Un directeur d’un Lycée limogé, non par incompétence mais suite à son appartenance politique

Ngozi, le 10 juin 2020 (COSOME). Sébastien Kavakure, directeur du lycée Pape Paul VI de Kiremba jusqu’à la veille des élections du 20 mai 2020 ne l’est plus.  Représentant communal du parti CNL  a été accusé par son chef hiérarchique de participer plus dans la campagne électorale qu’au service.

Kavakure étant candidat député en province de Ngozi,  et en même temps candidat au conseil communal de Kiremba pour le compte du CNL, il s’organisait à dispenser des cours en réajustant l’horaire de façon que les élèves continuent à avoir son cours.

Gratien Arakaza, directeur à Direction Communale de l’Enseignement, de la Formation Technique et Professionnelle (DCEFTP) de Kiremba, a échoué de faire arrêter Sébastien Kavakure à l’école, faisant des recours chez l’église catholique (Le Lycée Kiremba nord était sous convention catholique) et chez le DPEFTP pour lui faire licencier, sans succès. Arakaza Gratien a ainsi user de l’administration et un rapport, qui a été envoyé au ministère de tutelle, a été favorable pour limoger le directeur Sébastien Kavakure du lycée Pape Paul VI de Kiremba.

Burundi-Elections : L’organisation d’un triple scrutin a été émaillée de beaucoup d’irrégularités.

Les organisations de la société civile burundaise membres du consortium pour le monitoring des violations des droits de l’homme pendant la période électorale viennent de publier leur 4ème bulletin qui couvre la période du 16 – 31 mai 2020. Il a été en effet constaté que l’organisation d’un triple scrutin : présidentiel, législatif et communal le 20 mai 2020 a été émaillée de beaucoup d’irrégularités qui ont porté préjudice au résultat du scrutin tel qu’il a été proclamé par la CENI et contesté par le principal opposant. Pour plus de détails, Télécharger le bulletin ici…BULLETIN N°004

La CECAB prend acte de l’élection du Général Major Evariste Ndayishimiye à la magistrature suprême

Bujumbura, le 06 juin 2020 (COSOME). La conférence des évêques catholiques du Burundi, CECAB en sigle, à travers une correspondance du 05 juin 2020, a écrit que les évêques catholiques du Burundi, réunis en assemblée plénière ordinaire de leur conférence, ont appris la nouvelle de la confirmation de l’élection du général major Evariste Ndayishimiye à la magistrature suprême de notre pays et en prennent acte.

Ils se sont réjouis avec les électeurs pour la confiance mise en lui et ont saisi cette occasion pour l’en féliciter. Ils lui ont souhaité d’être le président de tous et lui ont assuré de leur prière pour l’accomplissement et la réussite de sa noble mission.

Six membres du CNL condamnée à une année de prison ferme

Bujumbura, le 06 juin 2020 (COSOME). En dates des 3 et 4 mai, 18 personnes membres du parti CNL ont été arrêtées sur la colline Mena de la commune Kabezi, dans la province de Bujumbura, dit rural. Ils étaient accusés de 6 infractions à savoir « Coups et blessures, association de malfaiteurs, détention illégale d’armes, enlèvement, extorsion et tentative d’assassinat contre une personne » qui est membre du Cndd-Fdd. Référence à l’article publié le 17 mai.

Ainsi, douze d’entre eux ont été acquittés et 6 autres condamnés pour une prison ferme d’une année, en plus d’une amende de 350.000 Fbu de dommages et intérêts. Après le procès, le juge a retenu une seule infraction contre les condamnés à savoir celle des coups et blessures. Les responsables du CNL dénoncent un emprisonnement lié à l’appartenance politique.

A Muyinga, l’on soupçonne des gens de l’opposition tués ailleurs

Muyinga,  le 02 juin 2020 (COSOME). Trois corps en décomposition ont été découverts ce lundi 1er juin 2020 dans la commune et province de Muyinga, plus précisément sur la colline Bunywana. Selon des informations sur place, les victimes n’ont pas été identifiées et les informations recueillies sur place soupçonnent que ce sont des gens de l’opposition tués ailleurs et jetés dans un boisement.

