’ils n’avaient pas été contrôlés par les membres du bureau de la CENI. Prochainement, nous mettrons les chiffres que le bureau a contrôlés et vous verrez que ces chiffres sont plus justes ».

Dans sa déclaration de ce mardi le 26 mai 2020, la conférence des évêques Catholiques du Burundi a énuméré plusieurs irrégularités observées lors des élections notamment le bourrage des urnes, les intimidations, les votes multiples ainsi que les menaces contre certains observateurs. Dans toutes les interventions, le président de la CENI s’est réservé de parler de la conférence des évêques du Burundi. Pour l’évoquer, M. Kazihise a préféré parler d’une « mission d’observation qui a relevé ce que les autres n’ont pas constaté ».

Vol avorté des documents du parti de l’opposition

Bujumbura, le 29 mai 2020 (COSOME). En date de ce 28 mai 2020, vers 16 heures, un cafouillage a eu lieu devant les bureaux de la société MEX où les fidèles d’Agathon Rwasa ont fait face à des gens définis comme des éléments du service national des renseignements (SNR) qui voulaient prendre de force leurs documents.

En effet, le candidat du CNL au triple scrutin du 20 mai 2020 Agathon Rwasa, comme il l’avait promis, entendait déposer sa plainte auprès de la cour constitutionnelle. Ainsi, dans le cadre de réunir ses preuves, ses hommes s’étaient rendus à la société MEX pour y faire faire des photocopies et presqu’au même moment, d’autres gens ont fait irruption pour les leur retirer de force.

Alors que les discussions allaient commencer entre les deux parties, le président du CNL est vite arrivé sur les lieux et a pu récupérer ses documents sans beaucoup de peine. Après cet incident, il s’est directement rendu au siège de la cour constitutionnelle, probablement pour ne pas rencontrer d’autres problèmes.

Agathon Rwasa ne néglige rien puisqu’il a déjà fait entendre que la Cour pourrait se prononcer en sa défaveur, auquel cas il entend saisir la Cour de l’Afrique de l’Est. Les gens qui ont assisté à cette scène ne comprenaient pas une telle attitude des gens qui voulaient prendre de force les documents du CNL au moment où les  CNDD-FDD déclarent haut et fort qu’ils ont gagné les élections.

Liberté provisoire en faveur une militante du parti CNL

Bujumbura, le 28 mai 2020 (COSOME). Madame Cathy Kezimana, une militante du CNL qui était également candidate député en province de Bujumbura, alors qu’elle était en pleine campagne dans sa province, plus précisément à Ijenda en commune de Mugongo-Manga, a eu beaucoup de difficultés de s’adresser à la population car les membres du CNDD-FDD qui étaient sur place l’empêchaient d’aller où que ce soit. C’est ainsi qu’elle a choisi de s’exprimer à partir du domicile de ses parents car elle était du moins sûre que personne ne pouvait le lui interdire.

Mais juste après sa campagne, elle a été interpellée puis incarcérée à la prison centrale de Mpimba, en mairie de Bujumbura depuis le 5 mai dernier, accusée d’ « incitation à l’insurrection ». Cette dame a bénéficié d’une liberté provisoire ce 27 mai 2020, une mesure qui a été bien accueillie par sa famille tant politique que biologique.

Néanmoins, la veille, une autre militante du même parti politique avait été arrêtée par des services de renseignements. Elle s’appelle Claire Ndoricimpa et était responsable du mouvement des femmes du CNL dans la localité de Nyabugete, de la zone de Ruziba, en commune urbaine de Muha. Elle aurait envoyé un message audio dans un groupe WhatsApp où elle exprimait ses inquiétudes à propos de la sécurité des membres du CNL. Le parti CNL a demandé d’ores et déjà de libérer cette mère de 6 enfants

Un ancien technicien d’une radio kidnappé

Bujumbura, le 26 mai 2020 (COSOME). Depuis le 22 mai 2020, Innocent Muryango, un ancien technicien de la radio privée Bonesha, fermée depuis 2015,  a été porté-disparu. Il a été enlevé avec d’autres jeunes en zone Kanyosha, de la commune urbaine de Muha. Il a été transporté vers une destination inconnue après avoir été emprisonné au Bureau Spécial de Recherche (BSR.