Ils en veulent pour preuve qu’aucune famille des environs n’ait déclaré une perte de ses membres. Et puis, certains de ces corps sont démembrés et l’on estime également qu’ils ont été tués depuis plusieurs jours car, autour des cadavres, se trouvait également du sang coagulé et noirci.

Les autorités locales ont décidé de faire inhumer ces corps de peur qu’ils ne soient à l’origine d’autres maladies. Mais cette décision a choqué les défenseurs des droits de l’homme qui ont regretté que ces personnes sont enterrées sans être identifiées et qu’aucune enquête n’est prévue.

La CENI s’insurge contre le rapport d’observation de la CECAB

Bujumbura, le 29 mai 2020 (COSOME). La Commission Electorale Nationale Indépendante critique le fait que seuls les observateurs de l’Eglise Catholiques du Burundi ont relevé plusieurs irrégularités lors du récent triple scrutin. Dans une conférence de presse organisée par la CENI ce jeudi 28 mai 2020, le président de cette commission s’est dit étonné que sur 39 organisations d’observateurs, la seule de l’Eglise Catholique ait fait exception.

Selon Pierre Claver Kazihise, le Conseil des Evêques Catholiques du Burundi devrait retourner dans les rapports de leurs observateurs pour vérifier leur véracité. Il faut qu’ils consultent de nouveaux leurs observateurs qui étaient sur terrain ; on ne peut pas comprendre comment sur 10 personnes, une seule peut faire un rapport qui ne ressemble pas à celui des autres, ajoute Kazihise.

Remerciant les autres intervenants dans le suivi des élections du 20 mai 2020, mais fustigeant l’Eglise Catholique, le Président de la CENI a indiqué que :

‘’Parmi les 39 organisations, il y en a une dont les conclusions ne concordent pas avec celles des autres, la CENI recommande à l’organisation intéressée d’analyser minutieusement les conclusions d’observation de ses envoyés qui ont fait qu’ils aboutissent à des conclusions complètement marginales’’.

Au lendemain de la proclamation des résultats provisoires des élections au niveau national, la CENI a vite supprimé toutes les données de son site web. Son président fait savoir que les données qui avaient été postées étaient des brouillons. « Ces chiffres ne devraient pas être publiés parce qu’ils n’avaient pas été contrôlés par les membres du bureau de la CENI. Prochainement, nous mettrons les chiffres que le bureau a contrôlés et vous verrez que ces chiffres sont plus justes ».

Dans sa déclaration de ce mardi le 26 mai 2020, la conférence des évêques Catholiques du Burundi a énuméré plusieurs irrégularités observées lors des élections notamment le bourrage des urnes, les intimidations, les votes multiples ainsi que les menaces contre certains observateurs. Dans toutes les interventions, le président de la CENI s’est réservé de parler de la conférence des évêques du Burundi. Pour l’évoquer, M. Kazihise a préféré parler d’une « mission d’observation qui a relevé ce que les autres n’ont pas constaté ».

Vol avorté des documents du parti de l’opposition

Bujumbura, le 29 mai 2020 (COSOME). En date de ce 28 mai 2020, vers 16 heures, un cafouillage a eu lieu devant les bureaux de la société MEX où les fidèles d’Agathon Rwasa ont fait face à des gens définis comme des éléments du service national des renseignements (SNR) qui voulaient prendre de force leurs documents.

En effet, le candidat du CNL au triple scrutin du 20 mai 2020 Agathon Rwasa, comme il l’avait promis, entendait déposer sa plainte auprès de la cour constitutionnelle. Ainsi, dans le cadre de réunir ses preuves, ses hommes s’étaient rendus à la société MEX pour y faire faire des photocopies et presqu’au même moment, d’autres gens ont fait irruption pour les leur retirer de force.

Alors que les discussions allaient commencer entre les deux parties, le président du CNL est vite arrivé sur les lieux et a pu récupérer ses documents sans beaucoup de peine. Après cet incident, il s’est directement rendu au siège de la cour constitutionnelle, probablement pour ne pas rencontrer d’autres problèmes.