Père de deux enfants, il est natif de la province de Cibitoke, au Nord-ouest du Burundi. Sa carte nationale d’identité a été trouvée au Bureau Spécial de Recherche, il a été recherché un peu partout dans les cachots de la capitale Bujumbura sans succès. Sa famille indique que ses ravisseurs auraient ordonné de donner quatre millions de francs burundais, un payement qui a été vite fait. Les mêmes kidnappeurs ont ensuite ordonné un autre payement de trois millions, ce qui a inquiété la famille.

Innocent Muryango étant un militant du parti Conseil National pour la Liberté, cela laisse croire qu’il aurait été victime des vagues d’arrestations  des militants  de ce parti. Sa famille demande sa libération inconditionnelle d’autant plus que selon cette dernière, aucune infraction ne pèse sur lui.

La chasse aux opposants continue

Le 25 mai 2020 (COSOME). Dans la matinée de ce 24 mai 2020, Bizimana Issa, un membre du parti CNL en commune Butihinda de la province Muyinga, a été arrêté à Ngozi, puis dépouillé des PV électoraux de sa commune.  Il les acheminait  à la permanence nationale du CNL à Bujumbura. Il est emprisonné au cachot de la Police Judiciaire de Ngozi.

En province de Bujumbura (Rural), sur la sous-colline Mayemba, colline Nyabibondo de la commune Nyabiraba, Manirakiza Joël, membre du CNL a été assassiné à coup de fusil par la police mercredi 20 mai 2020 pour avoir tenté d’empêcher le vol dans les urnes. Il a rendu l’âme au cours de la  nuit de ce 24 mai 2020 à l’hôpital.

Déclaration des Organisations de la Société Civile

Les organisations membres du Consortium de la Société civile burundaise pour le monitoring des violations des droits de l’homme pendant la période électorale saluent d’ores et déjà le courage des électeurs et des candidats qui ont bravé la peur dans un contexte de verrouillage de l’espace démocratique où de nombreux actes d’intimidations, de harcèlement judicaire et de violence ont été perpétrés à l’endroit de membres de partis d’opposition, de journalistes et de défenseurs des droits de l’homme.

Pour plus de détails, télécharger la déclaration ici.DECLARATION DES ORGANISATIONS MEMBRES DU CONSORTIUM SUR LE TRIPLE SCRUTIN DU 20 MAI 2020

Le ministre de la sécurité interdit tout groupement auprès des bureaux de vote

Bujumbura, le 19 mai 2020 (COSOME). Au cours d’une conférence de presse animée ce lundi-soir 18 mai 2020 par le ministre de la sécurité publique et de prévention des catastrophes, Alain Guillaume Bunyoni, a mis en garde ceux qui entendent perturber les élections du 20 mai 2020.

Le ministre Bunyoni a particulièrement ciblé les éléments du CNL et de l’UPRONA car, selon lui, leurs leaders ont demandé aux militants de rester autour des bureaux de vote pour surveiller les opérations de dépouillement. D’après lui, aucune personne n’est autorisée à rester tout près des bureaux de vote.

Il s’est basé sur l’article 54 du code électoral de 2020 qui ‘’interdit tout rassemblement aux électeurs de se présenter aux abords des bureaux de vote en troupes organisées’’. Ainsi, il a donné l’ordre de réprimer sévèrement les contrevenants à cette disposition légale. A la veille des élections, les patrouilles des militaires lourdement armés sont visibles dans plusieurs quartiers de la ville de Bujumbura.

Quant au bilan des violences durant la campagne, le ministre a déclaré que la police a enregistré trois morts, dont deux militants du parti CNDD-FDD, 62 blessés dont 49 du parti CNDD-FDD et 13 du CNL, en plus de 186 personnes arrêtées et détenues dans différents cachots et prisons, dont la majorité sont des membres du CNL.

Ils sont accusés par le ministre Bunyoni d’être à l’origine des violences commises contre les militants du CNDD-FDD. Au cours de cette conférence, le ministre de la sécurité publique n’a rien dit sur les agressions dont sont victimes les membres des partis de l’opposition, surtout ceux du CNL.

Toujours des violations et atteintes aux droits de l’homme, des faits sécuritaires liés à l’intolérance politique

Le Burundi approche un grand rendez-vous électoral prévu pour le 20 mai 2020. Dans ce bulletin qui couvre la période du 1er au 15 mai 2020, les organisations de la société civile burundaise membres du consortium  pour le monitoring électoral des violations des droits de l’homme ont relevé des allégations de violations, des violations et atteintes aux droits de l’homme, des faits sécuritaires liés à l’intolérance politique ainsi que d’autres irrégularités liées au processus électoral.

Au cours de la période couverte par ce bulletin, nous avons documenté au moins 1 membre du CNL tué, 2 membres du CNL enlevés, 15 membres du parti CNL torturés dont 1 femme, 146 personnes arrêtées arbitrairement dont 143 membres du parti  CNL y compris 4 femmes, 1 membre du parti UPRONA et 2 personnes dont l’appartenance politique n’a pas été identifiée.

Ce bulletin revient également sur les fraudes dans la constitution des listes des membres des bureaux de vote, la partialité des agents des institutions de l’Etat dans le processus électoral, les destructions méchantes de biens appartenant aux membres de partis politiques ainsi que la politique menée en milieu scolaire.

Pour plus de détails, lire l’intégralité du Bulletin N°3 ici BULLETIN N°003

Une autodéfense tourne en appartenance à l’association des malfaiteurs.

Bujumbura, le 17 mai 2020 (COSOME). En date du 03 mai 2020, certains militants du parti CNDD-FDD ont mené ‘’une expédition punitive’’ à l’endroit des membres du parti CNL jugés de fauteurs de troubles à leurs yeux à la colline Gakungwe de la commune de Kabezi en province de Bujumbura, dit rural. Les membres du CNL se sont alors défendus et leur supériorité numérique a joué pour que la bagarre tourne au désavantage des membres du CNDD-FDD. Les militants du CNDD-FDD ont été maitrisés, ligotés et exposés au public qui passe dans la localité du lieu touristique dit ‘’Pierre Livingston’’.

Par après, le parti CNDD-FDD au pouvoir, touché dans son for intérieur par cette humiliation,  n’a pas tardé à prendre sa revanche. Ainsi, 18 militants du parti CNL seront arrêtés et accusés d’appartenir à une association des malfaiteurs. Le vendredi 15 mai 2020, le parquet du tribunal de grande instance de Bujumbura siégeant en itinérance à la prison centrale de Mpimba, en zone urbaine de Musaga, a instruit le dossier à charge de ces prévenus en retenant contre eux six principales accusations.

Les charges retenues à l’encontre de ces membres du CNL sont notamment le fait d’appartenir à l’association des malfaiteurs et d’avoir infligé aux membres du CNDD-FDD des lésions corporelles, la tentative d’assassinat, d’extorsion, la possession illégale d’armes et l’enlèvement. Bien que la défense ait plaidé non coupable pour toutes ces accusations, le parquet a requis contre les 18 jeunes du CNL une lourde peine de 10 ans et des amendes pour tout chef d’accusation.  Selon l’avocat de la défense, Me Anicet Nshimirimana, il s’agit d’une parodie judiciaire car, cela relève d’un montage de l’administration et des membres du parti au pouvoir gloutonnement avalé par un parquet incapable de dire le droit.

Détention abusives des membres de l’opposition en commune Mugongo-Manga

Bujumbura, le 14 mai 2020 (COSOME). Depuis le début de la semaine dernière, 5 militants de l’opposition ont été arrêtés et mis aux cachots de police d’Ijenda en commune Mugongo-Manga de la province de Bujumbura. Il s’agit de 4 militants du CNL en l’occurrence Vianney Kwizera, Franck Ndayishimiye, André Ndirahisha et Ida Bukeyeneza ainsi que Pierre-Claver Gatore de l’Uprona non gouvernemental. Ils seraient poursuivis pour crime d’atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat.

Ce lundi 11 mai 2020, ces détenus ont été transférés du cachot du parquet de Bujumbura à la prison centrale de Mpimba. Contre toute procédure judiciaire, ces gens avaient été arrêtés à leur domicile sans mandat du procureur et viennent d’être transférés sans la décision de la chambre de conseil.

Pour les familles biologiques et politiques de ces détenus, il s’agit d’une preuve qui ne trompe pas qui montre que ce dossier est purement politique et exigent leur libération inconditionnelle.