Agathon Rwasa ne néglige rien puisqu’il a déjà fait entendre que la Cour pourrait se prononcer en sa défaveur, auquel cas il entend saisir la Cour de l’Afrique de l’Est. Les gens qui ont assisté à cette scène ne comprenaient pas une telle attitude des gens qui voulaient prendre de force les documents du CNL au moment où les  CNDD-FDD déclarent haut et fort qu’ils ont gagné les élections.

Liberté provisoire en faveur une militante du parti CNL

Bujumbura, le 28 mai 2020 (COSOME). Madame Cathy Kezimana, une militante du CNL qui était également candidate député en province de Bujumbura, alors qu’elle était en pleine campagne dans sa province, plus précisément à Ijenda en commune de Mugongo-Manga, a eu beaucoup de difficultés de s’adresser à la population car les membres du CNDD-FDD qui étaient sur place l’empêchaient d’aller où que ce soit. C’est ainsi qu’elle a choisi de s’exprimer à partir du domicile de ses parents car elle était du moins sûre que personne ne pouvait le lui interdire.

Mais juste après sa campagne, elle a été interpellée puis incarcérée à la prison centrale de Mpimba, en mairie de Bujumbura depuis le 5 mai dernier, accusée d’ « incitation à l’insurrection ». Cette dame a bénéficié d’une liberté provisoire ce 27 mai 2020, une mesure qui a été bien accueillie par sa famille tant politique que biologique.

Néanmoins, la veille, une autre militante du même parti politique avait été arrêtée par des services de renseignements. Elle s’appelle Claire Ndoricimpa et était responsable du mouvement des femmes du CNL dans la localité de Nyabugete, de la zone de Ruziba, en commune urbaine de Muha. Elle aurait envoyé un message audio dans un groupe WhatsApp où elle exprimait ses inquiétudes à propos de la sécurité des membres du CNL. Le parti CNL a demandé d’ores et déjà de libérer cette mère de 6 enfants

Un ancien technicien d’une radio kidnappé

Bujumbura, le 26 mai 2020 (COSOME). Depuis le 22 mai 2020, Innocent Muryango, un ancien technicien de la radio privée Bonesha, fermée depuis 2015,  a été porté-disparu. Il a été enlevé avec d’autres jeunes en zone Kanyosha, de la commune urbaine de Muha. Il a été transporté vers une destination inconnue après avoir été emprisonné au Bureau Spécial de Recherche (BSR.

Père de deux enfants, il est natif de la province de Cibitoke, au Nord-ouest du Burundi. Sa carte nationale d’identité a été trouvée au Bureau Spécial de Recherche, il a été recherché un peu partout dans les cachots de la capitale Bujumbura sans succès. Sa famille indique que ses ravisseurs auraient ordonné de donner quatre millions de francs burundais, un payement qui a été vite fait. Les mêmes kidnappeurs ont ensuite ordonné un autre payement de trois millions, ce qui a inquiété la famille.

Innocent Muryango étant un militant du parti Conseil National pour la Liberté, cela laisse croire qu’il aurait été victime des vagues d’arrestations  des militants  de ce parti. Sa famille demande sa libération inconditionnelle d’autant plus que selon cette dernière, aucune infraction ne pèse sur lui.

La chasse aux opposants continue

Le 25 mai 2020 (COSOME). Dans la matinée de ce 24 mai 2020, Bizimana Issa, un membre du parti CNL en commune Butihinda de la province Muyinga, a été arrêté à Ngozi, puis dépouillé des PV électoraux de sa commune.  Il les acheminait  à la permanence nationale du CNL à Bujumbura. Il est emprisonné au cachot de la Police Judiciaire de Ngozi.

En province de Bujumbura (Rural), sur la sous-colline Mayemba, colline Nyabibondo de la commune Nyabiraba, Manirakiza Joël, membre du CNL a été assassiné à coup de fusil par la police mercredi 20 mai 2020 pour avoir tenté d’empêcher le vol dans les urnes. Il a rendu l’âme au cours de la  nuit de ce 24 mai 2020 à l’hôpital.